30/01/2012
Miquel Mont
Séduite par les artistes d’aujourd’hui, figures contemporaines, nouveaux talents, je vous propose un tableau, une sculpture, une installation coup de cœur chaque lundi…
Une occasion de rencontrer l’œuvre et son auteur…

Un produit idéalogique, 1998
Lithographie avec feuille transparente - 20 x 30 cm
Miquel Mont est né à Barcelone (Espagne) en 1963, vit et travaille à Paris.
Dans des œuvres qui ne ressemblent pas toujours à des tableaux conventionnels, Miquel Mont réunit certaines traditions que l’histoire de l’art du XXème siècle a souvent séparées : il raffole des beaux effets de matière, comme son compatriote Antonio Tàpies ; il aime les reliefs tourmentés qui rappellent l’un des peintres oubliés du Post Color Field, Larry Poons ; il vante la rigueur des procédés analytiques tels qu’ils ont été systématisés par les membres de la dernière avant-garde française, Supports-Surfaces, et par leur héritier improbable des années 1980, Bernard Frieze ; il travaille avec l’énergie subversive et la générosité des situationnistes et du rock punk.
Le but de l’artiste n’est pas d’énumérer des procédés mais de créer des œuvres dont la procédure particulière engendre de nouvelles expériences esthétiques.
Son travail semble n’être qu’un jeu didactique sur et à propos de la peinture abstraite, mais il ne faut pas oublier que chaque série est composée seulement d’un petit nombre d’œuvres, motivées par le plaisir de l’expérimentation.
La condition matérielle de la peinture est mise en valeur, réfutant toute idée d’un monde ou d’un sens existant au-delà de ce qui est donné à voir dans le tableau.
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28/11/2011
Beatriz Milhazes
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Une occasion de rencontrer l’œuvre et son auteur…

O Buda, 2000
Acrylique sur toile – 191 X 180 cm
est née à Rio de Janeiro (Brésil) en 1960, vit et travaille à Rio de Janeiro.
Elle met dans ses peintures une intense énergie décorative. Composées d’une succession de formes qui s’imbriquent et se chevauchent, de rapports de couleurs brillantes, souvent intenses – mandarine et turquoise, mousse et fuchsia, et toutes les nuances de violet -, ses œuvres recèlent une profusion d’images : fleurs, branches feuillues portant des fruits, médaillons décorés, guirlandes de perles, napperons, trames filigranées et arabesques.
Si ses tableaux rappellent ceux des artistes du mouvement Pattern and décoration des années 1970, Beatriz Milhazes reste attachée de façon inconditionnelle à l’héritage plastique de son Brésil natal. Certains ont vu en elle l’héritière de l’art moderne brésilien, une discipline du peintre Tarsila do Amaral qui, dans les années 1920, mêlait le cubisme de l’avant-garde européenne aux couleurs et aux thèmes brésiliens.
Mais ce que l’artiste semble rallier n’est pas tant la manière picturale de tarsila que l’antropofagia moderniste brésilienne – la dévoration symbolique de l’ »autre » -, transformant ses qualités essentielles en quelque chose de tout à fait local et original. Ses toiles aux motifs imbriqués font penser à quantité d’influences artistiques : les intérieurs très décorés de matisse ; les motifs baroques et les décorations de carnavals brésiliens ; la luxuriance stéréotypée de l’imagerie « tropicale » ; les ondulations psychédéliques et les symboles de paix des posters des années 1960.
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13/11/2011
Lucy McKenzie
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Une occasion de rencontrer l’œuvre et son auteur…

Née à Glasgow (Royaume-Uni) en 1977, vit et travaille à Londres
Vues comme un ensemble, les toiles de Lucy McKenzie semblent véhiculer une sorte de nostalgie schizophrène pour les oripeaux culturels du bloc de l’Est durant la guerre froide, qui auraient été passée au crible de la critique écossaise. Lucy McKenzie, qui est née et a grandi à Glasgow, s’est approprié quantité de références iconographiques, du réalisme photographique des images d’athlètes soviétiques ou allemands de l’Est aux motifs Arts ans Crafts de l’architecte écossais Charles Rennie Mackintosh, de tendance socialiste.
Ajoutez-y une forte dose de Dépêche Mode, et le projet plastique de Lucy McKenzie se précise. Relier toutes ces influences, c’est établir une relation intellectuelle rigoureuse avec l’importance politique et esthétique de la culture de masse du XXe siècle, incarnée particulièrement et de façon métaphorique dans l’univers du sport.
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02/10/2011
Fabian Marcaccio
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Total Paintant, 1999
Encre GO ink sur tyvek, huile et acrylique, silicone et polyptiques sur aluminium
254 X 610 cm
Fabian Marcaccio est né à Rosario de Santa Fe (Argentine) en 1963, vit et travaille à New York
Fabian Marcaccio déconstruit, disque, dénoue et abâtardit les langages de la peinture moderniste pure dont il amalgame ensuite les morceaux, dans le seul but, d’après ses propres mots, de « rendre l’abstraction extrovertie ».
Il prolonge la rupture accomplie par le modernisme du XXème siècle avec ses éléments de réalisation et de présentation – châssis, toile, travail du pinceau et mur. En 1992 déjà, l’artiste conclut que le modernisme a dégénéré en « une géographie de clichés et de corruption ».
Il décide alors d’appliquer les théories actuelles concernant la société, la technologie et le corps pour s’attaquer à des idées plus complexes sur l’art et la société. Il introduit des images de nature et de culture dans le langage de la peinture : des plantes, des foules, des emblèmes communistes – la faucille et le marteau, l’étoile -, des symboles religieux et de genre.
Pour Marcaccio, la toile est à la fois support et image.
Il a un appétit vorace pour tout ce qui « multiplie les liens de l’observateur avec l’œuvre », selon ses propres termes, et ses peintures se projettent souvent vers l’avant, hors du mur, dans l’espace du spectateur.
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18/09/2011
Mona Marzouk
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Sans titre, 1999
Acrylique sur toile
35 X 102 X 5 cm
Mona Marzouk est née à Alexandrie (Egypte) en 1968, vit et travaille à Alexandrie.
Mona Marzouk laisse habilement de côté l’épineuse question de l’identité « originelle » et mène sa peinture et sa sculpture vers le territoire sans frontières des échanges culturels « mondialisés ».
Ses toiles, de format modeste, comportent en général trois couleurs mates (parfois plus) qui rendent avec simplicité les paysages sur lesquels se dresse une architecture aux formes indéterminées, mais familières. Mona Marzouk pille l’histoire de l’architecture pour ériger de nouveaux édifices, semblant ainsi désigner le système d’échanges qui caractérise la civilisation.
Curieusement, cette façon de faire démontre haut et fort à quel point la notion d’identité originelle est erronée ; chaque culture est un produit hybride de forces constituées par les vagues d’immigration, les centres mouvants du pouvoir et le culte de la domination.
Les couleurs sont si harmonieusement assemblées que la forme architecturale disparaît. Cette disparition, cette architecture invisible ainsi suggérée surprennent, compte tenu du discours actuel de l’architecture qui semble faire peu de cas de ses occupants, privilégiant des partis pris audacieux et une sensibilité exagérée au paysage.
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12/09/2011
Margherita Manzelli
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Nottem, 2000
Huile sur toile de lin
150 X 200 cm
Margherita Manzelli née à Ravenne (Italie) en 1968, vit et travaille à Milan
Les premières œuvres de Margherita Manzelli avaient un point de commun avec les performances : l’artiste occupait une partie de l’espace, souvent dans des endroits à l’écart, comme un coin près du plafond, et dessinait pendant que le public attendait l’ouverture de l’exposition.
Cet aspect « performance » est aujourd’hui moins marquant, mais l’artiste reste présente sous forme d’autoportraits déformés. Pourtant qualifier ses peintures de simples autoportraits n’est pas pertinent. En réalité, tous ses tableaux cherchent plutôt à illustrer la notion jungienne de persona, c’est-à-dire l’image qu’on présente au monde.
L’artiste découvre alors une façon de représenter les différents niveaux de son subconscient qui, dans ses œuvres, se traduisent le plus souvent par des états de suspension ou sous forme d’étendue décorée indépendante, l’eau d’un gigantesque aquarium ou le fond d’un océan.
Le monde extérieur n’est pas vraiment présent dans l’œuvre de Margherita Manzelli, excepté sous forme allégorique. Le tableau est en général composé de trois plans : la figure, le support de la figure et le fond, qui ressemble à une sorte de substance fluide. La figure semble regarder l’observateur avec des yeux dans lesquels on ne lit ni l’angoisse ni désespoir, mais plutôt une certaine mélancolie. Cet change essentiel avec l’observateur est censé recréer l’échange qui a eu lieu entre l’artiste et la toile dans l’atelier.
Ses figures sont posées ou flottent sur la toile en souvenir de ces états de conscience suspendus dans le douloureux « métier de vivre ».
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05/09/2011
Michel Majerus
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Load, 2001
acrylique sur toile
200 X 400 cm
Michel Majerus est né à Esch (Allemagne) en 1967 et décédé en 2002 au Luxembourg
Découpes géométriques de couleur vive à l’acrylique qui rappellent Frank Stella. Gribouillages à la De Kooning. Flèches graphiques qui ne donnent pas d’indication claire de direction.
Petit salut à l’histoire de l’art, aux fleurs d’Andy Warhol, aux collages de Kurt Schwitters, à la gestuelle expressionniste de Georg Baselitz.
Panthéon de figures héritées des jeux vidéo ou des dessins animés de Disney. Fragments de texte aux allures de slogans semblant être détournés de la publicité : « accroc de la pop », « image qui s’estompe » ou « merde aux intentions de l’artiste ».
Pour l’artiste allemand Michel Majerus, la peinture n’est pas morte, elle est un terrain d’activité hétérogène qui va au-delà des limites de la toile ou du mur.
En réalité, ses œuvres souvent très colorées, monumentales – installations sculpturales, toiles bidimensionnelles ou peintures murales -, font fi des vieux tabous modernistes opposant arts et majeur et mineur.
Majerus préfère démontrer la fausseté de ces contraintes binaires en embrassant de façon spectaculaire et ouvertement séductrice la nature immorale de l’image, partie intégrante de la culture visuelle contemporaine
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05/06/2011
Tor-Magnus Lundeby
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Loony in the Sky with DJs, 1997
Sikyde et huile sur toile
145 X 165 cm
Tor-Magnus Lundeby né à Frederikstad (Norvège) en 1966, vit et travaille à Helsinki (Finlande)
Si la révolution psychédélique des années 1960 a pu inventer des idées et des formes et des comportements nouvelles, c’est parce que le monde adulte autoritaire et discipliné faisait plus appel à la rationalité. Le terme psychédélique peut se résumer par l’état dans lequel un mouvement perd son sens originel et se laisse envahir par un sens nouveau et merveilleux qui rallie pensée et sensation.
De façon similaire, les peintures, les installations et les performances de Tor-Magnus Lundeby matérialisent une mécanique de l’esprit toujours en marche, qui utilise un flot de signaux multiples et une expérience visuelle stimulante.
L’univers de la musique et de la culture musicale occupe une place privilégiée dans son travail dont il met les conventions au service de ses inventions personnelles et de ses intentions subversives.
Les tableaux de Lundeby s’inspirent des premiers jeux vidéo, de la communication facile mais codée à l’extrême du star système et d’une poésie qui reprend les styles de la frange expérimentale du disque : une culture de la consommation, dépendante, pour l’essentiel, de la manière dont elle est présentée.
Son travail oscille entre un pathos, inhérent à la création de nouveaux mondes (picturaux) par la culture de masse, l’échelle réelle (1/1) de la cartographie, le circuit électronique et la tradition de la peinture monochrome.
Par sa présence sensible, les réalisations de Tor-Magnus Lundeby circonscrit les fascinations culturelles mises à nu dans leurs baptêmes heureux et exaltés.
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15/05/2011
Michael Lin
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Untitled Gathering
Emulsion on wood
22 × 28 × 28 ㎝ × 320 pieces
Né à Tokyo (Japon) en 1964
Si le rapport entre « global » et « local » est la question la plus cruciale et la plus épineuse de l’art de la peinture aujourd’hui, l’artiste de Taipei Michael Lin, loin de prendre une part active à ce débat, revendique un espace ouvert à ses pensées et ses actes libres, d’une voix aussi discrète qu’unique.
Il se comporte de la même manière avec la peinture, la technique la plus traditionnelle, mais ses œuvres n’ont rien de conventionnel. Détaché de la toile, il construit de grandes plates-formes, souvent appelées « lits de repos », sur lesquelles il peint des motifs de tissu à fleur. Le public peut s’asseoir ou s’allonger dessus pour se reposer.
Les visiteurs peuvent à loisir admirer les œuvres d’autres artistes et le spectacle alentour. En mêlant le discours intellectuel et artistique aux activités quotidiennes, Lin apporte de façon originale une réponse à l’ambitieuse question de savoir si un « art global » peut exister ou pas : faire une pause.
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25/04/2011
Jim Lambie
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Touch Zobop, 2003
Installation – Duveen Galleries, Tate Britain
Jim Lambie est né en Ecosse (Royaume-Uni) en 1964, vit et travaille à New York et Glasgow (Royaume-Uni).
Jim Lambie ne peint pas, il déroule. Ce Dj de l’image exploite les ressources des discothèques et de la musique pop pour créer des environnements plastiques très post-picturaux.
L’artiste a suivi un chemin quelque peu détourné pour rejoindre le monde de l’art, passant par celui de la musique. Ayant grandi dans une culture rebelle du rock et de la musique punk, il a gardé une fascination pour la simplicité de ce mode d’expression.
Le mot d’ordre de la musique punk était : « Apprends trois accords et forme un groupe ».
Jim Lambie a transformé cette économie de moyens en amour des matériaux simples, avace lesquels il explore la phénoménologie visuelle du quotidien.
Dans son cas toutefois, cette méthodologie sert à explorer celui de la youth culture.
Bien que n’étant pas peintre à proprement parler, l’artiste emploie parfois la peinture. Mais surtout, il entraîne la peinture hors la toile, jusque dans la rue ou, plus précisément, sur la piste de danse.
Dans son installation ZOBOP, il utilise un matériau fétiche, low-tech, le ruban de vinyle. Il applique les rubans au sol en suivant les contours architecturaux de l’espace d’installation.
Lentement un motif géométrique se dessine, tandis que l’idiosyncrasie de la pièce commence à ressentir des sortes de phénomènes sismiques. Une petite irrégularité dans un coin devient, à l’autre bout de la pièce, une énorme distorsion géométrique.
Les autres bandes multicolores ou grises forment une vertigineuse piste de danse avec des effets stroboscopiques.
Marcher sur cette peinture (ce à quoi l’observateur est invité) procure une sensation merveilleusement déroutante qui ressemble plus à la désinhibition provoquée par une drogue qu’à la rigueur conceptuelle d’une peinture murale de Sol Lewitt.
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