04/04/2011

Carla Klein

 

Séduite par les artistes d’aujourd’hui, figures contemporaines, nouveaux talents, je vous propose un tableau, une sculpture, une installation coup de cœur chaque   lundi

 

Une occasion de rencontrer l’œuvre et son auteur…

 

entrer des mots clefs

 

  

Sans Titre, 2007

Huile sur toile

150 X 450 cm

 

Carla Klein est née  à Zwolle (Pays-Bas) 1970, vit et travaille à Rotterdam.

Les premières peintures de Carla Kleindonnent l’impression fugace qu’elle s’est assisse ou accroupie devant les vitrines jaunies d’un museum d’histoires  naturelle et a travaillé ses couleurs pour qu’elles s’accordent à la paleur de ses sujets, morts depuis longtemps. Pourtant on s’aperçoit vite que l’artiste s’intéresse moins à la lente décomposition des corps qu’à la manière de les présenter : le lourd cadre en bois et le verre épais des vitrines.

Elle ne cesse de traquer les divers appareils servant à les endiguer. Une fois le corps résolument chassé des tableaux, elle peint des terrariums vides, des ponts suspendus schématiques, des piscines sans nageurs, des aéroports désert, des écrans de télévision vides et des maquettes d’architectures minimalistes de stades d’athlétisme – uniquement des espaces liminaux ou de transition.

 

La palette est délavée : doux verts d’eau, gris argentés et bleus de glace.

Quand les artistes hollandais du XVIIe siècle utilisaient ces couleurs dans leurs nature mortes c’était pour produire des reflets sur le verre et le métal, montrer le brillant des liquides, donner aux huîtres une épaisseur luisante.

Carla Klein, elle aussi hollandaise, utilise les pigments ave les mêmes intentions – elle trouve des espaces baignés de lumière, entourés de verre, remplis d’eau, désertés depuis peu, toutes qualités qu’elle traduit de façon magistrale et terrible à la fois ; comme les mutants de Jakobson, les enveloppes extérieures arachnéennes de Carla Klein sont partout et nulle part à la fois, laissant une impression de malaise.

 

Elle utilise ses propres photographies comme « esquisses » de peintures, qui conservent le piqué de la photographie. Elles sont indigentes et neutres, presque médico-légales dans leur éclairage et, étant hors contexte, elles n’ont pas d’échelle. A première vue un terrarium pourrait aussi bien être un complexe d’appartements modernes et un aéroport un paysage polaire.

 

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