08/11/2011

MÂTIN

 

n.m

 

 

Vieilli - Race de chiens puissants; chien appartenant à cette race.

 

« À quelques pas de lui [Philippe IV, par Vélasquez], se tient assis sur son derrière une espèce de dogue ou de mâtin à pelage jaunâtre » (Gautier, Guide Louvre, 1872, p.113).

Employé comme adjectif. « Des piqueurs qui tenaient couplés huit énormes chiens mâtins, à l'œil sanglant, au poil hérissé, des chiens allemands qui ne chassent absolument que l'ours » (Ponson du Terr., Rocambole, t.5, 1859, p.448).

 

 

− En particulier : Gros chien employé à la garde des maisons ou des troupeaux.

 

« Les tables étaient jonchées de reliefs, de carcasses et d'os jamboniques qu'on eût dit déchiquetés par les crocs de mâtins charogneux » (Gautier, Fracasse, 1863, p.325).

 

01/11/2011

SYCOPHANTE

 

 

n.m

 

 

- Nom qu'on donnait dans Athènes aux dénonciateurs qui livraient aux passions de la foule les citoyens éminents et surtout ceux dont elle redoutait le plus la raison ou la vertu.

 

« Il y avait des gens à Athènes qui ne vivaient que de délations ; on les appelait sycophantes » LÉVESQUE, Instit. Mém. sc. mor. et pol. t. IV, p. 273.

 

 

 

2° - Aujourd'hui, fourbe, menteur, fripon, délateur, coquin.

 

« Sa personne étant ainsi faite [le loup habillé en berger], Et ses pieds de devant posés sur sa houlette, Guillot le sycophante approche doucement » LA FONT. Fabl. III, 3.

 

 

 

27/10/2011

COMPONCTION

 

n.f.

 

 

1.− Religion

 

 

A. Style biblique. Douleur, amertume.

 

 

« Tu nous as montré des choses dures, tu nous as abreuvés du vin de la componction » (Vulgate, Psaume LIX, 5 ds Claudel, Un Poète regarde la Croix, 1938, p. 95).

 

 

a. Terme de piété. Tristesse profonde éprouvée à l'idée d'avoir offensé Dieu. => contrition

 

«  Ce qu'elle disait à Dieu, nous le savons à peu près comme elle. C'étaient des retours pleins de sincérité et de componction sur les légères fautes qu'elle avait pu commettre dans l'accomplissement de ses devoirs, dans la journée... »  Lamartine, Les Confidences, 1849, p. 91.

 

 

− Emploi au pluriel, rare.

 

« Pendant ce temps-là, le marquis cherchait sa femme, car il était demeuré, lui, étranger aux componctions des neuvaines » (Boylesve, La Leçon d'amour dans un parc, 1902, p. 245).

 

 

 

B.− Usuel, littéraire :  Attitude de regret, d'humilité, de recueillement qui peut être affectée et ostentatoire. Un air de componction. => gravité. Antonyme : désinvolture.

 

« ... les gens parlaient de la guerre avec décence et componction. On aurait dit qu'ils revenaient d'un enterrement. » Sartre, La Mort dans l'âme, 1949, p. 59.

 

 

− [Concerne un ou des animaux] Rare.

 

« Quand les femelles (...) se rejoignaient aux ailes de la forêt (...) le Rouge plus volontiers, se tenait à côté du jeune mâle (...) ils cheminaient sagement, avec une componction d'anciens » (Genevoix, La Dernière harde, 1938, p. 49).

 

 

− Dans le domaine artistique, rare.  

 

« Dans la maison du Seigneur, (...) à cause de la componction, de la douceur de la musique, le plus zélé des chantres compila très utilement l'antiphonaire « centon » » (A. Gastoué, Les Orig. du chant romain, 1907, p. 86).

 

 

− Par ironie - Air solennel un peu ridicule, gravité exagérée.

 

« [L'avoué de la rue Murillo] collectionnait les vieux rouleaux de dictaphone, rouleaux auxquels personne ne pense et qu'il écoutait le dimanche après-midi avec componction comme d'autres écoutent le dimanche matin les sermons du Père Fessard à Notre-Dame ou les panégyriques du Père Riquet à la radio d'État. » Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 393.

 

25/10/2011

HOURD

 

n.m

 

 

Architecture

 

 

1. − Vieux. Estrade, échafaudage.

 

 

« On donnait aussi le nom de hourds à des échafauds que l'on dressait (...) pour permettre à des personnes de distinction de voir certaines cérémonies, des ballets ou des combats en champ clos. Ces hourds étaient alors (...) recouverts de riches étoffes, d'écussons armoyés, de peintures sur toile, de tapisseries » (Viollet 1875).

 

 

2. − Galerie de bois en encorbellement au sommet d'une tour ou d'une muraille.

 

 

« Les hourds en bois, puis les mâchicoulis en pierre appuyés sur des consoles leur permettent [aux châtelains du Moyen-Âge] d'écraser de projectiles l'assaillant » (Hourticq, Hist. Art, Fr., 1914, p. 91).

 

 

06/10/2011

ESSARTER

 

v.i.

 

 

Agriculture : Défricher une terre en arrachant et, éventuellement, en brûlant (les arbres et les broussailles avec les souches et les racines).

 

« Mais si, à l'exemple de tous les nouveaux colons, nous avons commencé par essarter des épines, aujourd'hui nous cueillons des fleurs et des fruits » (Crèvecœur, Voyage, t. 1, 1801, p. 82)

 

 

Vieux. Essarter des bois. = > Les éclaircir en arrachant les sous-bois et les épines

04/10/2011

BAUDROIE

 

n.f

 

 

Ichtyologie : Poisson de la famille des lophiidés, vivant dans l'océan Atlantique et la Méditerranée, appelé aussi diable ou crapaud de mer à cause de sa voracité, remarquable par la grosseur de sa tête et de sa gueule et par ses nageoires pectorales portées sur des moignons.

 

 

« La baudroie erre et semble un monstre chimérique » (Hugo, Dieu, 1885, p. 188).

 

02/10/2011

PREPOTENCE

 

n.f.

 

 

 

1. −Vieilli. Toute-puissance; exercice abusif d'un pouvoir absolu. => absolutisme, autoritarisme, despotisme, tyrannie.

 

 

« Le malheur de notre gouvernement c'est que tous ses agents sont trop disposés à la prépotence » (Mérimée, Lettres ctesse de Montijo, 1857, p.78).

 

 

 

2. Biologie : => Capacité d'un géniteur à transmettre ses caractères à sa descendance.

 

20/09/2011

CROUP

 

n.m

 

Localisation laryngée de la diphtérie pouvant entraîner la mort par asphyxie. Croup féroce; grande épidémie de croup; être atteint du croup, avoir le croup, mourir du croup.

 

 

« Les symptômes s'accusèrent (...) l'apparition des fausses membranes dans le larynx (...) la toux rauque et comme bestiale, ne purent laisser de doute (...). C'était le croup... » O. Feuillet, La Morte, 1886, p. 169.

 

 

 

− Par comparaison : « Le christianisme était à ce moment un enfant nouveau-né. Au sortir des langes (...) une sorte de croup des plus dangereux faillit l'étouffer » (Renan, Église chrét., 1879, p. 140).

 

 

 

− Spécifique : Faux croup, croup spasmodique. Laryngite striduleuse, moins grave que le croup proprement dit, et caractérisée par l'absence de fausses membranes.

 

 

« Daudet m'apprend que la petite Mémé a un faux croup, une laryngite striduleuse » (Goncourt, Journal, 1888, p. 842).

 

 

18/09/2011

ACHRONIE

 

n.f.

 

 

Philosophie : Caractère de ce qui se situe hors du temps, de la durée, du discontinu, et s'inscrit dans l'intemporel et le continu. Achronie intérieure. Sentiment d'absence de durée, d'intemporalité.

 

 

« Ce non-être de la durée, que mon vieillissement me rend sensible, fit aussi le drame d'Amiel; sa soif d'une « achronie intérieure », qui le libérerait de la division et de la dispersion intérieure, est profondément motivée par la condition humaine; son rêve d'intemporalité est vain, pour autant que c'est dans la durée qu'il nous faut créer et être fidèle; son mal du moins ne se ramène ni à une anomalie de caractère, ni à une erreur philosophique sur la signification du temps; car, à travers cette anomalie et cette erreur, Amiel a porté à son extrême point de lucidité la tristesse d'être durée. » P. Ricœur, Philosophie de la volonté, 1949, p. 427.