29/06/2010

DISTIQUE

n.m

 

Versification : Groupe de deux vers.

 

A.− [Dans la prosodie grec et latine] Réunion de deux vers de mètre différent, formant un sens complet. Les distiques de Caton - Distique élégiaque. Mètre utilisé surtout par les poètes élégiaques et formé d'un hexamètre et d'un pentamètre

«  Je transcris cette épitaphe, ainsi qu'elle est disposée sur une table verticale de pierre, comme de la prose, sans indication des hexamètres et des pentamètres un peu barbares qui forment les distiques. » (Hugo, Le Rhin, 1842, p. 87.)

 

B.− [Dans la prosodie française] Réunion de deux vers à rimes plates, de même mètre ou de mètre différent (p. exemple un alexandrin et un décasyllabe), et formant une unité sémantique.

« La voix de ventriloque scanda ce distique : Nous n'sommes pas le jour de l'an, À bécoter papa maman » (Hugo, Misér., t. 2, 1862, p. 229).

27/06/2010

TREBUCHET

n.m.

 

A.− Histoire [Au Moy. Âge] Machine de guerre à contrepoids utilisée pour lancer des pierres contre les murailles des châteaux et des villes.

« Cet engin est (...) une espèce de fronde gigantesque. On l'appelait, au moyen âge, chatte, bricole, trébuchet etc. (...) le trébuchet étant mis en batterie, il fallait tenir pendant quelque temps la poutre immobile pour diriger le coup » (Mérimée, Ét. arts Moy. Âge, 1870, pp. 370-371).

B. − 1. Vieux : Petite balance de précision dont la moindre augmentation de poids faisait trébucher, pencher le plateau chargé, et qui servait à vérifier le poids des pièces de monnaie.

 

« Regarde-le donc ton fils. C'est à croire, mon Dieu, qu'il va peser de l'or au trébuchet dans le bureau des farines, comme le pauvre défunt » (Adam, Enf. Aust., 1902, p. 62).

 

- 2. Moderne : Petite balance de grande précision servant aux pesées délicates (bijoux, pierres précieuses; pesées de laboratoire).

 

C. − 1. Piège à bascule pour oiseaux et petits animaux nuisibles (belettes, fouines, rats). Échapper au trébuchet.

« Raboliot chassait toujours, car il fallait manger, colletait, furetait, posait des trébuchets » (Genevoix, Raboliot, 1925, p. 304).

 

− Dans des locutions – figuré : Donner dans le trébuchet. « Il était irrité contre elle et lui prêtait des pensées de triomphe: « J'ai tout de même décroché un mari malgré nos malheurs » Lui, il était le maladroit tombé dans le panneau, pris au trébuchet » (Mauriac, Chemins mer, 1939, p. 160).

 

Argot : Guillotine. Faire le trébuchet. Être guillotiné.

 

« Quand on nous découvrirait [comme faux-monnayeurs], qu'est-ce qu'il en serait? Il y en a bien d'autres qui ont fait le trébuchet sur la place de Grève » (Vidocq, Mém., t. 2, 1828-29, p. 263).

20/06/2010

HOMEOMERE

adj.

 

[S'appliquant à deux corps] - Qui ont des coefficients énergétiques moléculaires égaux

 

18/06/2010

RECỀS

n.m.

1.- a.- Histoire - Procès-verbal où étaient consignées les délibérations des diètes de l'Empire germanique. Recès de l'Empire.

b.- Diplomatie - Procès-verbal des conventions passées entre deux

 

2. − Vieux ou littéraire -  Lieu préservé des atteintes extérieures où l'on se retire. F refuge.

 

« Et au recès dernier du sanctuaire nu, on cache, au lieu du feu Eleusinien, un petit miroir rond de métal poli »  (Claudel, Connaiss. Est, 1907, p. 114).

15/06/2010

CIRON

n.m

 

Insecte aptère quasi microscopique vivant sur les aliments et les détritus

 

Ciron du bois. Coléoptère dont la larve creuse le bois des meubles et des charpentes.

− Par extension : Pustule de la gale.

− Par métaphore : Être d'une extrême petitesse

 

« Rentre en toi-même, Oreste : l'univers te donne tort, et tu es un ciron dans l'univers. »

Sartre, Les Mouches, 1943, III, 2, p. 99.

11/06/2010

EXPLETIF

adj.

 

1.− Grammaire. [En parlant d'un mot (adv. de négation, pronom, préposition ou d'une proposition.]

Qui est inutile au sens ou n'est pas exigé par la syntaxe, mais qui sert, surtout dans la langue écrite, à colorer la phrase généralement d'une nuance affective.

 

« « Ne » dans « plus qu'il ne faudrait » est un mot explétif (Füllwort) (Mar. Lex. 1933, p. 80). « Je doute qu'il n'y retourne, » (...) « ici le « ne » est un peu plus qu'explétif et un peu moins que négatif » (Thibaudet, Réflex. litt., 1936, p. 245).

 

− Emploi substantif.

« D'où, philologues, expliquez-nous un peu d'où viennent, par exemple, ces bizarres ellipses, « viens-tu avec », ces explétifs, « pour une fois, sais-tu? » »  (Verlaine, Œuvres compl., t. 5, Quinze jours en Holl., 1893, p. 205).

 

2.− Par analogie. [En parlant d'une chose]  - Qui est vain, inutile

 

« Mais le moyen de l'alibi est explétif; ce sera le dernier refuge de l'innocence, nous avons mille preuves à donner avant celle-ci. » Balzac, Annette, t. 4, 1824, p. 45.

 

− Emploi substantif : Mot qui est anodin, vide de sens ou dépourvu d'affectivité.

 

« Leur pathétique, elles [les jeunes filles] l'enferment dans ce que notre langage contient de plus banal, dans des explétifs, dans des chiffres affreusement précis et froidement énoncés » (Colette, Fanal, 1949, p. 109).

08/06/2010

EXHEREDER

v.trans

 

Droit - [Le suj. désigne le testateur] Exclure quelqu'un d'une succession à laquelle il pourrait légalement prétendre.

 

«  À qui allait revenir le trône? En droit à la princesse Sibylle, sœur de Baudoin IV, et à son époux, Guy de Lusignan. Mais Guy avait été exhérédé par Baudouin IV qui avait, en cas de décès de l'enfant Baudouinet, semblé désigner au choix des barons le régent Raymond de Tripoli. » Grousset, Croisades, 1939, p. 233.

 

− Participe passé employé comme substantif. Celui qui est exhérédé.

 

 « Un homme très-opulent et trop dévot avait institué les capucins ses héritiers, au détriment de son fils unique. Le testament portait, cependant, que ces pauvres pères donneraient à l'exhérédé, sur la succession, la part qui leur plairait... » Jouy, Hermite, t. 5, 1814, p. 230.

06/06/2010

MISOLOGUE

n.m/f & adj.

 

Philosophie. - Personne qui répugne au raisonnement, à l'argumentation; ennemi de la méthode scientifique.

« La définition la plus simple que l'on puisse donner du Terroriste, c'est qu'il est misologue » (Paulhan, Fleurs Tarbes, 1941, p.72).

04/06/2010

BLÉSER

v.intrans.

 

Rare. Parler avec le défaut nommé blésement*

 

« ... [des gandins] qui affectent, dans leur prononciation, de bléser et de zézayer; ... »

Faral, La Vie quotidienne au temps de st Louis, 1942, p. 184.

 

* Ensemble des défauts de la prononciation consistant à remplacer certains phonèmes par d'autres plus faciles à articuler; défaut de prononciation, observable surtout chez les enfants, qui consiste à remplacer les sifflantes s, z par des interdentales ou postdentales.

01/06/2010

SCALDE

n.m

 

Histoire de la littérature - Poète scandinave qui récitait ou chantait des poésies d'abord transmises oralement, puis recueillies dans les sagas et dans l'Edda (recueils de poèmes islandais), en l'honneur des héros ou des personnages illustres.

 

« Ces visions poétiques, qui ne se retrouvent que dans les récits des scaldes, conservés dans les sagas islandaises » (Bonstetten, Homme Midi, 1824, p. 69).

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