03/09/2010

BORNOYER

verbe intr.

 

1.− [L'objet désigne une chose] Examiner, en tenant un seul œil ouvert, la rectitude d'un alignement, la régularité d'une surface. Bornoyer une règle, un mur.

 

− Par métonymie : Placer des jalons en ligne droite au moyen de ce procédé. Bornoyer les arbres d'une allée.

 

2.− Rare. [L'objet désigne une pers.] Dévisager quelqu'un en tenant un seul œil ouvert

 

« Il n'y a rien qui m'inquiète plus que de voir un homme me bornoyer, ou bornoyer les passants; c'est un vilain tic, il décèle de l'arrogance. Il faudrait apprendre à vivre aux Bornoyeurs. » S. Mercier, Néologie, t. 1, 1801, p. 83.

01/09/2010

PROPITIATION

n.m

 

Religion : Action de (se) rendre une divinité propice; acte sacrificiel offert à un dieu pour le rendre favorable, en vue d'obtenir l'expiation, le pardon des péchés. Rite, sacrifice, victime de propitiation.

 

« Les guerriers et le vieux seigneur, considérant que c'était pour s'humilier devant Dieu et obtenir quelque grâce, ne manquèrent pas de déposer une petite pièce de monnaie dans la main qui leur était tendue (...) et accompagnèrent chacun leur offrande d'un signe de tête bienveillant et d'une formule de propitiation » (Gobineau, Nouv. asiat., 1876, p.103).

 

− En particulier [Chez les Hébreux de l'Ancien Testament] Jour, fête des Propitiations, de la Propitiation. Solennité sacrificielle, rituel d'expiation célébré(e) le dixième jour du septième mois religieux. F jour, fête des Expiations, jour de l'Expiation.

 

« Les chrétiens ne conservèrent (...) pas (...) toutes les fêtes hébraïques. Ainsi la fête de la Propitiation, la solennité des Purim (...) furent abandonnées. On ne garda que la Pâque et la Pentecôte » (Chauve-Bertrand, Question calendrier, 1920, p.76).

29/06/2010

DISTIQUE

n.m

 

Versification : Groupe de deux vers.

 

A.− [Dans la prosodie grec et latine] Réunion de deux vers de mètre différent, formant un sens complet. Les distiques de Caton - Distique élégiaque. Mètre utilisé surtout par les poètes élégiaques et formé d'un hexamètre et d'un pentamètre

«  Je transcris cette épitaphe, ainsi qu'elle est disposée sur une table verticale de pierre, comme de la prose, sans indication des hexamètres et des pentamètres un peu barbares qui forment les distiques. » (Hugo, Le Rhin, 1842, p. 87.)

 

B.− [Dans la prosodie française] Réunion de deux vers à rimes plates, de même mètre ou de mètre différent (p. exemple un alexandrin et un décasyllabe), et formant une unité sémantique.

« La voix de ventriloque scanda ce distique : Nous n'sommes pas le jour de l'an, À bécoter papa maman » (Hugo, Misér., t. 2, 1862, p. 229).

27/06/2010

TREBUCHET

n.m.

 

A.− Histoire [Au Moy. Âge] Machine de guerre à contrepoids utilisée pour lancer des pierres contre les murailles des châteaux et des villes.

« Cet engin est (...) une espèce de fronde gigantesque. On l'appelait, au moyen âge, chatte, bricole, trébuchet etc. (...) le trébuchet étant mis en batterie, il fallait tenir pendant quelque temps la poutre immobile pour diriger le coup » (Mérimée, Ét. arts Moy. Âge, 1870, pp. 370-371).

B. − 1. Vieux : Petite balance de précision dont la moindre augmentation de poids faisait trébucher, pencher le plateau chargé, et qui servait à vérifier le poids des pièces de monnaie.

 

« Regarde-le donc ton fils. C'est à croire, mon Dieu, qu'il va peser de l'or au trébuchet dans le bureau des farines, comme le pauvre défunt » (Adam, Enf. Aust., 1902, p. 62).

 

- 2. Moderne : Petite balance de grande précision servant aux pesées délicates (bijoux, pierres précieuses; pesées de laboratoire).

 

C. − 1. Piège à bascule pour oiseaux et petits animaux nuisibles (belettes, fouines, rats). Échapper au trébuchet.

« Raboliot chassait toujours, car il fallait manger, colletait, furetait, posait des trébuchets » (Genevoix, Raboliot, 1925, p. 304).

 

− Dans des locutions – figuré : Donner dans le trébuchet. « Il était irrité contre elle et lui prêtait des pensées de triomphe: « J'ai tout de même décroché un mari malgré nos malheurs » Lui, il était le maladroit tombé dans le panneau, pris au trébuchet » (Mauriac, Chemins mer, 1939, p. 160).

 

Argot : Guillotine. Faire le trébuchet. Être guillotiné.

 

« Quand on nous découvrirait [comme faux-monnayeurs], qu'est-ce qu'il en serait? Il y en a bien d'autres qui ont fait le trébuchet sur la place de Grève » (Vidocq, Mém., t. 2, 1828-29, p. 263).

20/06/2010

HOMEOMERE

adj.

 

[S'appliquant à deux corps] - Qui ont des coefficients énergétiques moléculaires égaux

 

18/06/2010

RECỀS

n.m.

1.- a.- Histoire - Procès-verbal où étaient consignées les délibérations des diètes de l'Empire germanique. Recès de l'Empire.

b.- Diplomatie - Procès-verbal des conventions passées entre deux

 

2. − Vieux ou littéraire -  Lieu préservé des atteintes extérieures où l'on se retire. F refuge.

 

« Et au recès dernier du sanctuaire nu, on cache, au lieu du feu Eleusinien, un petit miroir rond de métal poli »  (Claudel, Connaiss. Est, 1907, p. 114).

15/06/2010

CIRON

n.m

 

Insecte aptère quasi microscopique vivant sur les aliments et les détritus

 

Ciron du bois. Coléoptère dont la larve creuse le bois des meubles et des charpentes.

− Par extension : Pustule de la gale.

− Par métaphore : Être d'une extrême petitesse

 

« Rentre en toi-même, Oreste : l'univers te donne tort, et tu es un ciron dans l'univers. »

Sartre, Les Mouches, 1943, III, 2, p. 99.

11/06/2010

EXPLETIF

adj.

 

1.− Grammaire. [En parlant d'un mot (adv. de négation, pronom, préposition ou d'une proposition.]

Qui est inutile au sens ou n'est pas exigé par la syntaxe, mais qui sert, surtout dans la langue écrite, à colorer la phrase généralement d'une nuance affective.

 

« « Ne » dans « plus qu'il ne faudrait » est un mot explétif (Füllwort) (Mar. Lex. 1933, p. 80). « Je doute qu'il n'y retourne, » (...) « ici le « ne » est un peu plus qu'explétif et un peu moins que négatif » (Thibaudet, Réflex. litt., 1936, p. 245).

 

− Emploi substantif.

« D'où, philologues, expliquez-nous un peu d'où viennent, par exemple, ces bizarres ellipses, « viens-tu avec », ces explétifs, « pour une fois, sais-tu? » »  (Verlaine, Œuvres compl., t. 5, Quinze jours en Holl., 1893, p. 205).

 

2.− Par analogie. [En parlant d'une chose]  - Qui est vain, inutile

 

« Mais le moyen de l'alibi est explétif; ce sera le dernier refuge de l'innocence, nous avons mille preuves à donner avant celle-ci. » Balzac, Annette, t. 4, 1824, p. 45.

 

− Emploi substantif : Mot qui est anodin, vide de sens ou dépourvu d'affectivité.

 

« Leur pathétique, elles [les jeunes filles] l'enferment dans ce que notre langage contient de plus banal, dans des explétifs, dans des chiffres affreusement précis et froidement énoncés » (Colette, Fanal, 1949, p. 109).

08/06/2010

EXHEREDER

v.trans

 

Droit - [Le suj. désigne le testateur] Exclure quelqu'un d'une succession à laquelle il pourrait légalement prétendre.

 

«  À qui allait revenir le trône? En droit à la princesse Sibylle, sœur de Baudoin IV, et à son époux, Guy de Lusignan. Mais Guy avait été exhérédé par Baudouin IV qui avait, en cas de décès de l'enfant Baudouinet, semblé désigner au choix des barons le régent Raymond de Tripoli. » Grousset, Croisades, 1939, p. 233.

 

− Participe passé employé comme substantif. Celui qui est exhérédé.

 

 « Un homme très-opulent et trop dévot avait institué les capucins ses héritiers, au détriment de son fils unique. Le testament portait, cependant, que ces pauvres pères donneraient à l'exhérédé, sur la succession, la part qui leur plairait... » Jouy, Hermite, t. 5, 1814, p. 230.

06/06/2010

MISOLOGUE

n.m/f & adj.

 

Philosophie. - Personne qui répugne au raisonnement, à l'argumentation; ennemi de la méthode scientifique.

« La définition la plus simple que l'on puisse donner du Terroriste, c'est qu'il est misologue » (Paulhan, Fleurs Tarbes, 1941, p.72).

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