17/11/2008
Rififi à la Poste
A deux pas de chez moi, le bureau de poste
dispose d’un petit local, doté de deux guichets, d’un appareil « help yourself » et reçoit généralement un public assez restreint : quelques commerçants, beaucoup de secrétaires d’avocats, de médecins, des mamies à boucles violettes, et des mères à nombreuse descendance… bref le microsome de mon quartier.
Mais voilà, la « grande » poste du secteur est fermée pour travaux jusqu’au 10 décembre et MA poste, où j’ai l’habitude de me rendre pour déposer un chèque ou récupérer des boîtes de colis toutes prêtes est, depuis, littéralement prise d’assaut !
L’autre jour, j’ai assisté à une scène effrayante : des gens disposés à une bagarre pour une place au guichet !
Il faut dire que la chef à grandes plumes de l’agence s’y est prise comme une démente force 9.
Elle a déboulé de son bureau avec un panier plaqué contre son ventre, telle une ouvreuse de cinéma, et a hurlé à chacun, chacune : « c’est pour quoi ?» (elle a même été jusqu’à faire répéter leurs réponses aux plus timides !).
Elle distribuait formulaires et bordereaux, en fonction des besoins, à la trentaine de personnes présentes.
C’est ainsi que j’ai rempli, debout, en équilibre, sur une patte, telle une poule, mon bordereau de remise de chèque.
Puis j’ai attendu mon tour. Quinze minutes, seize, ensuite je n’ai plus compté.
Devant moi, trois jeunes Croates souhaitaient envoyer un mandat à Paris. Le préposé, moustache désuète, épais comme un haricot essoré, chemise col pelle à tarte et pull jacquard acrylique répétait inlassablement : « quel arrondissement ? » et les quatre compères répondaient invariablement : « Paris, juste Paris ».
C’est alors que la forcenée au panier garni s’est immiscée dans la conversation sans issue de mes devanciers et, ni une ni deux, à crié : « bon allez tu arrêtes, il y a des colis express à faire partir » en pointant du doigt trois personnes dans la file parallèle à la mienne !
Et là… se sont déclenchés un foin pas possible, une rumeur de révolte et des piétinements d’offuscation.
Une mamie, tendue comme un string a vociféré : « c’est un scandale ! », le jeune homme qui me suivait à persiflé : « cool la dingue », une rombière et son colis pour l’Espagne râlait « c’est pas possible, c’est pas possible une telle mauvaise organisation », son mari, lui ne disait rien mais ne lâchait pas des yeux les fesses d’une plus jeune, le préposé à secoué la tête et les trois Croates lui ont tout arraché des mains puis sont partis.
C’était à mon tour… sauf que la filière express a prévalu et que la petite dame de l’autre file, un peu live avec une coiffe de Marianne, a vidé de son sac… trois colis !
Derrière mois se déclancha une émeute.
Pour réfréner l’excitation générale, il a bien fallu que la responsable pet sec, mette de l’eau dans son vin et revienne à l’ordre imposé par la règle du suivant dans une file déjà constituée.
Dix minutes plus tard, je me retrouvais sur le trottoir, épuisée et dépitée !
Que serions- nous l’un pour l’autre s’il s’agissait d’un morceau de pain ?![ist2_1069955-angry-woman[1].jpg](http://www.lnwolffeugene.com/media/02/02/176413619.jpg)
… ni indulgent et pas vraiment partageur !
01:00 Publié dans Au quotidien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : poste, file d'attente |
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