28/06/2010
Vladimir Dubossarsky & Aleksandr Vinogradov
Séduite par les artistes d’aujourd’hui, figures contemporaines, nouveaux talents, je vous propose un tableau, une sculpture, une installation coup de cœur chaque lundi…
Une occasion de rencontrer l’œuvre et son auteur…

Scène de plein air, 1995
Huile sur toile, 240 X 200 cm
Vladimir Dubossarsky & Aleksandr Vinogradov
Dubossarsky est né à Moscou (Russie) en 1964, Vinogradov est né à Moscou (Russie) en 1963 - vivent et travaillent à Moscou.
Le conservateur Joseph Backstein a qualifié le style de Vladimir Dubossarsky & Aleksandr Vinogradov de « complètement synthétique, ce qui est la principale réussite esthétique des deux artistes ». Leurs tableaux font la synthèse d’éléments provenant de différentes sources iconographiques et formelles dont, selon Backstein, le réalisme socialiste, le Sots Art, les médias contemporains, les magazines soviétiques des années 1950, la photographie des années 1970 et la publicité d’aujourd’hui. Les peintures de Vladimir Dubossarsky & Aleksandr Vinogradov ont donc pour origine le travail artistique russe – en particulier soviétique – et la culture visuelle en général, qu’elles citent. C’est probablement grâce au Sots Art que cette tradition est aujourd’hui connue. Pour les deux artistes, la peinture académique du XIXème siècle est une source d’inspiration importante, maintenue dans le réalisme et le Sots Art. Ce dernier n’est pas simplement un Pop Art à la mode soviétique. Assez à l’opposé de l’approche de certains artistes du pop Art, celle des artistes du Sots Art n’est ni naïve ni gratuite. L’œuvre de Vladimir Dubossarsky & Aleksandr Vinogradov donnent un sens nouveau au pop Art et au Sots Art, dans le contexte de l’explosion de la publicité et du marketing dans la Russie d’aujourd’hui.
Les deux artistes insèrent beaucoup d’effets dans leurs tableaux qu’ils en deviennent beaucoup trop synthétiques, empêchant le spectateur d’y plonger. Ils transforment l’effet de kitsch en une œuvre capable de produire un effet « réfléchi ». Mais le spectateur construit sa réflexion sur la promesse de séduction, ou sur la présence menaçante d’un « plaisir irréfléchi ».
----------------
00:25 Publié dans L'Lundi : Art'contemp - une oeuvre, un artiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
21/06/2010
Peter Doig
Séduite par les artistes d’aujourd’hui, figures contemporaines, nouveaux talents, je vous propose un tableau, une sculpture, une installation coup de cœur chaque lundi…
Une occasion de rencontrer l’œuvre et son auteur…

Gasthof zur Muldentalsperre, 2001
Huile sur toile, 200 X 275 cm
Né à Edimbourg (Royaume-Uni) en 1959, vit et travaille à Londres
Peter Doig excelle dans cet exercice de peintures au format paysage, explicitement découpées, divisées sommairement en trois bandes horizontales. « j’aimais l’idée que ces sections qui s’étaient ouvertes pour révéler une portion d’existence puissent se refermer aussi facilement », déclare l’artiste. Dans les peintures de Peter Doig, les bandes inférieures et supérieures servent tranquillement de ciel et de premier plan et satisfont pleinement l’œil et l’esprit. Il faut toutefois les considérer comme abstraites, tant elles sont affranchies du détail et de la vitalité picturale des œuvres antérieures. La peinture est maintenant presque du fin gruau.
L’opposition entre abstraction et représentation, marquée déjà par plusieurs critiques, a rarement été aussi manifeste. C’est comme si un tableau abstrait s’était ouvert en deux pour faire apparaître un monde intérieur, même si la menace d’un effondrement imminent de l’image est toujours présente, ce que laissent entendre les propos de Doig. Ici, la figuration n’est que tolérée et peut disparaître à tout moment. Ce qui nous est donné à voir a l’apparence d’un rêve ou d’une vision.
Ces nouvelles peintures délaissent la réalité glanée au hasard de photographies trouvées ou de souvenirs personnels pour rejoindre un univers symboliste, une peinture de paysage héritée du Groupe des sept, des artistes canadiens des années 1920. Dans la bande centrale de ces tableaux ouverts comme les Zips de Barnett Newman, l’artiste invente un espace pour suggérer le sublime. Mais il ne s’agit pas du sublime selon Newman, tout d’émotions ; ses peintures seraient plutôt des poteaux indicateurs désignant un « ineffable » authentique. L’artiste est aux prises avec les éternelles questions de la vie, de la mort et de « l’inconnaissable »
----------------
00:25 Publié dans L'Lundi : Art'contemp - une oeuvre, un artiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
07/06/2010
Atül Dodiya
Séduite par les artistes d’aujourd’hui, figures contemporaines, nouveaux talents, je vous propose un tableau, une sculpture, une installation coup de cœur chaque lundi…
Une occasion de rencontrer l’œuvre et son auteur…

Father, 2002
Peinture émaillée sur volet roulant, 22 X 15,2 cm
Né à Bombay (Inde) en 1959, vit et travaille à Bombay
Les domaines privés et publics de l’expérience s’opposent et se superposent dans la peinture d’Atul Didiya.
Tantôt les dilemmes privés servent de métaphores à des questions plus générales et les problèmes politiques ou sociaux se teintes d’accents personnels. Tantôt les deux mondes restent contenus, voire compartimentés, mais rejaillissent l’un sur l’autre dans une sorte de tension vacillante que la culture indienne est la seule à produire.
La ville – Bombay en particulier – est le creuset dans lequel l’artiste puise son énergie. Le moi, la famille et diverses figures de héros sont les protagonistes de drames psychiques, dans toutes sortes de combinaisons. Les textes de ces drames truffés de citations de personnages populaires, sont souvent secrets et profonds.
Des volets roulants en métal – utilisés en général pour protéger de petites échoppes ou les garages – ont remplacé les toiles classiques. Il continue à peindre à l’huile, à l’acrylique, à l’émail. Ces volets qui s’enroulent et se déroulent font disparaître ou partiellement réapparaître de flamboyante vedettes de cinéma, comme celles des affiches de films indiens, et tout un panthéon de dieux et de déesses kitsch dans le style des reproductions de bazar.
----------------
00:25 Publié dans L'Lundi : Art'contemp - une oeuvre, un artiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
17/05/2010
Markus Döbeli
Séduite par les artistes d’aujourd’hui, figures contemporaines, nouveaux talents, je vous propose un tableau, une sculpture, une installation coup de cœur chaque lundi…
Une occasion de rencontrer l’œuvre et son auteur…

Malerei, 2006
Acrylic sur toile coton, 98 X 146 cm
Né à Lucerne (Suisse) en 1958, vit et travaille à Lucerne
Les peintures de Markus Döbeli sont très grandes, de la taille d’un mur, mais sans être imposantes, pas plus en tout cas que le mur d’un atelier ou d’un lieu d’exposition. Elles occupent une grande partie du mur, s’en détachent et s’en distinguent nettement, limitées par les bords du tableau sans pour autant l’interrompre. Elles partagent avec le mur à la fois l’étendue et la régularité de sa surface, ainsi que sa matérialité. L’objet pictural est toujours aussi le sujet d’une réflexion qui est transformée dans le phénomène visuel de la peinture. Certaines toiles sont faites de plusieurs morceaux cousus entre eux, découpées de façon géométrique ou irrégulière, à moins qu’une entaille recousue juste après ne divise la surface de la toile peinte. Ces coutures séparent deux aplats de couleur, quand la peinture ne les recouvre pas. En séparant ainsi la surface picturale, les bords de la toile normalement cachés derrière le châssis sont multipliés et transférés comme un dessin sur la surface de la toile. La peinture de Döbeli représente un stade intermédiaire entre la nature factuelle de l’objet et la nature optique de la couleur étalée sur la toile.
Souvent monochrome, sa peinture n’est jamais uniforme. Elle donne beaucoup à voir, mais elle est simple ; ni récapitulation, ni récit. La peinture aspire toujours à la totalité du tableau.
Döbeli n’a pas de programme. Il n’est pas préoccupé par la logique dans l’évolution de son travail et s’autorise à revenir sur des scènes explorées auparavant.
----------------
00:25 Publié dans L'Lundi : Art'contemp - une oeuvre, un artiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
09/05/2010
Ding Yi
Séduite par les artistes d’aujourd’hui, figures contemporaines, nouveaux talents, je vous propose un tableau, une sculpture, une installation coup de cœur chaque lundi…
Une occasion de rencontrer l’œuvre et son auteur…

Crosses 08, 2008
Sérigraphie sur papier, 29,7 x 17,8 cm
Né à Shanghai (Chine) en 1962, vit et travaille à Shanghai
Alors que tout le monde, ou presque, était engagé dans la « révolution culturelle » radicale du langage plastique et ses turbulents effets sur la société, Ding Yi est resté au-dessus de la mêlée, s’en tenant avec entêtement à son langage singulier, qui a à peine « évolué ». La plupart de ses contemporains travaillent dans une veine expressionniste ou réaliste pour véhiculer un message social, culturel ou intime. Ding Yi préfère se concentrer dans une voie totalement personnelle et quelque peu marginale.
Depuis le milieu des années 80, il a réalisé une quantité considérable de peintures abstraites, utilisant différents supports (toiles, cartons, tissus, meubles) et divers medium (huile, acrylique, fusain, crayon à bille). Son utilisation de la couleur est multiple et va du quasi-monochrome à toutes sortes de combinaison créant sur la rétine des impulsions qui oscillent en permanence et stimulent considérablement la perception. Les œuvres sont belles à l’excès.
Pourtant, malgré cette diversité, elles sont aussi répétitives et systématiques à l’excès. Toutes ses œuvres sont de simples multiplications et prolifération de deux caractères tracés au pinceau, éléments de base de l’impression en couleur. Ding Yi s’approprie ces éléments « primitifs » pour en faire la structure essentielle, l’unique « contenu » de ses tableaux. Sa fidélité à ces signes les plus prosaïques réduit la peinture à un état minimal. En d’autres termes, Ding Yi, lorsqu’il peint, ne cherche pas à exprimer des émotions ni à raconter une histoire. Ce qui l’occupe n’est nullement « pictural » ; ces caractères sont de simples traces d’écriture.
----------------
23:41 Publié dans L'Lundi : Art'contemp - une oeuvre, un artiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
03/05/2010
Gabriele Di Matteo
Séduite par les artistes d’aujourd’hui, figures contemporaines, nouveaux talents, je vous propose un tableau, une sculpture, une installation coup de cœur chaque lundi…
Une occasion de rencontrer l’œuvre et son auteur…

The Assassination of President Kennedy (de la série « History Stripped Bare »), 2000
Huile sur toile, 30 X 40 cm
Né à Torre del Greco (Italie) en 1957, vit et travaille à Milan
Avec Gabriele Di Matteo la peinture est devenue un redoutable agent de reproduction engendrant des copies d’images que les moyens mécaniques ou numériques rendent bien mieux. Chez Di Matteo, la peinture, à l’ère de la reproduction mécanique, se révèle un médium sale, laborieusement lent et moins précis que, disons, le scanner, la photographie, ou même l’illustration par ordinateur.
Il répète des portraits de presse sur plusieurs tableaux presque identiques, chacun différant légèrement du suivant à cause de l’exécution forcément inégale de l’artiste, c’est-à-dire son incapacité à être une machine à peindre parfaite.
Les quelques tableaux du cycle épique « History of Stripped Bare » (2000) illustrent des scènes historiques, de l’empire romain à Mussolini en passant par Christoph Colomb, où tous les personnages sont nus : des rangées de soldats nus saluent un Hitler nu ; Margaret Thatcher, seins nus, fait signe de la main après une victoire électorale, etc.
Dans « l’Histoire» de Di Matteo, la peinture sert de contrepoint ridicule aux supports actuels plus nobles de l’Histoire, la peinture se comporte en enfant et baisse sa culotte pour faire rire.
----------------
16:37 Publié dans L'Lundi : Art'contemp - une oeuvre, un artiste | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
|
Facebook
25/04/2010
Verne Dawson
Séduite par les artistes d’aujourd’hui, figures contemporaines, nouveaux talents, je vous propose un tableau, une sculpture, une installation coup de cœur chaque lundi…
Une occasion de rencontrer l’œuvre et son auteur…

Manhattan, 1998
Huile sur toile, 183 X 183 cm
Né à Meridianville (Etats-Unis) en 1961, vit et travaille à new-York et à Paris
Dawson semble déplorer qu’avec les révolutions industrielles et technologiques des XIXe et XXe siècles, nos sociétés contemporaines se soient progressivement abstraites à des rythmes astronomiques et naturels. On retrouve cette part critique de l’œuvre de Dawson dans une série de portraits ayant pour sujets des personnages comme le chef indien Openchancanough (à qui l’on attribue l’initiative d’un raid de résistance contre les colons de Virginie en 1622) ou le Baron perché imaginé par Italo Calvino, autant d’individus qui, chacun à sa manière, incarnent des formes de résistance à la disparition des liens qui unirent pendant des siècles et des siècles l’homme à son environnement naturel. Les peintures de Dawson relèvent en fait d’une double stratégie de résistance dans la mesure où il considère que le médium même, au-delà des sujets traités, peut servir d’antidote ou d’antithèse aux nombreux autres médias qui viennent à nous, nous dirigent et nous forment. D’ailleurs, voici ce que l’artiste en dit : « Pour moi, la peinture et le dessin sont les plus conceptuels des arts visuels car ils sont liés à l’esprit de la façon la plus directe, par la médiation du corps. La peinture et le dessin sont les plus proches des médias « tout-fait » [ready-made]. Quelle ironie, en un sens, car la peinture est l’approche des arts visuels la plus conservatrice. Je cherche à renouer avec le savoir ancien et à prolonger sa fonction. »
----------------
23:36 Publié dans L'Lundi : Art'contemp - une oeuvre, un artiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
19/04/2010
Ian Davenport
Séduite par les artistes d’aujourd’hui, figures contemporaines, nouveaux talents, je vous propose un tableau, une sculpture, une installation coup de cœur chaque lundi…
Une occasion de rencontrer l’œuvre et son auteur…

Poured Lines: The Simpsons, 2008
Peinture pour le bâtiment sur plaque d’aluminium, 200 X 200 cm
Né dans le Kent (Royaume-Uni) en 1966, vit et travaille à Londres
Les « peintures coulées » de Ian Davenport sont à l’évidence le fruit d’un procédé de plusieurs étapes, d’un rituel se répétant à chaque nouvelle couche de peinture. Tout commence par un support en aluminium ou en aggloméré (un panneau de fibres de densité moyenne) posé à plat par terre sur lequel il verse de la peinture pour le bâtiment, suffisamment épaisses pour toucher la surface en un point relativement précis à partir duquel elle s’étale sur trois côtés du support sans déborder.
Il incline ensuite le tableau dans une direction donnée en choisissant le point le plus judicieux et l’angle le plus efficace de façon que la masse de peinture glisse et recouvre le tableau. En tant que matériau, la peinture a été transformée (reconditionnée ?) en une sorte de forme simple à la surface lisse (qu’elle soit mate ou brillante) qui se laisse regarder sans effort, ou presque. Cette dernière étape semble être la clé de tout l’œuvre de Davenport.
Sans prendre en compte la complexité de la procédure rigoureuse mise au point pour rationnaliser sa production, il n’est pas facile finalement d’y voir clair dans toutes ses manœuvres, car le caractère impénétrable flagrant du tableau lui-même (devenu chose et non plus événement) est très séduisant en soi.
Sur un mode qu’on pourrait qualifier d’informel, Davenport s’appuie sur les lois « physiques » de ses tableaux pour démontrer qu’ils ont moins à voir avec leur apparence visuelle que ce que l’on imaginait.
----------------
00:00 Publié dans L'Lundi : Art'contemp - une oeuvre, un artiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
12/04/2010
Stéphane Dafflon
Séduite par les artistes d’aujourd’hui, figures contemporaines, nouveaux talents, je vous propose un tableau, une sculpture, une installation coup de cœur chaque lundi…
Une occasion de rencontrer l’œuvre et son auteur…

AST130, 2009,
Acrylique sur toile, 150 X 185 X 100 cm
Né à Neyruz (Suisse) en 1972, vit et travaille en Suisse
Stéphane Dafflon appartient à cette jeune génération d’artistes suisses qui a su trouver un délicat équilibre dans l’art de valoriser un héritage culturel local au sein du monde visuel globalisé du futur. Les wall paintings et les installations de l’artiste intègrent des éléments de design, d’architecture et d’arts plastiques et les fondent dans des formes curieusement universelles. Ces images déracinées sont les signifiants sans attaches de formes architecturales que l’on trouve partout dans le monde, mais aussi du processus de mondialisation à l’œuvre depuis un millénaire.
Les murs peints par Dafflon relatent l’assemblage, à travers la culture populaire, du dessin industriel de l’après-guerre et des beaux-arts et tiennent compte des liens complexes entre les hommes et l’espace, l’animé et l’inanimé.
----------------
00:25 Publié dans L'Lundi : Art'contemp - une oeuvre, un artiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook
05/04/2010
John Currin
Séduite par les artistes d’aujourd’hui, figures contemporaines, nouveaux talents, je vous propose un tableau, une sculpture, une installation coup de cœur chaque lundi…
Une occasion de rencontrer l’œuvre et son auteur…

The Old Fence, 1999
Huile sur toile, 193 X 101 cm
Né à Boulder (Etats-Unis) en 1962, vit et travaille à New York
Cet artiste est immédiatement apparu comme une des figures les plus polémiques d’un groupe de peintres figuratifs vaguement affiliés qui prit de l’importance au début des années 1990. On a vu dans son travail une transgression caustique et antimoderne des conventions de forme et de contenu de la « bonne » peinture. Ses premiers portraits de femmes âgées, ses filles déshabillées, ses couples insolites, ses portraits de collégiennes au regard vide qui lui valurent, outre l’épithète de « kitsch », d’être accusé d’ »avilir » ses sujets (souvent féminins).
En prenant comme modèles, tant visuels que conceptuels, les derniers nus de Picabia, John Currin s’apparente à un courant bien particulier de la peinture figurative – de Polke à Kippenbeger, de Katz à Glenn Brown. Cette tendance picturale à contre-courant propose diverses stratégies pour jouer avec les tabous modernistes, en opposant le sérieux à la vulgarité, la tradition du grand art et la fabrication d’images commerciales.
Pour qu’on ne confonde pas avec des pastiches postmodernes, ses toiles récentes comportent un élément très « contemporain » qui sert de rappel anachronique. Elles semblent suspendues dans un état de déséquilibre permanent, tant par leur renvoi à l’Histoire que par leur sujet. Ainsi, dans une série de 1998-1999, les têtes greffées sur les corps de femmes sinueux et voluptueux qui rappellent Lucas Granach paraissent très actuelles. Cette superposition de l’image et du temps historique exprime le caractère déraciné et interchangeable des images dans la culture contemporaine plutôt que la résurrection du « corps sans vie » de la peinture.
----------------
19:35 Publié dans L'Lundi : Art'contemp - une oeuvre, un artiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
|
Facebook



















