13/07/2010
Sur le Grill – été 2010
L’activité marquante de la Semaine …
Toulouse se vide peu à peu. C’est le moment de l’année que je préfère. Les villes délaissées se figent, le silence s’impose.
Temps béni où les gens filent au bord de la mer, sillonnent les sentiers de randonnées ou écrasent leurs mégots dans des pays lointains ; temps pour moi, dans les rues de ma ville presque déserte ; temps des cinémas inhabités ; temps des guinguettes ; temps des copains et des nouvelles rencontres.
♥ Si L'autre rive de George Ovashvili est programmé, dans une salle, près de chez vous, n’hésitez même pas une seconde, allez le voir.
Ce film est aussi bouleversant que désespérant. Il s’agit d’un très beau road-movie géorgien dont vous n'oublierez pas de sitôt le héros, un de ces gamins de cinéma incroyablement attachants.
L’histoire : Tedo a douze ans et vit seul avec sa mère dans une cabane des faubourgs déshérités de Tbilissi, la capitale géorgienne, après avoir fui, 8 ans plus tôt, l’Abkhazie (indépendante depuis 1992 après une guerre avec la Géorgie). Sa mère se prostitue pour survivre, lui est apprenti dans un garage. Il traîne pas mal avec d'autres gamins des rues et, pour récolter un peu d'argent dans l'espoir – vain – d'arracher sa mère à la prostitution, il aide son copain Tzupak à voler des portefeuilles. Jusqu’au jour où ce dernier se fait prendre…
Effrayé à l’idée d’être arrêté à son tour, découragé par la résignation mortifère de sa mère, il décide alors de prendre la route pour Tkvarcheli, en Abkhazie, afin d’y retrouver son père. Un voyage au-delà de la frontière, sur « l'autre rive », parsemé de rencontres à la fois violentes et tendres.
L’acteur au visage singulier observe, silencieux, l’immensité et la beauté des steppes géorgiennes ou des montagnes abkhaze mais ressent aussi la désolation des villes détruites, la cruauté d'un monde corrompu et violent. Dès qu'une menace approche, dès que la peur l'assaille, il ferme les yeux de toutes ses forces, comme s'il espérait devenir invisible, s'évader de cette réalité souvent insupportable… Ce qui ne l'empêche nullement d'être courageux à l'occasion, de s'interposer physiquement pour défendre plus faible encore que lui… À la fois d'une bonté sans nom et d'une pugnacité à toute épreuve.
Le réalisateur brosse ainsi un état de lieux de son pays à travers le regard encore innocent de Tedo. Un pays marqué par le conflit abkhazo-géorgien, la pauvreté, la corruption, l’intolérance ethnique.
D'une lucidité sans pitié, le film ne tombe pourtant jamais dans le misérabilisme, ni dans le pathos. Il est porté par une mise en scène remarquable d'ampleur, de sobriété et par une magnifique photographie.
♥ Allez voir ou revoir Les Moissons du ciel (Days of Heaven) de Terrence Malick film (réédition en copie neuve restaurée) de 1979 qui avait obtenu le Prix de la Mise en scène, Festival de Cannes 1979 et, la même année l’Oscar de la Meilleure photographie.
La beauté des images, composées par le grand Nestor Almendros, est incroyable. Irisées, chatoyantes, elles offrent une palette de couleurs invraisemblable, elles donnent à voir et à sentir : l'ombre passagère d'un nuage qui parcourt les champs à perte de vue, le souffle voluptueux de la brise sur les blés… C'est sensuel, c'est sublime… Cette beauté éthérée vient en contrepoint d'une histoire humaine, trop humaine, qui met en jeu tous les sentiments du monde, de l'amour à la cruauté.
L’histoire : Le film commence à Chicago, nous sommes en 1916. Bill est ouvrier dans une fonderie mais, après une altercation avec un contremaître, il est contraint de partir pour le Texas, avec sa compagne, Abby, et sa petite sœur, Linda. C'est la voix de l'enfant qui commente ce qui se passe à l'écran, comme si elle racontait une légende, une épopée peu à peu gagnée par la tristesse et le malheur. Car sous ses yeux se prépare une tragédie…
Le trio est engagé pour la moisson dans un grand domaine, Bill et Abby décident de circonvenir le fermier, un homme à la santé fragile et dont on dit les jours comptés, pour s'approprier sa fortune : pour cela, Abby devra se faire épouser… Mais la piètre machination se retournera contre ses instigateurs, et le destin ne fera pas de cadeau…
À l'image d'œuvres aussi fortes que Les Raisins de la colère, Les Moissons du ciel brosse un tableau saisissant de la grande agriculture au Texas au début du machinisme agricole. On voit la place grandissante que prennent les faucheuses, les batteuses alimentées par des chaudières à vapeur, leur pénétration vorace dans un paysage jusque là vierge de toute intrusion mécanique.
On vit les rapports sociaux dans ces grandes exploitations : l'importance symbolique de l'imposante demeure victorienne des maîtres, les relations patron-régisseur-saisonniers, le dur travail de ceux-ci, son caractère cruellement aléatoire, mais aussi les moments de détente et de fraternité…
Les Moissons du ciel exprime la nostalgie d'un paradis perdu, d'un rêve d'harmonie piétiné. A ce titre, il s'inscrit dans la lignée du grand cinéma américain traditionnel, tourné vers des valeurs oubliées, exaltant les grands espaces, plaçant l'homme dans la dépendance de quelque mystérieux et implacable destin.
Le message n'est pas farouchement progressiste.
Mais c'est tellement beau, et ample, et exaltant…
♥ Musique au jardin … ou le dernier des apéros-concerts avant la rentrée de septembre.
Dans la torpeur estivale de la terrasse adossée à la maison abritant le club le Mandala, accueillait samedi soir Compost [musique balkanique / musette] pour un répertoire titubant entre musiques des Balkans et musette revisitée ! Jahanguir Nazir fait partie du trio Valdingue (trad), et Florian Demonsant de Pulcinella (jazz) et Mala Cabeza (tango) ; ils ont joué ensemble pendant 4 ans avec le groupe tarnais Les Biodégradés (compos anachroniques), et c’est donc une petite retrouvaille en duo qu’ils s’octroient au Mandala ! Tout simplement géniaux ...
Et puis le concert de clôture de la saison … Abdu Salim comme à chaque fois, incroyable, charismatique et envoutant …
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Enfant et chien au balcon …
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♥ Coquillages … sans crustacés
Cette année, votre mission sera de flasher les cous …
fille, frère, père, fils, voisine, copine, ennemi, inconnu, call girl, garçon de café, pépé-mémé…
– je vous mets au défi de déclencher vos appareils photos sur les colliers de l’été 2010 –
Une seule condition : il est IMPERATIF que ce soit une enfilade de coquillages … une belle occasion de vous pendre à tous les cous !
Je compte sur vos clichés…
tiens, soyez meugnons … envoyez-les moi à l’adresse suivante :
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♥ L’été de Mouvimax : les aventures canadiennes vécues par Mouvimax au Canada ou ailleurs …
Il y a quelques années de cela, je "trippais" vélo. J'allais au travail en vélo, je passais mes vacances sur mon vélo à sillonner tout le Québec et la Côte d'Azur et j'étais de tous les événements cyclistes du Québec. J'avais mon vélo de route, mon vélo de montagne, mon vélo de cyclotouriste et même mon monocycle.
Les années ont passées, je suis déménagé sur une montagne à 100km de mon boulot, et, par la force des choses, petit à petit, ma vieille bécane, tristement, amasse la poussière dans mon sous-sol. C'est que même aller chercher une pinte de lait me demande 20km de routes pas plates du tout, presque dignes du Mont Ventoux (j'exagère si peu...).
C'est donc dire que j'hésite un p'tit peu à rouler. Ces dernières années se résument pas mal à embarquer le vélo dans le coffre de ma voiture, stationner en bas de la montagne, et me faire croire que je suis toujours cycliste.
En fait, j'ai très bien réussi ce point... dans ma tête tout du moins, je suis toujours l'Andy Shleck que j'étais il y a, oh, à peine 20 ans ?
Je regarde le Tour de France et je me vois très bien rouler avec le peloton, avec, évidemment, les étapes de montagnes en préférence... et quelques sprints finaux aussi. Je critique presque sans retenue les seconds lors des arrivées, et je donne des conseils à qui veut bien m'entendre de l'autre côté de l'écran télé.
Aujourd'hui, j'avais une réunion au centre-ville, à quoi, environ 5 km ? Je me suis dit que c'était le moment idéal pour faire la location d'un Bixi, l'équivalent Montréalais du VélôToulouse. Eh ben, faut que j'accepte que Lance Armstrong je ne suis plus !
Primo, j'ai toujours roulé avec casque. Clairement, y'en a pas avec les Bixis. Ensuite, sur ma moto, j'ai des rétroviseurs. Sur le Bixi, y'en a pas. Et quand vous avez des milliers d'automobilistes tous plus impatients les uns que les autres qui vous poussent dans le derrière et qui n'ont aucun respect pour les deux-roues, disons que ça ne donne pas vraiment le goût de sommeiller sur le guidon !
Bon, malgré tout, la forme est vite revenue, les côtes du retour ont été franchies avec bien plus de facilité que je craignais au départ et les trous des rues tous évités, ou presque.
Si j'ai trouvé l'expérience intéressante ? Oui. Sécuritaire ? Pas du tout, c'est impossible à Montréal. N'en reste que c'est un moyen de transport bien pratique pour se déplacer d'un point A à un point B, sans faire de détour.
Finalement, je suis encore en forme, et surtout, j'ai le goût de dépoussiérer mon vieux vélo.
Au fond, c'est un excellent constat.
Question mode... euh.... je ne m'y connais pas, mais c'est quoi qu'elles portent, les demoiselles au Tour de France qui remettent le prix au vainqueur des étapes ?
Des "Wet Suits" en néoprène trois points trop grands ?
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♥ Kitsch-Timbrée : aperçu de mes cartes postales kitsch… plus elles sont vilaines, plus je les aime (sauf celles remplies de grosses fesses et de poitrines)
Je les collectionne…
Si vous en avez quelques-unes, un petit scan par ici :

Ô so sexy, merci à Murielle A. –
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♥ A siffloter
ou un petit air de musique qui lancine toute la journée
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♥ Le mot de la semaine
Chaque semaine, je propose une thématique de citation – alors, si le cœur vous en dit… envoyez-moi la vôtre… lnwe.blog@gmail.com
Thème de la semaine : révolution
« Le costume étant le plus énergique de tous les symboles, la Révolution fut aussi... un débat entre la soie et le drap..»
Traité de la vie élégante - Honoré de Balzac
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♥ L’image-bonus de la semaine…

Sluuuurp
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♥ Mots de tête ou un peu de culture sur le transat…
Cet été, ne relâchez pas votre cortex …
Cultivez et moissonnez vos connaissances
(Réponse la semaine prochaine)
Quel est le plus ancien livre imprimé du monde ?
Réponse de la semaine dernière :
Question : Qui, quand et où, réserva « z » à la deuxième personne du pluriel des temps des verbes ?
Réponse : C'est Etienne Dolet, , à Paris, en 1545, dans "La manière de bien traduire", qui réserva "z" à la deuxième personne du pluriel des temps des verbes. (Cet usage ne devint régulier que deux siècles plus tard)
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Ma page sera mise à jour, UNE fois par semaine, tous les MERCREDIS
Et voilà, bon été à toutes et à tous
23:51 Publié dans Eté 2010 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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Commentaires
heureuse de voir que tu es toujours là!
Bonnes vacances en ville toulousaines.
J'y passerai parfois...
je suis aussi à la campagne ..
biz
christine
Ecrit par : christine | 18/07/2010
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