28/06/2010

Pariiiiiiiis …

Coind'ecriture.jpgUne petite semaine, où je n’aurais délaissé mon petit coin d’écriture que pour de belles et joyeuses retrouvailles et un programme culturel assez restreint.  

 

 

 

 

 

Fondation-Cartier.jpgUne après-midi consacrée à Françoise, coalisée de campagne luxembourgeoise, et à Beat Takeshi Kitano, artiste exposé à la Fondation Cartier.

 

Cinéaste, acteur, animateur d’émissions télévisées, comique, peintre, écrivain, Takeshi Kitano est un personnage hors du commun. S’il est célèbre dans le monde entier pour ses films, il jouit au Japon d’une popularité sans égale en tant que comique et homme de télévision. . Curieux de tout, passionné par la connaissance et sa transmission, il change de domaine et de vocabulaire avec autant d’aisance que de sérieux, passant de la violence à la comédie et de l’outrance à la retenue.

En créant Gosse de peintre, un projet kaléidoscopique dont la dimension autobiographique est évidente, Takeshi Kitano prend à contre-pied les principes mêmes de l’exposition. Il transforme le musée en parc d’attraction dans lequel il fait entrer tous les mondes de beat Takeshi Kitano.

La culture populaire et la réflexion scientifique, l’imaginaire, la satire, la tradition, la pédagogie, le beau et le kitsch s’y côtoient en un ensemble à la fois hétéroclite et complémentaire. Peuplée d’animaux imaginaires, d’inventions de toutes sortes, d’attractions et de réflexions, l’exposition de Beat Takeshi Kitano s’apparente à un immense autoportrait, une mise en forme de ses rêves, idées, fantasmes d’enfant et d’adulte. Elle est jalonnée de références au quartier de son enfance, de clins d’œil à des évènements de sa vie et même de son nom, qui apparaît à plusieurs reprises sur les décors et les objets.

 

Cette drôle et géniale exposition s’adresse aux enfants, tout en parlant aux adultes.

 

Fondation-Cartier-detail.jpg Fondation-Cartier-detail1.jpg
Françoise.jpg  Mimoulegauffres.jpg
 

 

 

EXP-LUCIANFREUD2.jpgLucian Freud au centre Pompidou - Considéré comme l'un des plus grands peintres vivants, l’occasion était trop belle.

 

Peintre britannique, né en 1922 à Berlin, petit-fils de Sigmund Freud, travailleur acharné du portraits et des autoportraits. Ses modèles vivants, souvent nus, aux chairs affaissées - rendues par des pâtes épaisses – sont souvent de ses proches, de ses amis, de sa famille, de peintre ou encore de la Reine d’Angleterre. L’exposition monographique au centre Beaubourg, la première en France depuis 1987, adopte un point de vue dynamique grâce à un fil conducteur, l’atelier.

 

Le visiteur est invité à pénétrer dans la méthode du peintre à travers quatre thèmes, ponctuant quatre grandes sections. Depuis ses « Intérieurs », terme désignant chez l’artiste l’atelier, Lucian Freud peint également des « Extérieurs », des vues sur son jardin ou des « factories ». la deuxième section, « Réflexion », expose une série d’autoportraits qu’il réalise de manière régulière. Puis viennent les « Reprises » des maîtres anciens, de Chardin à Cézanne. Enfin la partie « Comme la chair » nous fait entrer dans le processus de création du peintre et rassemble les portraits du performer Leigh Bowery ou de Big Sue, réalisations des années 1990-2000.

 

Mon appréciation de cette exposition est très mitigée.

En effet, pour ma part je lui préfère les admirables, terribles, angoissants nus viennois d’Egon Schiele et Kokoshka. Lucian Freud, c’est, avec un demi-siècle de retard et plus, un art beaucoup moins fort, moins bien, moins « nécessaire ». C’est, en revanche, tout ce qu’il y a de plus chic et trash, et c’est en plein dans l’air du temps, à commencer par ces modèles du peintre que sont, excusez du peu, feu Leigh Bowery, performer avant-gardiste (surnom Divine), la reine d’Angleterre en personne, la mannequin Kate Moss, le baron Thyssen; seul Damian Hirst, si vous voyez qui est cet homme, a décliné le privilège de poser.

Je trouve que Lucian Freud n’a rien inventé en matière de réalisme pictural relatif au corps humain et à la chair, ici complaisamment malmenés, torturés, déchus.

Personnages sans regard ou vide, ou les yeux clos, sans psyché, forclos sur eux-mêmes. Compulsion de répétition, chronicité plate, huis clos permanent dans l’atelier en désordre, dont nul sujet ne s’excepte, à une ou deux exceptions près.

Auto-citation permanente d’elle-même, sa peinture et ses sujets n’arrivent jamais à se renouveler et se dépasser pour s’inscrire dans un ordre relevant enfin du symbolique.

 

Que rajouter si ce n’est : bof, bof …

 

 

 

EllesMontage.jpgPour me consoler, je me suis offert une visite approfondie du focus particulier sur les artistes femmes auxquelles le Musée national d’art moderne consacre de manière inédite une très large part de son parcours.

« elles@centrepompidou » se propose ainsi d’aborder la question des femmes dans l’art, de déployer et d’interroger l’hypothèse d’une histoire de l’art des artistes femmes, en rassemblant plus de 350 œuvres de 150 artistes.

 

Remarquable accrochage et très belles découvertes

 

Sylvie-Fleury---Tableau-n°1.jpg Sylvie Fleury, Tableau n°1, 1992
April-Greiman---Does-it-mak.jpgApril Greiman, Does It Make a Sens ?, numéro spécial de Design Quarterly n° 133, 1986
Sylvie-Fanchon---sans-titre.jpgSylvie Fanchon, Sans Titre, 2001

 

 

WillyRonis.pngDirection le quai Conti, à la Monnaie de Paris pour l’exceptionnelle exposition du photographe Willy Ronis.

 

Il faut savoir que l’un des plus illustres représentants du courant humaniste français de l'après-guerre, avait imaginé avec plaisir une grande exposition à Paris pour fêter ses cent ans en 2010.

 

Il a disparu depuis, mais on peut voir jusqu'au 22 août les nombreuses facettes de son oeuvre, images sociales, poétiques ou les deux, et images plus intimes.

 

L'exposition Willy Ronis, une poétique de l'engagement, rassemble quelque 150 photos.

Elle s'ouvre sur les aspects les plus connus du photographe.

 

A la fin des années 1930, il photographie le 14 juillet du Front populaire, la grève à l'usine Javel-Citroën, avec la célèbre Rosa Zehner qui harangue les grévistes. Cette photo oubliée avait été exhumée quarante ans plus tard pour devenir une image-icone.

Il y a les images de la liesse de l'après-guerre, Le Retour du prisonnier, qui embrasse une bonne soeur comme du bon pain. Les dockers et les mariniers sur la Seine.

 

Willy Ronis enfants.jpgWilly Ronis, proche du parti communiste, exprime ses préoccupations sociales dans son travail de photographe. Sans idéaliser le monde ouvrier, ni faire de misérabilisme il témoigne d'un Intérieur pauvre dans le 4e arrondissement de Paris, photographie les gueules noires à Lens ou le bidonville de Nanterre.

Il y a aussi des photos purement poétiques, le reflet de la colonne Vendôme dans une flaque, entre les pieds d'une fille, Paris sous la pluie la nuit. Ronis ne connaît pas encore Brassaï, il le rencontrera plus tard.

 

Willy Ronis a beaucoup photographié Paris et sa banlieue. Il a aussi voyagé à l'étranger. L'exposition montre des images d'un reportage effectué pendant cinq semaines en Allemagne de l'Est, pour l'association Echanges franco-allemands.

Il a aussi travaillé à Londres pour une revue suisse, fixant l'ambiance des pubs de Soho et de les lumières de la nuit. En voyage privé en Hollande, il a été frappé par les costumes traditionnels des femmes et des enfants. L'exposition montre encore des images de Prague, le pont Charles sous la pluie, de Moscou ou de New York.

A l'île de la Réunion, il capture en 1990 un instant magique et lumineux de lessive dans la rivière.

 

Willy Ronis nu.jpgL'exposition se termine sur une note plus intimiste. Des photos privées de la femme du photographe, Anne-Marie, et de son fils Vincent. Dont le fameux Nu provençal: en vacances à Gordes, Willy Ronis n'avait pas imaginé que cette photo de toilette deviendrait si célèbre.

Il n'a pas photographié que sa femme.

Toute sa vie, au hasard des rencontres et des demandes, il a photographié des nus.

"La beauté du corps féminin m'a toujours impressionné", disait-il dans une interview au Nouvel Observateur au moment de la sortie de Nues, un livre réalisé avec Philippe Sollers.

Et la beauté de ces corps féminins, il a su la saisir avec beaucoup de respect et de délicatesse.

 

Sa dernière photo, en 2002, était un nu, avant qu'il raccroche son appareil photo. Les dernières années, il souffrait de douleurs, n'arrivait plus à marcher et avait préféré ne plus prendre de photos.

Willy Ronis aurait eu 100 ans le 14 août 2010.

 

 

 

Pui, puis, puis ... une soirée dédiée aux retrouvailles avec les amies de l’EBS … bon sang une sacrée paires d’années se sont écoulées et je crois bien que nos sentiments d’amitié sont plus vifs que jamais !

 

 
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 Girls1.jpg

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