12/03/2010

NEMESIS

n.f

 

 

[Par allusion à Némésis, déesse grecque de la Vengeance et de la Justice distributive] Colère, jalousie, vengeance divine.

 

« On supposait chez les élohim une sorte de jalousie du bonheur de l'homme, si bien qu'on (...) donnait une sorte de satisfaction à leur némésis, en se montrant à eux contrit et volontairement humilié » (Renan, Hist. peuple Isr., t.1, 1887, p.55). Tout dégringolait, ce matin-là sur le duc aux prises avec la Némésis (La Varende, Saint-Simon, 1955, p.406).

 

− Représentation de la déesse Némésis.

 

« La tête de la Vengeance ou de la Némésis, si ce nom antique vous plaît mieux [dans la Justice poursuivant le crime, de Prud'hon] (...) est un chef-d'œuvre » (Gautier, Guide Louvre, 1872, p.18).

 

09/03/2010

ENCOURTINER

v.transitif

 

 

Vieux - Garnir de courtines, de tentures. Encourtiner une chambre, un hall; encourtiner de brocard, de cretonne, de serge.

 

« Qu'il [le lit] soit encourtiné de brocard ou de serge (...). C'est là que l'homme naît, se repose et s'unit. Enfant, époux, vieillard, aïeule, femme ou vierge » (Heredia, Trophées, 1893, p. 150).

 

− Par analogie : Disposer à la façon de rideaux.

 

« Les nobles cheveux châtains de ma dame, Soit que sa main les apprête En bandeaux modestes sur sa tête, Soit qu'ils l'encourtinent déliés » (Moréas, Pèler. pass., 1891, p. 52).

07/03/2010

CONSUÉTUDINAIRE

n.m

 

Terme de théologie. Celui qui a coutume de faire quelque chose.

05/03/2010

CONCATENATION

n.f

 

1.− Philosophie (rare) : Enchaînement nécessaire, lien logique, rapport de cause à effet.

 

« ... Y a-t-il un Dieu, ou n'y en a-t-il point? (...) qui trouverait moyen d'attacher et de sceller solidement dans le roc de l'évidence ce premier anneau, verrait tous les autres... se dérouler et s'engrener dans une concaténation nécessaire. » A. Pommier, De l'Athéisme et du déisme, 1857, p. 4.

 

2.− Rhétorique (rare) : Figure qui consiste à enchaîner les propositions d'une période en reprenant un mot de la proposition précédente.

 

3.− Linguistique et Grammaire :

 

a.      Enchaînement de phonèmes ou de morphèmes constituant la chaîne verbale.

b.      Opération qui consiste à juxtaposer des symboles d'un alphabet

02/03/2010

TROPE

n.m

 

 

1. − Rhétorique

 

a.      [Dans l'anc. rhét.] Figure par laquelle un mot prend une signification autre que son sens propre.

« Les Tropes sont certains sens plus ou moins différents du sens primitif, qu'offrent, dans l'expression de la pensée, les mots appliqués à de nouvelles idées » (P. Fontanier, Les Figures du disc., Paris, Flammarion, 1968, [1821], p. 39).

 

b.      Par extension : Figure entraînant, pour un mot ou une expression, un changement ou un détournement de sens.

 

« C'est là [dans la vente du bétail] que le paysan, le maquignon, le fermier, déploient les ressources d'une éloquence pleine de tropes et de métaphores inouïes » (Sand, Nouv. lettres voy., Mél., 1876, p. 265).

 

 

2.− Philosophie : Argument que les sceptiques grecs utilisaient pour démontrer l'impossibilité d'atteindre une vérité certaine et pour conclure en conséquence à la suspension du jugement.

 

« Plusieurs historiens pensent que les dix tropes, connus depuis longtemps, étaient le bien commun de l'école sceptique. Mais (...) c'est Aenesidème qui le premier les mit en ordre, les énuméra avec une certaine méthode, leur donna, en un mot, la forme qu'ils ont gardée » (Brochard, Les Sceptiques grecs, p. 253 ds Lal. 1968).

 

3. – Musique : Ornement du plain-chant grégorien au moyen d'additions, de substitutions ou d'interpolations de textes musicaux ou poétiques.

 

« Le tr[ope], comme d'ailleurs la (...) séquence, constitue un genre nouveau au sein de la catégorie des formes liturgico-musicales qui a favorisé une évolution plus rapide, dans des directions nouvelles, de la composition monodique » (Mus. 1976).

 

28/02/2010

MONISTE

Adj & n.m / n.f

 

 

1. - Philosophie  : Tout système philosophique qui considère l'ensemble des choses comme réductible à l'unité: soit au point de vue de leur substance, soit au point de vue des lois (ou logiques, ou physiques), par lesquelles elles sont régies, soit enfin au point de vue moral. Monisme historique, idéaliste, matérialiste, ontologique, scientifique, social, spiritualiste.

 

«  Le progrès dans l'être à cet égard est un progrès dans l'intériorité. S'ensuit-il qu'on puisse réaliser cette intériorité pure comme le veut le monisme ? » (G. Marcel, Journal, 1914, p.95)

 

2. – Droit : Conception doctrinale selon laquelle Droit interne et Droit international sont des manifestations d'un même ordre juridique -  (Jur. 1974)

26/02/2010

RAFFOLIR

v.intransitif

 

Vieux - Devenir fou. Vous me feriez raffolir

«  Le galbe de ton sein, ton regard souriant (...), Tout force à raffolir le plus insouciant » (Borel, Rhaps., 1832, p. 92).

 

23/02/2010

ALLOPHYLE

 

adj & n.m/f

 

 

1.− Emploi adj., Anthropologie - Étranger à un groupe humain défini; qui appartient à une autre tribu, une autre race. Le mélange d'un élément allophyle dans une population. F allophylique

 

2.− Emploi substantif fém. ou masc.

 

Membre d'une autre tribu, d'une autre race

 

«  L'Israélite pauvre a donc des garanties contre les fers; l'allophyle n'en a pas. » P.-J. Proudhon  (Lar. 19e, 1866).

 

Subst. masc. plur.

 

a. Nom sous lequel de Quatrefages comprend des rameaux de la race blanche : Esthoniens, Caucasiens, Aïnos.

 

b. « Mot grec (...) qui signifie proprement « étrangers, d'une autre race », mais qui désigne dans la traduction des Septante et même dans les auteurs classiques (...) les Philistins, qui étaient regardés comme des étrangers en Palestine, parce qu'ils n'étaient pas de la même race que les autres habitants du pays. »`` (Bible 1912).

21/02/2010

REMBUCHER

v.trans.

 

Vénerie

 

1. − Suivre la voie d'un grand animal de chasse jusqu'à ce qu'il soit rentré dans son enceinte boisée ou fort.

 

2. − [Le sujet désigne un grand gibier, en particulier un cerf]

 

a. Emploi pronominal : Regagner le sous-bois et/ou son fort.

« Quand il [le cerf] se rembuchait, le matin, il s'avançait loin dans un fort, s'y couchait lourdement pour bien marquer sa reposée » (Genevoix, Dern. harde, 1938, p. 161.

 

b. Par analogie : « Pas mal de réfractaires se cachaient dans le bois de la Varsillaire, et l'on disait que ceux qui avaient enlevé la recette publique s'y étaient rembuchés » (Pourrat, Gaspard, 1925, p. 134).

 

3. Être rembuché  F se rembucher.

« Le passage, c'est-à-dire la rentrée des animaux dans une enceinte ayant été ainsi fixé, on s'assure, en en faisant le tour, que les animaux y sont bien rembûchés » (Vidron, Chasse, 1945, p. 103).

19/02/2010

EUBAGE

n.m

 

Prêtre gaulois, d'une classe intermédiaire entre celle des druides et celle des bardes, se livrant à l'étude de l'astronomie, des sciences naturelles et de la divination.

 

« Un eubage vêtu de blanc monta sur le chêne, et coupa le gui avec la faucille d'or de la druidesse » (Chateaubr., Martyrs, t. 2, 1810, p. 72).

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