11/09/2009
Les bonnes clôtures font les bons voisins
Les animaux au comportement territorial défendent une zone dans laquelle ils se sentent en sécurité. Ils restent à l’intérieur de ce périmètre – en jargon scientifique, ils font preuve de « fidélité au site » - et en interdisent l’accès aux autres individus de leu espèce.
Oiseaux, grillons et grenouilles chantent, stridulent et coassent. Les lézards hochent brusquement leurs têtes et effectuent des pompes athlétiques. Quant aux mammifères, ils délimitent leur territoire avec des odeurs – l’urine, la crotte et le musc ayant leurs faveurs.
La possession d’un territoire garantit à son propriétaire la jouissance exclusive des ressources qu’il contient, alimentaires ou de nidification.
Mais il en est du territoire comme de toute chose en ce bas monde : il a un coût.
L’animal dépensera une énergie et un temps considérables à le garder. Il s’exposera aux prédateurs, risquera d’être blessé en luttant contre les intrus. Tous ces déboires potentiels obligent le proprio à se montrer philosophe et à n pas piquer une crise de nerfs chaque fois qu’un importun franchit la frontière.
Emmerdeur qui peut n’être qu’un voisin ayant déjà son territoire et avec lequel on contractera un accord frontalier, dans ce cas une infraction mineure ne déclenchera pas les hostilités. Mais l’intrus peut être un affreux « sans terre » qui rôde pour en trouver une… alors là le propriétaire devra adapter sa réaction !
Il existe des animaux qui reconnaissent leur voisins et adopteront un comportement appelé « phénomène du cher ennemi » - avant d’être identifié comme voisin, l’intrus est supposé être un adversaire. Une telle attitude de dissociation permet à ces animaux de réduire les coûts induits par une défense de leur territoire.
Bueno… deux exemples : la salamandre à dos rouge et les castors
Parlons des salamandres à dos rouge qui vivent dans des litières de feuilles dans les régions boisées d’Amérique du Nord. Elles établissent leur territoire autour des morceaux de bois et des pierres qui leur servent de refuges.
Elles le délimitent avec leurs excréments et le défendent par la menace, c’est de l’intimidation : la salamandre s’arc-boute sur ses pattes, soulève la tête et le tronc, et fait face à l’adversaire. Quant à la morsure, elle vise soit le museau soit la queue de l’ennemi, qui sont deux régions particulièrement vulnérables.
Chez cette espèce, le phénomène du cher ennemi existe même pendant la saison des amours. Les mâles menacent des femelles gravides inconnues et avoir un contact avec des femelles pleines connues, ce qui indique leur désir de les courtiser.
Les femelles adopteraient plus volontiers une posture soumise (aplaties sur le sol) avec des mâles connus qu’avec des inconnus.
Bref chez les salamandres à dos rouge, la familiarité n’engendre pas le mépris… elle engendre tout court !
Au tour des castors maintenant !
A l’instar de la salamandre à dos rouge, notre ami à large queue reconnaît ses voisins à leur odeur.
Le mâle vit dans un groupe familial composé d’une femelle, de jeunes âgés d’un an ou deux et de bébés. Les adultes délimitent leur territoire en déposant du castoréum (une substance très odorante) et des sécrétions de leurs glandes anales su des tas de boue, d’herbes ou de brindilles à proximité de l’eau.
Les adultes passent un temps fou à renifler les monticules à odeur-inconnue et ils livrent à leur égard de franches démonstrations d’hostilité : ils grimpent dessus, s’y dressent sur leurs membres postérieurs, leur donnent des coups de pattes et de griffes, jettent des tas de boue dessus. Comme par provocation, ils les marquent de leur castoréum ou de leurs sécrétions anales, ou tout à la fois …
Les castors sont monogames, et un couple vit plusieurs années sur le même territoire. Question temps et énergies dépensées, ils ont donc tout intérêt à reconnaître les odeurs des voisins et à tolérer de leur part des incursions occasionnelles, ainsi qu’une étroite proximité. Quand on les provoque, les castors sont bagarreurs, et leurs batailles sont féroces : ils sont capables de s’infliger de graves blessures, voire de s’entretuer.
Alors, vaut mieux s’entendre avec ses voisins !
Mon conseil
Ne râlez plus quand les enfants de vos voisins escaladent votre clôture pour récupérer un ballon perdu…
Ce pourrait être pire :
imaginez une bande d’inconnus piétiner votre pelouse !
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04/09/2009
Stimulants d’amour
Dernière phase explicative des phéromones*, aujourd’hui, je détaille celle du genre : « l’alchimie a pris (ou pas) entre nous…»
J’explique.
Depuis des millénaires, hommes et femmes rêvent de philtres d’amour, de poudre de perlimpinpin, d’aphrodisiaques et d’attractants sexuels.
Qu’il s’agisse de séduire ou reconquérir l’infidèle ou l’indifférent(e) ; d’augmenter le désir sexuel… en boulottant du chocolat, des huîtres, du ginseng ou de la poudre de rhinocéros ; de perfectionner son sex-appeal en s’enduisant de parfums à base de substances animales, végétales ou synthétiques, ces pratiques remontent au moins à l’Egypte antique, il y a trois mille ans.
Nos amies les bêtes produisent naturellement des odeurs appelées « phéromones sexuelles ». Certaines, les « attractants sexuels », se diffusent sur de longues distances.
Madame libère ces stimuli chimiques afin de signaler sa présence et d’attirer les mâles.
On connaît tous l’irrésistible attrait exercé par le pipi d’une chienne en chaleur sur les célibataires !
Les aphrodisiaques, autre type de phéromones sexuelles sont utilisés pour la « communication rapprochée » : les mâles les libèrent pour s’assurer une bonne drague lors de la parade nuptiale ou pour convaincre les femelles des alentours d’un inoubliable crac-crac.
Penchons nous sur le cas du serpent-jarretière à flans rouges du Manitoba.
Il s’agit du reptile le plus septentrional d’Amérique du Nord qui supporte des hivers rigoureux. Pendant les neufs mois les plus froids, le serpent-jarretière se soustrait en s’agrégeant et en restant en sommeil dans des tanières souterraines – dans une même tanière, on peut trouver jusqu’à 10 000 serpents, voire plus.
Mais, dès la saison des amours presque tous les mâles sortent de leurs repaires : ils vont rester dans les parages pendant un mois durant lequel les femelles, elles, vont sortir une par une, ou par petites groupes.
Le ratio sexuel n’étant pas favorable aux mâles, ils se livrent entre eux une compétition féroce.
Messieurs les serpents-jarretière sortent de leur dormance hivernale avec un sperme actif et n’ont pas de temps à perdre. Trouver une partenaire, c’est la partie facile de l’affaire. En effet, les lipides cutanés de la femelle libèrent une phéromone qui la rend très sexy et déclenche chez les mâles des réactions frénétiques.
Résultat ?
Une orgie – ce qu’on appelle la « boule d’accouplement » -, à laquelle peuvent prendre part une centaine de mâles, dont chacun se contorsionne et joue des « anneaux», pour se placer.
La femelle essaie d’échapper au harcèlement en s’éloignant vite fait de sa tanière avant de se faire piéger. Mais même si elle parvient à fausser compagnie à la horde qui l’attend à l’entrée, elle sera forcément interceptée par un autre groupe ou par un mâle solitaire, qui la trouveront en suivant sa piste chimique. Plus de quatre-vingt-quinze pour cent des femelles s’accouplent dans les vingt-quatre heures qui suivent leur sortie.
Lorsqu’un petit veinard arrive à obtenir une copulation, son sperme s’accompagne d’une phéromone mâle qui rend la femelle totalement inintéressante pour les rivaux. Garantie supplémentaire : il ferme son cloaque avec un bouchon gélatineux qui fait office de « ceinture de chasteté ».
Mais, mais, mais, s’il a le choix, le serpent-jarretière mâle ne courtise pas n’importe quelle partenaire : il la préfère « robuste ».
Des chercheurs ont enfermé des mâles avec deux femelles : l’une petite (moins de cinquante centimètres), et l’autre grosse (plus de cinquante centimètres).
Conclusion : les mâles préfèrent les grosses… d’autant plus que ces dernières disposent d’une phéromone sexuelle dont la composition chimique est différente de celles des petites, et c’est ce qui guide les mecs-serpents-jarretières.
Chez les mammifères, les meilleurs « parfumeurs » sont sans aucun doute les chauves-souris.
Elle vit dans des colonies pouvant compter une soixantaine d’individus dans de gros trous d’arbres, en Amérique centrale et en Amérique du Sud.
La chauve souris dite « à ligne blanche » est un petit chiroptère (6 cm maximum) d’un noir brunâtre.
Les mâles défendent leur territoire et disposent de harems comprenant environ sept femelles.
Les messieurs fabriquent un aphrodisiaque à base d’urine et de sécrétions glandulaires odorantes, qu’ils stockent dans des poches accrochées aux membranes de leurs ailes.
Puis ils vont voltiger devant les femelles de leur territoire en répandant leur « piège à filles ».
Chaque après-midi, le mâle peut passer une heure à nettoyer, humecter et recharger ses deux poches.
Après les avoir consciencieusement léchées, il penche la tête vers ses parties intimes, y prend une ou plusieurs gouttes d’urine et les dépose sur une poche.
Puis il recommence.
Ce transfert d’urine dure à peu près sept minutes, lesquelles sont immédiatement suivies d’une longue plage de repos.
Ensuite pendant 22 minutes, il presse sa gorge contre son pénis et fait passer quelques gouttelettes de sécrétions glandulaires dans les poches.
Il se repose en encore un peu, puis ouvre la gueule et transfère dans les poches quelques gouttelettes de la glande qu’il a dans la gorge.
Après quoi il retourne à la zone génitale et répète l’opération.
Une fois qu’il a confectionné sa mixture, il peut dormir ou faire sa toilette. Il ira diffuser son parfum au harem à la nuit tombante, avant que les femelles aient quitté l’arbre, et, à l’aube, quand elles y reviendront.
Et hop, hop... le tour est joué !
Mon conseil
Messieurs,travaillez vos attractants
en produisant effort et sueur.
Et... souvenez-vous de Kevin Kline…
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* Au risque de radoter, je rappelle que les phéromones (du grec pherein et horman respectivement « transmettre » et « exciter ») sont des stimuli chimiques.
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26/06/2009
Émanations, suite et fin…
Aujourd’hui, je rebouche définitivement le flacon des histoires d’odeurs animalières en développant les phéromones de trace, et les phéromones funéraires.
Au risque de radoter, je rappelle que les phéromones (du grec pherein et horman respectivement « transmettre » et « exciter ») sont des stimuli chimiques.
Allons-y pour la troisième catégorie de phéromones incitatrices : les phéromones funéraires que libèrent les fourmis mortes…
Dès qu’une fourmi détecte cette odeur, elle va ramasser sa copine morte et la porte jusqu’à un tas de détritus situé à l’extérieur de la fourmilière.
Ce comportement nécrophorique (enlèvement des congénères mortes) contribue grandement à l’hygiène de la fourmilière.
Bueno.
La nécessité de tenir la mort hors du nid est si impérieuse que, si on dépose un peu de phéromone funéraire sur un objet ou sur une ouvrière vivante, les « pompes funèbres » les ramassent illico pour les flanquer à la décharge.
Qu’advient-il à la fourmi vivant jetée à la poubelle ?
Elle fait tout simplement sa toilette sans se démonter et zou… retourne s’acquitter de ses obligations dans la fourmilière.
Terminons avec la « ultima » catégorie de phéromones incitatrices : les phéromones de trace. Ce sont elles qui sont déposées par des individus pour d’autres individus qui suivent leur trace.
Tiens, dans le Mille et Une pattes des studios Disney, ont voit des fourmis en train de rapporter de la nourriture à la fourmilière ; une feuille tombe alors sur leur itinéraire, déclenchant the panic chez les ouvrières jusqu’à ce que « professionnelles qualifiées », leur ordonnent de contourner l’obstacle pour regagner la « ligne » - en terme scientifique : la phéromone de trace.
Dans la réalité, quand une ouvrière trouve à manger, elle se dépêche de retourner à la fourmilière en déposant sur son chemin la phéromone de trace qui va guider ses congénères.
Lorsqu’elles regagneront le nid avec leur butin, les ouvrières ainsi recrutées renforceront la trace avec leurs propres phéromones. Quand toute la nourriture aura été enlevée, les ouvrières cesseront de renforcer l’odeur, et la trace se dissipera.
Parlons un peu des chenilles à tente (ou « livrées d’Amérique »).
Elles déposent elles aussi des traces odorantes. Ces rampantes grégaires vivent en colonies dans des arbres hôtes – pommiers, cerisiers – où, avec des brins de soies, elles se construisent des abris blancs, très semblables à des tentes.
Quatre fois par jour, ces bestioles délaissent leur « maison » pour chercher de quoi boulotter : après le lever du soleil, en début d’aprèm, au crépuscule, et aux aurores, avant le lever du soleil.
Après chaque expédition, elles retournent à la tente et sécrètent des brins de soie en se déplaçant sur les branches.
Quand elles partent chercher des feuilles tendres, elles frottent leur abdomen sur ces traces de soie et y déposent des phéromones d’exploration. Si l’expédition a été fructueuse, au retour, elles laisseront des signaux chimiques sur ces mêmes traces – qui deviendront des « pistes de recrutement ».
Affamées, leurs compagnes de tente réagiront avec enthousiasme à ces stimuli chimiques : il leur suffira de remonter la pister et se régaler.
Attention … l’astuce : ces chenilles n’envoient jamais leurs congénères sur un site si la nourriture est rare. Non, elles remontent la trace d’exploration en tenant l’abdomen au-dessus des branches, sans le poser.
Bref, bref, sans communication chimique, l’existence de certains animaux serait compromise : les cadavres s’entasseraient dans les fourmilières, toutes les ouvrières de la ruche atteindraient la maturité sexuelle et entreraient en concurrence avec la reine des abeilles, et les chenilles à tente ne sauraient où dénicher les feuilles de cerisier bien juteuses dont elles raffolent.
Mon conseil
Du nez, que diable,
en toutes circonstances,
ayez toujours du nez !
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29/05/2009
Suivez l’odeur…
Yak-Yak… la vie des bêtes c’est reparti !
Aujourd’hui je vais vous faire découvrir l’importance de l’odeur dans la communication des animaux.
Ces odeurs sont des stimuli chimiques appelés phéromones (du grec pherein et horman respectivement « transmettre » et « exciter »).
Les phéromones secrétées par un individu sont recueillies par un autre de la même espèce et provoquent chez ce dernier une réaction comportementale ou physiologique.
Ces signaux chimiques peuvent se propager dans l’air ou dans l’eau, par contact avec une surface ou directement entre individus.
Sachez que beaucoup d’organismes utilisent les phéromones depuis ces champignons que sont les myxomycètes jusqu’aux primates.
Si je prends l’exemple d’une antilope, elle va pouvoir obtenir des tas d’infos sur une congénère grâce aux odeurs des sabots.
On va donc s’intéresser aux types de renseignements fournis par les phéromones.
Il en existe plusieurs catégories et parmi les plus importantes, je parlerai aujourd’hui, des phéromones dites d’amorçage ou « primer » qui font que l’individu récepteur « amorce » des comportements nouveaux.
Tenez, celles sécrétées par les reines chez les abeilles sont un exemple classique de phéromones. Ces phéromones agissent à relativement long terme sur sa physiologie.
Vous êtes vous jamais demandé pourquoi on parle de « reine » des abeilles ?
Ben…parce que, par sa seule présence, la reine maintient la stabilité et cohésion au sein de la colonie et fait l’objet d’attention constante.
Quand elle est immobile, les huit membres de sa suite, voire plus, qui forment sa cour, lui font face, en cercle : elles lui offrent de la nourriture, la palpent de leurs antennes et la lèchent.
Les ouvrières sont aux petits oignons pour elle : elles vont lui chercher du pollen et du nectar de fleurs, s’occupent des petits et construisent les alvéoles.
Té,té… si la reine est aussi fortiche, c’est parce qu’elle produit des phéromones qui attirent les ouvrières et la rendent irrésistible.
Elle secrète aussi une phéromone qui inhibe le développement ovarien des ouvrières, empêchant ainsi toute autre femelle de devenir sexuellement mature.
Elle donc ainsi la seule femelle apte à se reproduire… et toc !
Une autre conséquence des phéromones d’amorçage est appelé « l’effet Bruce » (Hilda Bruce a découvert son existence chez des souris de labo). On parle d’effet Bruce quand une souris femelle récemment fécondée par un mâle rencontre un second mâle dont l’urine a une odeur assez différente de celui du premier.
L’ovule fertilisé par le premier mâle ne parvient pas à s’implanter, la souris avorte spontanément et, moins d’une semaine plus tard, se retrouve à nouveau fécondable.
Le tout grâce aux phéromones du second mâle – un service qu’il rend de bonne grâce…
Chez certains campagnols, les mâles peuvent aussi provoquer des interruptions de grossesse.
Les biologistes se posent encore la question de l’interprétation d’un tel phénomène du point de l’évolution.
Manifestement le mâle numéro deux est avantagé, mais franchement, qu’en est-il de la femelle ?
La semaine prochaine, je vous parlerai de la deuxième catégorie de phéromones… les phéromones incitatrices.
Mon conseil
En amour, pour écarter toute rivalité,
singularisez votre odeur !
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22/05/2009
Tripotage reptilien
Ne disposant ni de pattes, ni de griffes pour titiller les femelles, les serpents n’en sont pas moins des créatures tactiles et certains pratiquent, en bonne règle et sans vergogne, le pelotage.
Allons- y.

Chez beaucoup d’entre eux, le mâle entame la parade nuptiale en explorant le dos de sa dulcinée à petits coups de langue avant de frotter le menton contre son corps. Puis, couché sur la femelle, il se contracte, est secoué de convulsions ; il peut aussi lui donner des petits coups de tête, ou s’enrouler autour d’elle.
Quel est le but de ce cirque ?
Réponse : amener sa partenaire à rester bien droite. Chez les boas et les pythons, le mâle s’étend sur la femelle, il caresse les flancs et le dos, et les fait vibrer grâce à ses petits éperons (vestiges de la ceinture pelvienne). Si tout se passe bien, la fille n’a pas filé, le mâle se met à chercher son cloaque avec le bout de sa queue : si madame est réceptive, il le trouvera ouvert.
Oulàlà… mais tout n’est pas aussi voluptueux dans le monde de l’amour ophidien.
Il est des serpents mâles qui mordent la femelle au cou si elle reste lovée sur elle-même et refuse d’adopter la position adéquate.
Chez certaines espèces ces morsures augment la réceptivité de la femelle et sont signe que monsieur veut s’accoupler. La femelle va tolérer l’agression si elle d’accord pour le rapprochement, dans le cas contraire, elle essaie de se carapater : en tout état de cause notre Don Juan sait à quoi s’en tenir.
Certains prolongent la morsure au-delà de la parade et continuent à mordre durant l’accouplement.
Chez les serpents-rois, le mâle bloque la femelle entre ses mâchoires tout le temps que dure la copulation, soit parfois pendant deux heures…
Si les lézards, crocodiles sont un peu adeptes du tripotage et de la stimulation tactile, il est intéressant de se pencher sur le cas du tuatara.
Cette créature brune ressemble à un lézard mais est plus proche de la race éteinte des dinosaures. Un gros mâle peut mesurer soixante centimètres de long, la fille est plus petite. Ils possèdent l’un comme l’autre d’une crête d’épines sur le dos (d’où le nom de l’espèce – en maori tuatara signifie « porteur d’épines »). On les trouve sur une trentaine de petites îles au large des côtes de Nouvelle-Zélande.
Pour engager la parade nuptiale, le mâle gonfle son corps, hérisse sa crête et approche la femelle avec une démarche pleine d’ostentation appelée stolzer Gang (« fière démarche ») : il ramène légèrement chaque patte vers l’arrière, puis la soulève, la passe vers l’avant et la pose au sol avec l’air de dire « Hé poulette, regarde comme je suis grand, beau et fort ».
Si cela ne suffit pas pour faire fondre de désir sa partenaire, il va lui foncer dessus, ouvrir toute grande sa gueule et lui mordre le cou.
A observer la méthode, on peut se poser la question sur le mode opératoire des dinosaures !
Au programme de la semaine prochaine : communication et odorat…
Mon conseil
En amour, pour un OUI :
collez, serrez et mordillez
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15/05/2009
Volup-tueuse… tortue
Les vendredis fériés qui ont vidé la rubrique animalière : c’est fini !
Aujourd’hui c’est reparti dans la veine de la communication inter-bébêtes.
Très répandue dans le royaume « bestial », la communication tactile est surtout fréquente, j’en avais parlé, au cours de la parade nuptiale et de l’accouplement.
Par contre, on pense pas forcément aux reptiles sous ce rapport.
Et pourtant, ils ajoutent le toucher à leur répertoire des comportements amoureux. Mais ce touche-touche n’est pas toujours super délicat – il même parfois carrément rude… du moins de notre point de vue humain.
Parlons des tortues…
Tout d’abord, je rends un hommage mérité à leur prolificité.
Bien sûr, on l’imagine facilement, qu’il est difficile à la tortue mâle d’atteindre sa cible, même si cette dernière se déplace lentement !
Il faut entamer l’escalade par l’arrière, puis poser son plastron (carapace intérieure) presque plat ou légèrement concave en équilibre sur la carapace supérieure convexe de madame tortue.
Bien que doté d’un pénis extraordinairement long au regard de sa taille, monsieur tortue ne peut s’en servir que si sa douce reste immobile et se montre coopérative.
Par conséquent, il va utiliser le toucher pour mettre sa dulcinée « dans l’ambiance ».
Tiens, parlons un peu de la tortue à oreilles rouges : elle loge dans les mares aux eaux stagnantes, où les fonds sont super vaseux et la végétation épaisse.
Dans le Sud des Etats-Unis, on les voit souvent (12 à 20 cm), elles sont brunes ou vert olive, aux oreilles striées d’un rouge éclatant et se prélassent sur des rondins de bois ou des amas végétaux flottants.
Ont-elles l’air indolentes ?
Que nenni, ne vous y fiez pas : sous l’eau, elles sont hyper actives !
Chez ces tortues, la parade nuptiale met en scène un mâle impatient et une femelle passive, nonchalante.
Pour commencer papa tortue nage vers sa chérie pour aller flairer son cloaque.
Si les stimuli chimiques lui indiquent qu’il est tombé sur la bonne espèce et sur le bon sexe, il fait face à la miss, étire ses pattes antérieures de chaque côté de sa tête pour lui faire connaître ses intentions, puis les pose sur ses yeux et fait trembler ses griffes.
A ce moment là la femelle rentre un peu la tête dans sa carapace et ferme les mirettes.
Rapidement, mais doucement, le mâle les tapote avec ses griffes – les scientifiques nomment cette attitude : la titillation – dont chacune dure environ une seconde et demie.
Puis, il s’arrête progressivement, laisse encore quelques instants ses pattes sur les yeux de la femelle et, enfin, les écarte. Si la petite chérie est conquise par ces préliminaires, il se dépêche de passer derrière pour entamer son escalade.
Et ALORS, ALORS… va se révéler la terrible agressivité de l’amour à la sauce tortue .
En effet, chez certaines espèces, le type tortue mord la tête, la carapace ou les pattes de sa partenaire pour l’immobiliser.
Non content de la broyer, il l’éperonne avec l’avant de son plastron.
Si elle est réceptive, elle va soulever son derrière, découvrir son cloaque et se laisser chevaucher !
Chez les tortues des bois, le mâle se jette sur la femelle, grimpe dessus à la hussarde et enserre étroitement sa carapace côté tête et côté queue.
Puis, il la secoue comme une bouteille d’Orangina – droite, gauche, droite – parfois pendant des heures !
Il lui mord la tête, brosse son plastron contre ses écailles, fait s’entrechoquer leurs carapaces – tout cela pour la convaincre de coopérer !
Quand vous irez au zoo ou au parc et que vous zieuterez les tortues, que vous trouverez bien immobiles, dans leurs ébats, souvenez-vous que le pépère est certainement entrain de violenter grave sa mémère !

La semaine prochaine, je vous parlerai du pelotage en règle chez les serpents
Mon conseil
En amour, si les choses trainent trop
ou bougent à l'excès …
soyez mordants !
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24/04/2009
Ça brille au fond de la mer
Pour en finir avec les animaux lumineux, aujourd’hui, je vous invite à plonger et à rejoindre des espèces, véritables lampadaires des océans.
Certains calamars très spectaculaires possèdent huit photophores sur leur face ventrale : ils projettent une lueur rouge rubis à l’avant du corps, une lueur bleue au milieu et une blanche à l’arrière.
D’autres ont des tentacules lumineux ; chez d’autres encore, ce sont les globes occulaires que mettent en valeur les photophores.
Bien, mais pourquoi ces bestioles ressemblent-elles tant à une boule de boîte de nuit ?
Il semblerait que la bioluminescence des calamars recouvre plusieurs fonctions.
- Probablement à indiquer l’identité de l’espèce et peut-être le sexe de l’individu
- Le fait que la bioluminescence se situe sur le dessous du corps, elle servirait de camouflage. En effet, les rayons du soleil et de la lune qui frappent la surface de l’eau rendent la silhouette du calmar visible depuis les fonds marins.
Certains produisent donc une intensité lumineuse équivalente, ce qui les rend invisibles pour les prédateurs qui se trouent en dessous d’eux.
D’autres possèdent, près de leur poche d’encre, une glande remplie de bactéries luminescentes : en même temps que l’encre, ils libèrent un nuage lumineux qui surprend et déroute les prédateurs.
Après les tentacules, penchons-nous sur le cas du poisson-phare (Photoblepharon, littéralement « lumière de la paupière »).
Celui-ci a des lueurs à usages multiples !
Il dispose sous chaque œil un organe plein de bactéries qui émettent une lumière continue d’une intensité comparable à celle d’une lampe de poche un peu faiblarde.
Le soir, il se hasarde hors de sa grotte ou de sa crevasse dans un récif et part à la chasse aux crustacés, et, ses lanternes lui servent à repérer et attirer des proies, à éviter des prédateurs, à leur échapper, enfin à communiquer avec ses congénères.
Premier code : des clignements espacés – Il « éteint sa lumière » en recouvrant l’organe lumineux d’une membrane noire semblable à une paupière. Le poisson-phare utilise plusieurs codes lumineux. Son clignement étant rapide, la lumière est presque tout le temps visible. Ce mode de comportement lui permet de voir et d’attirer les crustacés dont il se nourrit, lesquels ont des photorécepteurs bien développés.
Deuxième code : le « cligne-et-tire-toi » ; le poisson nage lentement en émettant de la lumière, soudain… il masque son organe lumineux, change brusquement de trajectoire et se met à nager plus vite. Quand il rouvre sa paupière et « rallume », il est ailleurs. Ce manège l’aide à se soustraire à ses prédateurs.
Le poisson-phare cligne aussi pour communiquer. Les couples défendent leur territoire le long des récifs contre d’autres poissons-phares : dès qu’un intrus approche, la femelle se met à nager à toute vitesse d’avant en arrière, puis « éteint » sa lumière, se dirige vers le casse-pieds et « rallume ». L’intrus fichait le camp aussi sec !
Les mauvaises manies des hommes à tout vouloir exploiter les ont entraînés à tirer parti de ces organes lumineux.
En Indonésie, les pêcheurs des îles Banda les retiraient aux poisson-phares pour les attacher sur leurs lignes au-dessus des hameçons. Les organes qui continuaient à briller pendant quelques heures, faisaient office de leurres pour attirer les poissons-phares.
D’autres pêcheurs, moins cruels, placent les poissons par douzaine, voire plus, dans un tuyau de bambou percé de trous qu’ils accrochent sous leurs pirogues – la source lumineuse agit comme un aimant sur les autres poissons et… on peut s’en resservir la nuit suivante !
Mon conseil
En eaux profondes… faites vous ami avec quelqu’un d’éclairé ou filez comme un poisson !
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17/04/2009
Lumineuses bestioles
J’en reviens à mes éblouissantes bébêtes.
Au moins huit familles d’insectes disposent d’organes bioluminescents. Ils sont pléthores chez les coléoptères, notamment chez les super spectaculaires taupins lumineux qu’on trouve dans les Caraïbes, en Amérique Centrale et en Amérique du Sud.
La plupart disposent de deux taches rondes d’un jaune verdâtre, placées de part et d’autre du thorax et émettent une lueur fixe, comme des phares. Mais d’autres possèdent en plus d’un « feu arrière », plus petit, de couleur rouge orangée situé à la base de l’abdomen : ceci leu vaut le surnom de « Jeep » ou de Ford » !
Si les coléoptères utilisent leurs lanternes pour attirer leurs partenaires, ils ne les font pas clignoter à la manière des lucioles (cf. ici). Certains biologistes supposent que ces animaux nocturnes se servent aussi de leurs organes lumineux comme de « phares d’atterrissage ».
Hé,hé… les populations locales fourrent une douzaine de taupins lumineux dans un bocal et hop, ils fournissent assez de lumière pour lire ou… quelques spécimens placés dans une gaze accrochée dans les cheveux et une belle dispose d’une ravissante barrette bling-bling et encore des sacs en plastiques transparents remplis de taupins sont autant de torches lumineuses pour retrouver son chemin dans la forêt !
Mais il n’est pas impératif d’être un animal volant pour être un pourvoyeur de lumière !
Certains animaux, bien terrestres, sont aussi bioluminescents – le mille pattes par exemple.
La plupart de ces bestioles étant aveugles ou quasi, elles ne risquent pas d’utiliser leurs illuminations pour la drague !
Par contre elle leur est super utile pour mettre l’ennemi en garde et se protéger.
Quand il est menacé, le mille-pattes sécrètera une humeur visqueuse bioluminescente qui schlingue à mort et… qui brule quand on la touche.
Le prédateur qui aura tâté la substance caustique évitera, à l’avenir, soigneusement les lueurs qui cavalent sur le sol !
Lorsqu’on les dérange, les vers de terre « lampions » exsudent une substance luisante, une belle traînée de bave scintillante, sans doute destinée à détourner l’attention du prédateur.
Il y a même un escargot qui projette une lueur bleutée à partir d’un point situé près de sa tête : quand on le chauffe, il fait aussi se clignoter sa lumière pour effrayer son agresseur.
La semaine prochaine, je terminerai mon exposé « des lumières » par les aventures des animaux bioluminescents dans les abysses du Grand Bleu !
Mon conseil
Si vous bavez, bavez avec brillance,
vous serez peut-être utiles !
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10/04/2009
ZZZzzzzz…des lampes torches vivantes
Nos amies les bêtes s’expriment… alors, après les aboiements du chien de prairie, place aux signaux visuels.
Si nos yeux d’humains nous portent à croire que les signaux visuels fonctionnent mieux le jour, c’est oublier que certains animaux nocturnes ou des profondeurs y voient tout aussi bien. Ils vont utiliser très simplement des lumières pour attirer leurs proies ou leurs partenaires, pour surprendre, embrouiller ou effrayer leurs prédateurs.
Qui n’a pas été surpris, une chaude soirée d’été, par le ballet de lueurs jaunes qui dansent de part et d’autre d’un pré et d’autres au ras du sol qui leur répondent en clignotant ?
Vous aurez compris qu’il s’agit de la luciole. Cette « mouche de feu » n’a rien d’une mouche puisqu’il s’agit d’un coléoptère au corps mou. Les organes luminescents, ou photophores, à l’origine des clignotements verts, jaunes ou orange, se trouvent sous son abdomen.
Voilà l’historiette… le mâle volette en clignotant pour séduire les femelles.
Chaque espèce a un motif de clignotement singulier : durée, intervalles entre les scintillements, nombre, ainsi seuls les membres d’une même espèce y reconnaissent un signal de crac-crac.
La femelle, se pose au sol ou… dans les buissons et attend qu’un mâle vole près d’elle en lui clignotant ses intentions romantico-sexuelles. Si elle est réceptive, elle répond en clignotant à son tour. Le mâle l’aura reconnu au temps qu’elle a mis pour clignoter à son tour et à la durée des scintillements.
Ils poursuivent ainsi leur tchap par des clignotements et zou… le mâle finira par rejoindre sa « touche » !
Mais, mais, mais… le monde animalier est rempli de vicissitudes.
Ainsi dans le monde des lucioles, il ne faut pas se fier aux apparences… Les soirs d’été, dans l’est du continent nord-américain, les femelles d’une douzaine d’espèces du genre photoris se comportent comme des garces et… imitent celles des autres espèces.
Imaginez la scène :
Une luciole mâle croit avoir un ticket avec une pépette luciole, là, sur une branche d’un buisson. Le bellâtre fonce, plein d’allant, et réitère son message à la joliette.
A nouveau celle-ci répond correctement. Avant d’atterrir à ses côtés, il clignote encore : la fille répond toujours.
Mais cette si belle aventure perd beaucoup de son romantisme quand il se fera tout simplement boulotter par une créature beaucoup plus grosse que lui – la femme fatale dans toute splendeur !
Et pourquoi ces femelles enragées ne dévorent-elles pas les mâles de leur espèce ?
Pas pour les protéger, non, non. C’est juste une question de calendrier : les nénettes Photuris ne développent leur manie prédatrice que plusieurs jours après s’être déjà accouplées… simple : elles ne répondent plus aux clignements des mâles de leur espèce !
Comment ces bestioles arrivent-elles à produire de la lumière ?
Ben voilà… outre l’oxygène, deux composants au moins sont nécessaires à la fabrication de lumière. C’est une réaction chimique qui est à l’origine de tout : une enzyme réagit avec une substance photochimique et convertit en lumière l’énergie chimique stockée dans les cellules, et ce sans produire de chaleur.
On a baptisé « luciférine » la substance photochimique et « luciférase » l’enzyme (de Lucifer, le « porteur de lumière »).
Ce processus chimique est appelé « luminescence » et, chez les organismes vivants, « bioluminescence ».
D’autres animaux bioluminescents se servent des signaux lumineux pour communiquer avant l’accouplement ou pour attirer leurs proies.
Certains les utilisent pour éviter ou fuir leurs prédateurs, ou, tout simplement… pour s’éclairer !
Mais, ceci sera au menu de cette rubrique, la semaine prochaine…
Mon conseil
Pour conclure avec votre partenaire,
soyez éclairés et méfiez-vous des imitations!
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03/04/2009
Coa-coa, trilles et autres sifflements…
Et oui… et, en plus ils parlent !
Les animaux s’expriment… les mâles grenouilles chantent : « rejoins moi, je suis le meilleur », l’escargot communiquera ses intentions romantiques en caressant sa copine de ses antennes… et à grands coups de « dard d’amour ».
Quant au sanglier, ses testicules produiront un stéroïde à l’odeur musquée qui se diffusera dans son sang et atteindra ses glandes salivaires. Pendant la parade nuptiale, il bavera, et la femelle, charmée par le parfum, cambrera le dos pour dire : « je suis à toi ! »
Signaux acoustiques, parades visuelles, signaux tactiles et communication chimique sont donc les quatre grands moyens utilisés par les animaux pour attirer leur partenaire.
Mais bon, tous ces signes servent aussi à transmettre des renseignements : afficher un droit sur un territoire, avertir d’un danger, partager une info, de la nourriture ou maintenir le contact avec le groupe…
Je vais donc parler de certaines formes insolites de communication qu’elles soient acoustique, visuelle, tactile ou chimique.
Aujourd’hui, au menu… chants, cris et autres vocalisations qui permettent la « com » longue distance dans les « villages » de chiens de prairie.
Ces bestioles, les plus sociales de tous les rongeurs, disposent d’un langage très sophistiqué.
Une colonie de chiens de prairie compte plus de deux mille individus et de nombreuses « coteries » ou clans familiaux dont chacune réunit un mâle adulte, son harem (jusqu’à 6 femelles) et leurs petits.
Une coterie dispose d’un territoire d’un rayon d’action d’au moins au demi hectare. On peut y compter une centaine de terriers, à environ quatre mètres de profondeur.
Tous les membres de cette petite troupe parlent entre eux dans une multitude de circonstances.
Pour se saluer, ils entrouvrent la gueule, découvrent leurs dents et mettent leurs lèvres en contact. Leurs dents se touchent et ils vont jusqu’à bloquer mutuellement leurs incisives.
Ce « baiser de chien de prairie » peut durer dix secondes : rien de charnel… il s’agit juste d’une méthode d’identification.
Après l’étreinte, les animaux d’une même coterie remuent la queue, s’épouillent et jouent ensemble. Par contre, s’il s’agit d’un inconnu, ils dressent la queue, montrent leurs glandes anales et se reniflent le postérieur. En général, l’intrus fuit mais s’il s’obstine, l’affaire peut super mal tourner de dégénérer en bataille sanglante.
Pour revendiquer son territoire notre héros se dresse sur ses pattes de derrière et pousse un jappement, assez proche de celui du chien, aussi tonitruant que théâtral.
Il lui arrive de glapir avec une telle force qu’il décolle du sol, fait une culbute et tombe à la renverse. Si l’ennemi approche, le chien des prairies va non seulement aboyer mais aussi claquer des dents.
Cependant, il communique aussi dans bien d’autres circonstances, notamment pour prévenir l’imminence d’un danger. Il passe jusqu’à quarante pour cent de son temps de veille à guetter les prédateurs : aigles, faucons, blaireaux, coyotes, chiens domestiques et… humains.
Quand cela se produit, c’est le grand chambardement au village !
Le premier qui a vent du danger glapit un avertissement strident qui se répand comme une vague de terrier en terrier et hop, expédie tous les résidants aux abris.
Les scientifiques ont même réussi à identifier des sons différents correspondant à des alertes-danger spécifiques.
Ainsi, un cri sonore et strident poussé sur une seule note signifie « faucon au-dessus » et tous les chiens de prairie qui se trouvent dans le périmètre du survol plongent dans leur terrier. Les voisins, eux, se mettent debout à l’entrée de leur refuge et jouent les badauds.
Une seule note plus longue et moins stridente, combinée à des glapissements entrecoupés de silences et émise par un seul chien des prairies signifie « humain en vue ». La réaction consiste alors à courir au terrier, mais à ne plonger sous terre que si l’humain approche dangereusement.
Il leur arrive aussi très souvent de se livrer à de simples bavardages. Le chien de prairie pousse des glapissements différents, même s’il ne s’agit pas de prédateur.
Quand un chien de prairie aboie le message « vache ! » c’est juste à titre informatif car aucun membre de la colonie ne se met à courir, ni ne manifeste la moindre inquiétude.
Il en va de même à l’approche d’une antilope, d’un wapiti ou d’un cerf.
Quels sont leurs autres sujets de conversation ? La météo ? Les commérages ?
Mon Conseil :
n’hésitez plus à glapir ni à aboyer,
cela vous sauvera probablement du danger
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