03/09/2010
L’orage

Finalement l'orage se décide.
Quelque chose monte de la terre, quelque chose descend du ciel.
Les arbres sont froissés. Ils noircissent à vue d’œil et font un bruit de gouttes avant les premières gouttes.
Sous mon porche, je suis à la fois protégée et au milieu de tout.
Les gens pressent le pas, on voit une main les pousser aux épaules et, d’un même mouvement, retrousser les pans des imperméables.
J’entends : « Il va pleuvoir grave! ».
La lumière des autobus s’avive à mesure que le ciel s’assombrit. On dirait des maisons mobiles toutes lumières allumées.
Il fait plus froid. Le ciel est blanc vers le nord, mais ne diffuse aucune clarté.
Les pigeons sont ivres. Deux insectes se cognent à mon nez.
Il pleut.
Tout de suite ça sent la pluie, la terre chaude. La vue se brouille.
Je siffle. Ca résonne sous le porche. Cet écho s’accorde avec le bruit de l’eau dans les gouttières.
Des gens courent pour s’abriter sous des parasols détrempés.
La pluie par bourrasque atteint mes pieds, mes bras. Une goutte s’est logée dans ma main pourtant presque fermée.
Les feuillages enflent et giclent comme une salade qu’on essore. Les troncs sont noirs. Rapidement le sol n’absorbe plus rien, les caniveaux dégorgent. Des bras de mer se forment. La fraîcheur s’accroit de minute en minute, et même au sec, on se sent frotté de linges humides. Je sautille sur place. Tout le pavé est inondé.
Il fait complètement nuit sous les arbres. On devine un banc. Une fille sans parapluie court comme une folle. Une autre non. Elle consent à se laisser tremper, plisse des yeux et dilate les narines.
Le gazon apprécie cette saucée.
Les phares d’une voiture irisent la gerbe d’eau soulevée par celle qui la précède.
Je décide de quitter mon abri. La pluie tombe plus fine, presque poudreuse. Je longe des brasseries où les regards des gens bien contents d’être au sec suivent les passants au dos recourbé. Beaucoup de monde attend sous des auvents ou des abribus.
Aujourd’hui, je suis vachement contente et si je convoque les pensées qui habituellement me font de la peine, c’est tout juste si je les reconnais.
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01/09/2010
Inventaire, recensement : la rentrée fait ses listes …
Un chasseur vous dira que la rentrée est le retour des animaux dans le bois au point du jour.
Tandis que le giboyeur attend le cerf à la rentrée, nous allons reprendre nos activités post-plage et cocotiers et, et … pratiquer la liste à profusion !
On en établit jamais autant que lors des rentrées – les sorties n’en requièrent aucune, l’esprit débridé trouve l’inventaire carrément insensé.
Mais quelle énergie déployée à pointer chaque chose et dans un ordre méthodiquement séquencé au moment de la rentrée, des rentrées !
ü La plus médiatisée est bien sûr la sacro-sainte liste des fournitures scolaires.
Comme chaque année vous prévenez vos gnomes que cette année pas question de changer de cartable et comme à chaque fois, la petite vous aura calé dans le chariot de courses un cartable rose à Roulettes, 2 compartiments, à 62 euros 30 et le grand un sac besace camouflage bleu presque au même prix.
Ce matériel « mais-qu’est-ce-que-j’avais-dit » rejoindra la, déjà haute, pile des fournitures-à-la-caisse-abandonnés sous le regard narquois de l’hôtesse (20 ans d’âge et à H-3 pour quinze jours de délire à Ibiza).
Une fois rendue sur le parking du centre commercial, vous finirez carbonisée sous l’effet pupilles-lance-flammes de vos si chers petits qui ne s’entendent pas toujours très fraternellement mais affichent, en pareille circonstance, une indécente solidarité.
ü La plus longue est l’imparable liste des ouvrages de la rentrée littéraire
Comme chaque année vous boycotterez le dernier livre d’Amélie Nothomb parce-que celle-ci über-exagère !
Tous les ans, à la même époque, elle pond un roman-soupe alors que vous-même n’êtes pas fichue de tenir un agenda à jour.
Dès la publication des 710 titres, vous tenterez de dénicher l’auteur sur qui personne ne misait et frimerez sacrément jusqu’à Noël puisque votre écrivain « je-te-l’avais-dit » aura obtenu un prix littéraire !
ü La plus guerrière est celle des résolutions psycho-beauté
Comme chaque année vous aurez un mental de fer, vous apprendrez à dire « non », à gérer votre stress en vous baignant dans 15 cm d’eau et quelques gouttes d’huiles essentielles et vous ferez frictionner la plante des pieds par votre chéri ou votre voisin aveugle. Votre esprit sera détendu et en plus, tel un fond de tiroir, vous sentirez bon la lavande.
Vous irez inhaler du chlore et cultiver le champignon plantaire à la piscine pour sculpter votre corps de sirène.
Vous développerez votre vie sociale en picorant quatre haricots verts, trois sushis et deux grains de raisin avec vos copines.
Vous délaisserez votre canapé et votre télé pour faire de nouvelles rencontres et approfondir vos connaissances, qui sait, vous rencontrerez peut-être l’homme de votre vie à une soirée spéciale célibataire !
C’est décidé vous vous inscrirez dans un club de rire. Vous avez lu que les français ne rient pas assez, seulement 6 minutes par jour, une petite moyenne. Pourquoi se retenir quand c’est bon pour la santé et que ça retarde l’apparition de vos premières rides !
Vous boosterez votre libido surtout si vos vacances ont été torrides… Vous ne refuserez plus un petit câlin sous la couette et promis, juré, craché, vous redoublerez d’imagination pour entretenir la passion dans votre couple et rendre le quotidien un peu moins routinier.
Vous ferez le vide, dans vos têtes et placards et jetterez votre collection de sacs en plastiques.
Vous prendrez le temps d'éplucher les tomates et de regarder les beaux nuages tout-accrochés-au-ciel.
Vous aiderez votre prochain, c’est vrai quoi, ce n'est pas parce qu'autrui se conduit souvent comme un cochon qu'il faut lui ressembler. Chaque jour, vous chercherez (et trouverez) quelqu'un à aider : Une poussette à porter pour sortir du métro ou une anse de panier à soulager.
Vous n’aurez ni peur ni mal, ni vous vous plaindrez. Tout le monde est fatigué, tout le monde a des enfants ingrats, un chat qui met des poils sur le canapé, un mari qui passe plus de temps à chatouiller Google qu'à descendre la poubelle, un voisin qui pue du bec...
Et bien sûr … comme chaque année vous tiendrez ces résolutions huit jours avant que votre patron, votre jules et votre mère reprennent l’ascendant et vous relèguent dans vos névroses.
ü La plus professionnelle celle qui fixe un nouveau cap à votre carrière.
Vous reprendrez en douceur, préserverez l’avantage de votre exaltation des îles grecques et éviterez surtout, surtout, surtout le coup de stress du dimanche soir, au retour de l'aéroport.
D’ailleurs, Guiguite Saitoutmieuxquemoi, LA coach des cadres dirigeants, insiste là-dessus : «Dans la mesure du possible, mieux vaut utiliser le lundi comme sas de décompression et se remettre au travail le mardi».
Bref vous vous garderez une journée en roue libre, pratiquerez le «management by walking around» - qui consiste, en français dans le texte, à faire le tour des bureaux et à raconter une fois pour toutes vos petits plaisirs de vacancier.
Après seulement vous prendrez connaissance de votre courrier, des messages téléphoniques, des 500 courriels qui croupissent dans votre boîte aux lettres et des tonnes d’emmerdes qui vont avec. Surtout n’y répondez pas. «Il faut résister à la tentation, insiste Guiguite Saitoutmieuxquemoi, et profiter de cet entre-deux pour réfléchir à l'année qui s'annonce, définir ses priorités, repenser son organisation... En somme, tout ce que l'on remet à plus tard quand on a le nez dans le guidon.»
Au terme de ce mardi mise en jambe, vous leverez le camp à 18 h 30, quoi qu'il arrive. Et inviterez votre moitié au restaurant grec du coin, histoire de vérifier si les souvlakis ont le même goût que là-bas.
Vous prendrez du recul.
Quand vous étiez chez les Grecs, l'activité de votre entreprise ne s’est pas effondrée, d’ailleurs, le maigre comptable aux longues dents du quatrième ne sait même que vous étiez partie. Et puis vous n’avez pas envie de vous payer un infarctus comme votre boss qui en fait toujours des tonnes et pas que des efficaces.
Vous avez résolument décidé de réviser votre anglais en vous efforçant d’oublier votre mauvais accent : la French touch est charming. C’est le seul mot que avez compris quand le bel Anglais à la peau blanche vous reluquait les fesses...
Alors, cette année c’est sûr vous ne travaillerez plus le soir, ni le week-end.
Vous noterez vos idées dans votre petit carnet puis dans des classeurs et vous ressortirez le total le jour de votre réunion. Entre-temps vous oublierez tout. Si l'amnésie n'est pas votre fort, pour gagner du temps: vous définirez sous votre douche votre objectif de la journée, vous vous y attèlerez dès votre arrivée au bureau, vous laisserez sonner votre téléphone (la messagerie vocale, ça existe...) et, surtout, vous enverrez bouler votre chef s’il vous demande tout pour la veille.
Et comme chaque année au bout de douze jours, vous aurez des envies de meurtre, un douloureux réveil de votre ulcère d’estomac et un boulot de forçat sans être secondé, et même pas l’ombre d’un stagiaire à fustiger… pour cause, pour l'heure lui aussi coche une liste de livres à acheter.
Quant à moi, par ici, pas de nomenclature,
juste le plaisir de vous retrouver.
Quelques soient vos résolutions ... bonne rentrée à toutes et à tous
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04/08/2010
… Se reposer …
Je vous tire ma révérence jusqu’au 1er septembre…

D’ici là, barbotez, lisez, crapahutez, découvrez, dormez, écrivez, chantez, soyez heureux … adonnez-vous au superflu et à l’inutile, les vacances sont essentielles et destinées à tout ça !
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30/06/2010
L'été est revenu
Mon blog
se met en vacances,
![lemoncar[1].gif](http://www.lnwolffeugene.com/media/01/01/1703687598.gif)
il ne sera alimenté
qu’une fois par semaine,
chaque mercredi.
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Dès le 7 juillet
plein de surprises
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D’ici là portez-vous bien
et passez un bel été

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28/06/2010
Pariiiiiiiis …
Une petite semaine, où je n’aurais délaissé mon petit coin d’écriture que pour de belles et joyeuses retrouvailles et un programme culturel assez restreint.
Une après-midi consacrée à Françoise, coalisée de campagne luxembourgeoise, et à Beat Takeshi Kitano, artiste exposé à la Fondation Cartier.
Cinéaste, acteur, animateur d’émissions télévisées, comique, peintre, écrivain, Takeshi Kitano est un personnage hors du commun. S’il est célèbre dans le monde entier pour ses films, il jouit au Japon d’une popularité sans égale en tant que comique et homme de télévision. . Curieux de tout, passionné par la connaissance et sa transmission, il change de domaine et de vocabulaire avec autant d’aisance que de sérieux, passant de la violence à la comédie et de l’outrance à la retenue.
En créant Gosse de peintre, un projet kaléidoscopique dont la dimension autobiographique est évidente, Takeshi Kitano prend à contre-pied les principes mêmes de l’exposition. Il transforme le musée en parc d’attraction dans lequel il fait entrer tous les mondes de beat Takeshi Kitano.
La culture populaire et la réflexion scientifique, l’imaginaire, la satire, la tradition, la pédagogie, le beau et le kitsch s’y côtoient en un ensemble à la fois hétéroclite et complémentaire. Peuplée d’animaux imaginaires, d’inventions de toutes sortes, d’attractions et de réflexions, l’exposition de Beat Takeshi Kitano s’apparente à un immense autoportrait, une mise en forme de ses rêves, idées, fantasmes d’enfant et d’adulte. Elle est jalonnée de références au quartier de son enfance, de clins d’œil à des évènements de sa vie et même de son nom, qui apparaît à plusieurs reprises sur les décors et les objets.
Cette drôle et géniale exposition s’adresse aux enfants, tout en parlant aux adultes.
Lucian Freud au centre Pompidou - Considéré comme l'un des plus grands peintres vivants, l’occasion était trop belle.
Peintre britannique, né en 1922 à Berlin, petit-fils de Sigmund Freud, travailleur acharné du portraits et des autoportraits. Ses modèles vivants, souvent nus, aux chairs affaissées - rendues par des pâtes épaisses – sont souvent de ses proches, de ses amis, de sa famille, de peintre ou encore de la Reine d’Angleterre. L’exposition monographique au centre Beaubourg, la première en France depuis 1987, adopte un point de vue dynamique grâce à un fil conducteur, l’atelier.
Le visiteur est invité à pénétrer dans la méthode du peintre à travers quatre thèmes, ponctuant quatre grandes sections. Depuis ses « Intérieurs », terme désignant chez l’artiste l’atelier, Lucian Freud peint également des « Extérieurs », des vues sur son jardin ou des « factories ». la deuxième section, « Réflexion », expose une série d’autoportraits qu’il réalise de manière régulière. Puis viennent les « Reprises » des maîtres anciens, de Chardin à Cézanne. Enfin la partie « Comme la chair » nous fait entrer dans le processus de création du peintre et rassemble les portraits du performer Leigh Bowery ou de Big Sue, réalisations des années 1990-2000.
Mon appréciation de cette exposition est très mitigée.
En effet, pour ma part je lui préfère les admirables, terribles, angoissants nus viennois d’Egon Schiele et Kokoshka. Lucian Freud, c’est, avec un demi-siècle de retard et plus, un art beaucoup moins fort, moins bien, moins « nécessaire ». C’est, en revanche, tout ce qu’il y a de plus chic et trash, et c’est en plein dans l’air du temps, à commencer par ces modèles du peintre que sont, excusez du peu, feu Leigh Bowery, performer avant-gardiste (surnom Divine), la reine d’Angleterre en personne, la mannequin Kate Moss, le baron Thyssen; seul Damian Hirst, si vous voyez qui est cet homme, a décliné le privilège de poser.
Je trouve que Lucian Freud n’a rien inventé en matière de réalisme pictural relatif au corps humain et à la chair, ici complaisamment malmenés, torturés, déchus.
Personnages sans regard ou vide, ou les yeux clos, sans psyché, forclos sur eux-mêmes. Compulsion de répétition, chronicité plate, huis clos permanent dans l’atelier en désordre, dont nul sujet ne s’excepte, à une ou deux exceptions près.
Auto-citation permanente d’elle-même, sa peinture et ses sujets n’arrivent jamais à se renouveler et se dépasser pour s’inscrire dans un ordre relevant enfin du symbolique.
Que rajouter si ce n’est : bof, bof …
Pour me consoler, je me suis offert une visite approfondie du focus particulier sur les artistes femmes auxquelles le Musée national d’art moderne consacre de manière inédite une très large part de son parcours.
« elles@centrepompidou » se propose ainsi d’aborder la question des femmes dans l’art, de déployer et d’interroger l’hypothèse d’une histoire de l’art des artistes femmes, en rassemblant plus de 350 œuvres de 150 artistes.
Remarquable accrochage et très belles découvertes
Direction le quai Conti, à la Monnaie de Paris pour l’exceptionnelle exposition du photographe Willy Ronis.
Il faut savoir que l’un des plus illustres représentants du courant humaniste français de l'après-guerre, avait imaginé avec plaisir une grande exposition à Paris pour fêter ses cent ans en 2010.
Il a disparu depuis, mais on peut voir jusqu'au 22 août les nombreuses facettes de son oeuvre, images sociales, poétiques ou les deux, et images plus intimes.
L'exposition Willy Ronis, une poétique de l'engagement, rassemble quelque 150 photos.
Elle s'ouvre sur les aspects les plus connus du photographe.
A la fin des années 1930, il photographie le 14 juillet du Front populaire, la grève à l'usine Javel-Citroën, avec la célèbre Rosa Zehner qui harangue les grévistes. Cette photo oubliée avait été exhumée quarante ans plus tard pour devenir une image-icone.
Il y a les images de la liesse de l'après-guerre, Le Retour du prisonnier, qui embrasse une bonne soeur comme du bon pain. Les dockers et les mariniers sur la Seine.
Willy Ronis, proche du parti communiste, exprime ses préoccupations sociales dans son travail de photographe. Sans idéaliser le monde ouvrier, ni faire de misérabilisme il témoigne d'un Intérieur pauvre dans le 4e arrondissement de Paris, photographie les gueules noires à Lens ou le bidonville de Nanterre.
Il y a aussi des photos purement poétiques, le reflet de la colonne Vendôme dans une flaque, entre les pieds d'une fille, Paris sous la pluie la nuit. Ronis ne connaît pas encore Brassaï, il le rencontrera plus tard.
Willy Ronis a beaucoup photographié Paris et sa banlieue. Il a aussi voyagé à l'étranger. L'exposition montre des images d'un reportage effectué pendant cinq semaines en Allemagne de l'Est, pour l'association Echanges franco-allemands.
Il a aussi travaillé à Londres pour une revue suisse, fixant l'ambiance des pubs de Soho et de les lumières de la nuit. En voyage privé en Hollande, il a été frappé par les costumes traditionnels des femmes et des enfants. L'exposition montre encore des images de Prague, le pont Charles sous la pluie, de Moscou ou de New York.
A l'île de la Réunion, il capture en 1990 un instant magique et lumineux de lessive dans la rivière.
L'exposition se termine sur une note plus intimiste. Des photos privées de la femme du photographe, Anne-Marie, et de son fils Vincent. Dont le fameux Nu provençal: en vacances à Gordes, Willy Ronis n'avait pas imaginé que cette photo de toilette deviendrait si célèbre.
Il n'a pas photographié que sa femme.
Toute sa vie, au hasard des rencontres et des demandes, il a photographié des nus.
"La beauté du corps féminin m'a toujours impressionné", disait-il dans une interview au Nouvel Observateur au moment de la sortie de Nues, un livre réalisé avec Philippe Sollers.
Et la beauté de ces corps féminins, il a su la saisir avec beaucoup de respect et de délicatesse.
Sa dernière photo, en 2002, était un nu, avant qu'il raccroche son appareil photo. Les dernières années, il souffrait de douleurs, n'arrivait plus à marcher et avait préféré ne plus prendre de photos.
Willy Ronis aurait eu 100 ans le 14 août 2010.
Pui, puis, puis ... une soirée dédiée aux retrouvailles avec les amies de l’EBS … bon sang une sacrée paires d’années se sont écoulées et je crois bien que nos sentiments d’amitié sont plus vifs que jamais !

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23/06/2010
Chut…
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21/06/2010
La voix de l’engagement …

Johnny Clegg, l’artiste sud-africain le plus connu du grand public se produisait à Toulouse. Belle et dansante soirée que celle de jeudi dernier, passée sur la Prairie des Filtres, sur les berges de la Garonne, dans le cadre du festival Rio Loco.
Premier à avoir eu l’audace, dans l’Afrique du Sud ségrégationniste, de monter successivement deux groupes célébrant la mixité raciale, gueule sympathique, indéfectible militant pour un monde meilleur, Johnny Clegg a un sacré punch et mène un spectacle impeccable où s’illustre notamment, sa fidèle choriste-chanteuse (24 années de collaboration), Mandisa Dlanga.
Du haut de ma poubelle, avec contre moi deux enfants, je jouissais d'une vue imprenable, pour sûre, une place digne d’une loge VIP !
Et pour tous les inconditionnels du Zoulou blanc , voici une vidéo de la retransmission en live, opérée par Web Arte.
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18/06/2010
Les trucs qui gâchent la vie…
Depuis vingt minutes le petit tracteur-tondeuse hoquète sur la pelouse du Parc du Jardin Royal.
Quelques mères distribuent, imperturbables, du pain et du chocolat à leur nombreuse progéniture tandis que les canards, indifférents, s’ébattent bruyamment dans la mare.
Pourtant, la plupart des promeneurs dressent leurs oreilles vers les ratés de la mécanique.
Le jardinier opère des montées et descentes de son engin. Il se met à quatre pattes et tape contre le métal du moteur, il remonte en selle … ça repart puis ça s’arrête.
Je ne bouge plus et regarde cet employé municipal de plus en plus énervé. Je me sens comme figée, captivée par son agitation.
Arrive alors, un bonhomme sorti de nulle part qui se campe à mes côtés. Les mains dans ses poches, il assiste à la même scène et opine de la tête. Soudain, il se retourne vers moi et me dit :
« Ca n’a pas l’air de fonctionner. Mais aujourd’hui, de toute façon, la plupart des gens changent ce qui marche mal.
Moi, je n’arrive pas à me défaire des choses qui me gâchent la vie. D’abord je pique une colère contre elles, puis, je tente d’arranger le problème, de réparer.
Si je n’y arrive pas, si le bazar persiste, alors je m’efforce de m’en accommoder. En adoptant ce point de vue, on s’aperçoit que les objets et les êtres peuvent durer bien plus longtemps qu’on ne le croit.
On peut dire que c’est de la faiblesse, de la lâcheté, ou même de la bêtise, je suis d’accord.
Ce que je sais, c’est que, bien qu’elles me compliquent souvent l’existence, j’ai la même tondeuse depuis quinze ans, la même voiture depuis vingt et la même femme depuis vingt-cinq. »
Il s’est tu, je le regardais, et, il m’a gratifiée d’une énorme œillade.
Je crois bien que, subitement, les questions de mécanique lui étaient devenues carrément secondaires.
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16/06/2010
Escapade vigneronne
La route des Corbières nous a menée jusqu’au domaine de nos amis Laurence et Vincent, viticulteurs, producteurs-récoltants à Moux.
Leur domaine, Le prieuré Sainte Marie d’Albas s’étend sur 18 hectares et tient sa particularité de sa culture en terrasses, à l’ombre de la montagne de l’Alaric surplombant la vallée de l’Aude et les montagnes noires.
Les cépages s’épanouissent grâce au substrat argilo-calcaire du massif, au souffle du Cers Tramontane et d’un généreux soleil.
Vincent récolte ses raisins, présélectionnés lors des vendanges, à la main, puis ils sont vinifiés suivant une méthode qui extrait le meilleur du fruit.La sortie, toute dédiée à la découverte ainsi qu’à la dégustation des vins du domaine, a permis également à notre petit groupe d’irréductibles Alsaciens de Toulouse de se retrouver pour son pique-nique estival.
Arrivés la veille, nous avons profité de la bruyante ambiance des « Bandas » mobilisées à l’occasion de la fête du petit village, avant de nous jeter sur de délicieuses grillades préparées par Laurence sur un feu de sarments.

En avant-dégustation prévue le lendemain, Vincent nous a fait découvrir, en guise d’apéritif, son lumineux Rosé (50% Syrah, 50% Grenache) à la robe cuivrée et aux reflets violine. Un enchantement !
A table, il nous a régalé de Roches Grises (25% Syrah, 25% Mourvèdre, 25% Grenache, 25% Carignan), rouge grenat, élégant qui au nez déploie un arôme minéral puis de Terre Rouge (50% Syrah, 50% Grenache) vin à la robe noire, très profonde doté d’une belle complexité aromatique au nez où rivalisent les fruits rouges, le cassis écrasé, le poivre et des notes de garrigue et qui devient un vrai plaisir en bouche.
Dimanche a été consacré à une belle découverte du domaine, à pied, en passant par la curiosité incontournable de Moux : l’intriguant et magistral tombeau du poète Henry Bataille
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11/06/2010
Le pied de grue…
Promener son chien à une heure indue, en changeant d’itinéraire, est une sacrée aubaine pour des rencontres insolites.
Au détour d’une rue, une grue est dressée sur un camion-grue. A son sommet un énorme projecteur est braqué sur un écran qui masque une fenêtre. C’est superbe.
Je m’arrête, mon chien renifle les pieds d’un des gars du camion-grue. Il demande :
- Je peux le caresser ?
- Bien entendu
Mon chien se laisse faire, la truffe tendue vers lui. L’homme pose alors une fesse sur un capot de voiture tout en flattant la tête de mon labrador. Il poursuit :
- Vous savez ce qu’ils sont entrain de fabriquer là-haut ?
- Un film j’imagine.
- Oui. Une pub. Pour une marque de lingerie.
- Ah !
- Ouais une pub pour des petites culottes. Enfin, à ce qu’on m’a dit. Moi j’ai rien vu hein ? Je suis juste de la maintenance de la grue.
- C’est un sacré engin cette grue.
- Vous pouvez le dire. Un an de demande d’autorisation à la mairie. La rue bloquée deux jours à la circulation. Un flic 24 heures sur 24. Rien que pour le camion, on est trois. Et en haut, je vous raconte pas le pataquès. Je suis monté. J’ai vu, l’appart est magnifique. La pub, c’est censé être dans un décor de salle de bains. Vous savez ce qu’ils ont fait ? Comme la vraie salle de bain ne convenait pas, ils ont construit de A à Z une salle de bain gigantesque dans le salon.
C’est pas un peu dingue ça ? Alors on en est là, la grue, les équipes, le flic, tout le bazar, on bloque le quartier et on fout en l’air un appartement avec un décor qu’on aurait aussi pu construire en studio !
- C’est vrai que c’est un peu dingue…
- Oui, mais en même temps, pas tant que ça. Je me suis fait expliquer le truc. On croit que les grosses agences de pub, leur fric vient de la pub. En fait non. Elles ont un parc immobilier énorme. C’est ça, la vraie pompe à fric.
Alors ils amortissement en injectant l’argent de la pub dans l’immobilier, en faisant des opérations comme celle-là. Enfin bon, faut pas me demander les détails, ça me passe largement au-dessus, mais grosso modo, c’est ce que j’ai compris. Le résultat, c’est qu’on est là à faire le pied de grue. Hahahaha !
Il se tait un moment. Je tire doucement sur la laisse de mon chien pour reprendre ma route. Et puis avec une expression impayable, le regard en l’air, un sourire et une voix où l’émerveillement le dispute à la mélancolie, il ajoute :
- Et tout ça pour une petite nana à poil !
N'empêche que j’y ai repensé, à son regard au type … deux heures plus tard, en me déshabillant.
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