26/05/2010
Compendium…
d’une sacrée huitaine !
Bordeaux, en première partie avec ses façades fastueuses, ses chartreuses bourgeoises, le fleuve et ses quais emblématiques, ses chais et … l’Entrepôt Lainé.
Avant la révolution, lieu prospère où siègent de riches armateurs qui ont fait leur fortune dans le négoce et l’armement maritime, le lieu au début du XIX, sera voué à être un entrepôt régit par les Douanes et la Chambre de Commerce. Dans les années 60, ayant perdu de son utilité, il est définitivement fermé et menacé de destruction.
Un groupe de bordelais opposés à sa démolition proposeront de le reconvertir en un lieu culturel. En 1974, après quelques expositions nomades, Le Centre d’Arts Plastiques Contemporain (CAPC) s’y installe définitivement.
Rapidement reconnu en tant que lieu pilote de réflexion autour de la création contemporaine en France, il deviendra un musée d’Art contemporain en 1984.
J’ai été très impressionnée par l’aspect envoutant de l’édifice. La mémoire graphique de la pierre et du bois, signatures et dates accumulées au cours du temps se mélangent savamment à des matériaux neutres tels le stuc et le béton.
Jim Shaw y expose jusqu’à fin septembre une quinzaine de peintures figuratives exécutées sur d’anciens fonds de scène. Les dimensions sont extraordinaires et rappellent la démesure pompière de la peinture académique du 19e siècle.
Sur ces décors peints, les motifs ajoutés par l’artiste lévitent telles des apparitions. Inspiré par la technique du « cut-up » de l’écrivain de la Beat Generation William Burroughs, Jim Shaw accumule les sources iconographiques hétérogènes et superpose des langages visuels antithétiques (de l’abstraction à l’hyperréalisme, en passant par le schématisme de l’illustration), nous plongeant dans un univers narratif halluciné, saturé de références.
Jim Shaw reste bien une personnalité atypique du monde artistique californien et désire, avant tout, produire une œuvre plastique immersive, explorant le côté obscur de la psyché américaine.
------------
Après deux heures trente d’autoroute … la plage !
San Sebastian, et son imprenable vue de notre chambre d'hôtel... sa plage et l'océan bien moins que tiède ... ses couchers de soleil ...
Bien entendu, et pour la seconde fois, un détour par Bilbao et le Musée Guggenheim s’imposait comme une évidence.
La « carpe » de Frank Gehry est restée immuable, lumineuse et étonnante.
La programmation, outre deux présentations de la Collection Permanente, s’appuie sur deux expositions temporaires, celle de Robert Rauschenberg « Gluts » et celle, très exceptionnelle d’Anish Kapoor.
Après avoir fait escale la Peggy Guggenheim de Venise et au Musée Tinguely de Bâle, l’exposition s’attache aux obsessions de Robert Rauschenberg : réutiliser, recycler, améliorer trouver de nouveaux usages.
Ce groupe d’œuvres baptisés « Gluts » (1986-89 et 1991-95) – assemblages d’objets trouvés, métalliques pour la plupart -, constituent sa dernière série de sculptures. Pendant pratiquement une décennie, Rauschenberg a fréquenté la décharge de Gulf Iron and Metal Junkyard, dans la banlieue de Ford Myers (Floride), près de Captiva Island où il avait sa maison et son atelier. Là-bas il ramassait des objets métalliques tels que des tableaux de bord de voitures, des panneaux de circulation, des roues de vélos, des tuyaux d’échappement, des calandres, etc. qu’il organisait ensuite en assemblages marqués au coin d’un lyrisme teinté d’humour. « J’éprouve de la sympathie pour les objets abandonnés, je fais donc de mon mieux pour les sauver» disait-il.
Les « Gluts » retenus pour cet accrochage sont grands et complexes et illustrent l’originale dynamique entre sculpture et peinture qui a défini ce grand artiste américain.
Grande exposition individuelle que celle consacrée au travail d’Anish Kapoor !
L’artiste est l’un des sculpteurs les plus influents du panorama artistique international.
Kappor a commencé à attirer l’attention au début des années 1980 à partir de son exploration de la forme sculptée abstraite et de son jeu sur le volume, l’échelle, la couleur et la matérialité. Connu pour ses recherches sur le concept du vide, il a élargi avec ses sculptures, ses installations monumentales et ses projets artistiques publics pour extérieurs le langage de l’art post-minimaliste.
L’exposition que présente le Musée Guggenheim Bilbao offre quelques-unes des séries sur lesquelles Kapoor a travaillé depuis 1979, caractérisées par le recours aux matériaux tactiles ou hautement réfléchissants : pigment pur et brillant, cire de couleur rouge-sang, fibre de verre peinte, pierre, acier inoxydable poli et, dernièrement ciment.
La matérialité et le processus de réalisation sont au cœur du travail de kapoor, qui s’en sert pour aller au-delà de al solidité de ce que nous voyons et pour donner à expérimenter une profondeur perceptive et symbolique.
Selon l’artiste, « le matériel conduit toujours à quelque chose d’immatériel. »
Dans Shooting into the Corner, 2008-09, récente et spectaculaire installation, un canon manœuvré par un assistant, projette d’énorme quantités de cire rouge dans la galerie, faisant du musée un lieu secoué de violentes explosions et envahi de dramatiques fumerolles.
----------
Dernière étape et fascinante découverte que celle du Museo Chillida-Leku.
Ce lieu est l’accomplissement d’un rêve auquel a longtemps aspiré Eduardo Chillida : la création d’un espace sur mesure pour son œuvre, où cette dernière puisse être exposée.
A dix minutes de San Sebastian, me voilà immergée dans le travail de l’artiste, si précieux à mes recherches et à mon inspiration personnelles.
Ce musée est un témoignage fidèle de l’évolution et du parcours du sculpteur pendant 50 ans …
A l’extérieur, des sculptures en granit, en acier corten ou en béton sont installées de manière stratégique.
Certaines monumentales comme Lotura XXXII de 56,5 tonnes ou Buscado la luz I de 12 mètres de haut. D’autres plus petites sont semblables les unes aux autres, et appartiennent à des séries de sculptures nées du désir de l’artiste de répondre à des questions sur l’espace, le temps, l’échelle, la limite ou le vide.
A l’intérieur de cet édifice typiquement basque, se crée une sensation de spatialité et de tranquillité. Les clés de la restauration de la ferme – la simplicité apparente, la nature, la manière d’intégrer son propre concept de construction et d’espace, ou la spiritualité qui y est perceptible – sont également certains des traits marquants de l’œuvre d’Eduardo Chillida, dont le questionnement fondamental est la limite entre la matière et l’espace.
Y sont représentées des pièces datant des débuts artistiques de l’artiste à la fin des années quarante : dessins figuratifs et œuvres plus abstraites du début des années cinquante.
-------------
Un album photo, plus complet, sera très bientôt à votre disposition … trois, quatre clic, plus bas sur votre droite -
00:48 Publié dans Au quotidien | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
|
|
del.icio.us
|
|
Digg |
Facebook




































Commentaires
apparemment la fugue fut enchanteresse.
Ravie de te retrouver !
à +, ou plutôt à -.
Biz
christine
Écrit par : christine | 26/05/2010
Écrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.