30/04/2010
Max
Il y a un moment que Max vit dans le quartier, sous un escalier, avec sa copine Josiane.
L’autre jour il m’a expliqué comment désacidifier une choucroute ou une tomate farcie et comment récurer sans effort une casserole encrassée, le tout grâce à de savantes et ponctuelles addition d’eau froide. Il a fait deux ans de formation de cuisine.
Josiane n’était pas là, ces jours-ci.
Elle doit revenir ce soir ou demain de sa Normandie. Son divorce a enfin été prononcé. Max ne l’accompagne pas là-bas, s’il voyait l’ex, il serait fichu de le planter. Ce con-là a détourné de l’argent qui revenait à Josiane et n’a pas payé certaines factures, qui aujourd’hui, interdisent à Josiane de prétendre au RMI.
Max s’émeut. Qu’est-ce qu’il ferait sans elle ? Quelle chance il a de l’avoir ! Il y a bon temps qu’il aurait coulé à pic si elle ne le maintenait pas. C’est à elle qu’il doit de tenir le coup face au cancer, de s’habiller comme ça, pantalon en velours côtelé, veste en laine.
Elle est merveilleuse. Il l’aime. C’est pas qu’on ait besoin d’une femme tout le temps. On a besoin d’une femme dans les coups durs. C’est là elle repêche l’homme.
Le lendemain, il la retrouve et elle l’agace. Je le vois, exaspéré, à ses côtés, il houspille et la raille.
- Il est méchant, me dit Josiane.
Max n’écoute pas et enchaîne :
- Tu sais, il y a plusieurs façons de faire la manche. Il y a le tapecul, ça consiste à rester en place comme je fais devant l’église et à tendre la main. Le grand Albert croit que je suis bon qu’au tapecul mais je l’ai bien mouché plusieurs fois. Lui, il fait aussi la rencontre, c’est-à-dire aborder les gens. Sur les Allées, par exemple. Il faut choisir les gens un peu tristes qui marchent en regardant le sol. Ceux-là, à tous les coups ils donnent. Et puis il y a les poubelles et la revente à Saint-Sernin.
Pendant qu’il me parle de ça, passe un Africain en costume-cravate qui le salue.
- Alors pas encore roi ? lui balance Max
- Je serai roi le jour où tu seras président !
- Bon, ben pas cette semaine mais l’autre, lui répond Max.
Alors, Josiane s'est mise à rigoler, à rigoler ... la gorge déployée.
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8
Beaucoup, peu, suffisamment ou déraisonnablement
avec ou sans intérêt…
les chiffres vous parleront
chaque vendredi…
Une façon de vous rendre quelques comptes…

8 millions - C'est le nombre de personnes qui vivent en France avec moins de 908 euros par mois. Même si ce niveau est stable depuis dix ans, la situation des plus vulnérables s'est "dégradée" et risque de s'aggraver avec la crise, selon le sixième rapport de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale.
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Billet d'humeur du Québec
La Chronique de Mouvimax
A mercredi
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J’écoute – Band of Horses - «No One's Gonna Love You»
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Confession intime
Je ne me rappelle les moments où nous ne parlions pas. Des sommeils.
Je me souviens de la douceur qui suivait ses exaltations. Des flamboiements.
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CONFLAGRATION
n.f
1.− Incendie, embrasement, déflagration d'une grande vigueur et d'une grande étendue. Immense conflagration; conflagration effroyable, céleste.
« Conflagrations dévorantes que nos chasseurs allument au milieu des plaines herbées » (Crèvecœur, Voyage dans la Haute Pensylvanie, t. 2, 1801, p. 99)
− En particulier : Conflagration de l'univers, universelle, ... Fin du monde par le feu -
« La plus terrible des catastrophes imaginables, la conflagration de l'univers, que pourrait-elle être autre chose que le pétillement, l'éclat et l'évaporation d'un grain de poudre à la chandelle ? » J. Joubert, Pensées, t. 1, 1824, p. 143.
2.− Par métaphore ou au figuratif.
A. [L'idée dominante est celle de cataclysme, de grand bouleversement dévastateur]
a) [Au plan humain] Profond bouleversement sociopolitique d'une ou de plusieurs nations; en particulier déclenchement d'un conflit armé où de nombreux pays sont engagés
« Depuis la fin de la dernière guerre, l'unique alternative à une nouvelle conflagration est un plan de développement mondial. » Perroux, L'Écon. du XXe s., 1964, p. 276.
- Conflagration européenne, générale, mondiale, universelle; menace de conflagration, symptômes d'une conflagration future; amener une grande conflagration.
b) [Au plan abstrait] Rare. - Bouleversement, conflit
« ... j'en arrive presque à me demander... si les guerres ne seraient pas plutôt le résultat d'un obscur, d'un indomptable conflit de passions, auquel la conflagration des intérêts servirait seulement d'occasion, de prétexte... » R. Martin du Gard, Les Thibault, L'Été 1914, 1936, p. 608.
B. [L'idée dominante est celle de déflagration, d'explosion; au plan abstr.]
« Étonnez-vous après cela, (...) de la soudaine conflagration de tous ces griefs accumulés et de ces scènes de ménage (...) de cette furie déchaînée... » Claudel, Un Poète regarde la Croix, 1938, p. 225.
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29/04/2010
«L’Horizon» – Patrick Modiano – Editions Gallimard
«… longtemps, il avait pensé que Margaret était morte. Il n’y a pas de raison, non, il n’y a pas de raison.[…] Mais il éprouvait pour une fois revenu à l’endroit exact d’où il était parti un jour, à la même place, à la même heure et à la même saison, comme deux aiguilles se rejoignent sur le cadran quand il est midi. Il flottait dans une demi-torpeur en se laissant bercer par les cris des enfants du square et le murmure des conversations autour de lui. …»
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| Tags : «l’horizon», patrick modiano |
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27/04/2010
Si vous êtes mère de famille, circulez !
A en croire certaines de mes copines, chercher ou rechercher du travail quand on est mère de famille tient souvent de la gigantomachie.
Ben ouaip … il semblerait qu’un utérus et deux ovaires en parfait état de marche fassent terriblement peur à certains recruteurs.
Ben ouaip … une mère qui gère le quotidien de ses petits : courses, scolarité, maladies, foot, piano, kermesse, première cuite et peine de coeur devient subitement une vraie brèle quand, dans une entreprise, on lui demande quasiment d’assumer le même genre de mission : gérer, hiérarchiser, décider et régler.
Je me suis demandée comment cela pouvait se passer hors nos murs gaulois et j’ai découvert le cas de cette Américaine, Kiki Peppard, grand-mère de 55 ans et qui, bien malgré elle, est devenue une figure de proue du féminisme aux Etats-Unis.
Voilà, Kiki est standardiste en Pennsylvanie et se dit, comme des millions de femmes, victime du « profilage maternel ».
Cette forme de discrimination à l’emploi pratiqué à l’encontre d’une femme qui a ou aura des enfants a atteint les proportions d’une épidémie qui ne cessent de s’étendre.
Kiki Peppard milite depuis quatorze ans pour faire interdire cette pratique dans son Etat –sans succès jusqu’à présent.
En 1994 quand, après sa séparation d’avec son mari, elle a quitté l’Etat de New York pour s’installer en Pennsylvanie. Elle a passé dix-neuf entretiens d’embauche, essuyant refus sur refus parce qu’elle était une femme qui élevait seule ses deux enfants, alors âgés de 14 et 11 ans. « La première question était invariablement : « êtes-vous mariés ? » La deuxième : « Avez-vous des enfants ? » Et l’entretien s’arrêtait là », se souvient-elle.
Après avoir vécu durant un an de prestations sociales, elle a fini par décrocher un emploi de secrétaire dans un lycée où l’on ne lui a posé aucune question sur ses responsabilités maternelles.
C’est difficile à croire, mais il est parfaitement légal, dans 28 Etats américains, de poser ce genre de questions lors d’un entretien d’embauche !
En France, ce type de questions est parfaitement interdit par la loi et toute candidate écartée à la possibilité de se retourner contre l’employeur pour discrimination.
Ne soyons pas naïfs, la pratique existe quand même. Puisqu’en 2007, selon une enquête réalisée par la Commission pour l’égalité des droits de l’homme, 70 % des agences de recrutements se sont vu demander par leurs clients d’éviter d’embaucher des femmes enceintes ou susceptibles de l’être.
Sans compter que, plus que toutes autre catégorie de personnel, les mêmes sont victimes de discriminations sur leur lieu de travail.
Celles qui ont des gamins de moins de 11 ans ont 45 % de chances en moins d’avoir un emploi que les hommes, et ce chiffre grimpe à 49 % pour les mères célibataires.
Evidemment, ce type de comportement a toujours existé, mais certaines espèrent aujourd’hui qu’en lui conférant un nom à forte charge émotionnelle, le problème sera plus visible et mieux reconnu.
Tout comme l’expression « harcèlement sexuel » a provoqué des changements culturels et législatifs majeurs, on peut espérer que le même phénomène se reproduira si l’expression « profilage maternel » se généralise.
Pour en revenir à Kiki Peppard, elle n’a jamais oublié l’humiliation ressentie lorsqu’elle devait présenter des coupons alimentaires aux caisses des supermarchés pendant toutes ces années où elle cherchait du boulot.
Sa dernière tentative pour faire adopter une loi a échoué en novembre 2007. « Au début, je me motivais en me disant que j’y arriverais avant l’entrée de ma fille sur le marché du travail, soupire-t-elle. Aujourd’hui, je pense à ma petite-fille ».
Mon avis
Sachez, les filles, que nous sommes
des atomes jetés dans le gouffre sans fond de l'infini.
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Rodsbot, base de données bizarre de Google Maps
L’inédit, la nouveauté, l’utile ou le futile
chaque mercredi…
mes trouvailles sur la toile…

Rodsbot.com est une étrange base de données qui recense les photos aériennes les plus curieuses de Google Maps, le célèbre service gratuit de cartes géographiques en ligne. Chaque jour, de nouveaux clichés sont ajoutés et le site cumule déjà près de 2 000 paysages étranges.
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Billet d'humeur du Québec
Mon grand-père était un homme rude et costaud. Autoritaire, pour moi, il était le pilier de la famille... hé, c'était le père de mon père après-tout !
Solide comme le rock, il avait travaillé sur les chemins de fer... il avait des mains grosses comme ça, mais il n'aurait jamais fait de mal à une mouche... et je l'adorais !
Un jour, je l'ai vu pleurer...
Trop jeune, je ne comprenais pas la raison de ces larmes qui allaient à tout jamais donner le droit aux miennes de se manifester. Une histoire d'enfant malade ou battu. Il y avait aussi un curé. Un "salaud" de curé. Je n'ai jamais demandé.
Les propos que je vais tenir dans ce texte, ce sont les miens. C'est mon opinion personnelle et si vous n'êtes pas de mon avis, eh bien peut-être même que c'est tant mieux.
Je ne dis pas ça pour choquer, loin de là. C'est juste que je trouve ça bien correct qu'on puisse avoir des opinions qui nous sont propres et qu'on puisse en discuter sans se voiler...
Curieuse intro, quand même, pour une critique de livres, pas vrai ?
Récemment, j'ai lu ces deux romans... "The Shack" de William P. Young et "The Lovely Bones" d'Alice Sebold.
Le premier est présenté comme un best seller, un livre à lire absolument, bref, une des meilleures critiques selon le USA Today et le NY Times.
Le second, aussi un best seller, a plutôt fait l'objet d'une controverse...
Même histoire, abominablement triste, du drame vécu par les proches d'une fillette lâchement assassinée.
"The Shack" : Le père est anéanti, mais fait une rencontre avec Dieu. Au bout du compte, il comprend que c'est le destin et qu'on ne peut rien y faire. Mieux encore, il fini par comprendre et pardonner. Encore plus, cette rencontre est tellement belle qu'il est heureux et que l'assassinat de sa fille est ce qui pouvait lui être arrivé de mieux. Un peu plus et on se fait souhaiter de voir nos enfants torturés et tués, que c'est peut-être la meilleure façon d'atteindre le bonheur, le vrai. Une histoire avec des étoiles qui sont des âmes et avec un vrai American Jesus et sa gang qui vivent dans une cabane isolée.
"The Lovely Bones" : L'histoire est racontée par la victime, Susie Salmon, qui se retrouve dans un paradis bien à elle. Elle observe sa famille et ses amis qui doivent continuer à vivre malgré le chagrin. Elle constate la chute de l'union de ses parents, et découvre qu'une camarade de classe arrive à ressentir sa présence et est bouleversée par son départ. Elle arrive à influencer légèrement la vie des gens qu'elle aime afin qu'ils puissent malgré tout arriver à une vie heureuse. Elle devient une sorte d'ange gardien. L'auteure, Alice Sebold, arrive à trouver les mots sur ce que nous ressentons vraiment face à la mort mais que nous n'arrivons jamais vraiment à expliquer. Immensément triste (j'ai eu les yeux mouillés plusieurs fois) et parfois drôle, "The Lovely Bones" est l'œuvre d'une auteure qui ne l'a pas eu facile mais qui est quand même arrivé à s'en sortir (Alice Sebold a elle-même échappé de près à la mort lors d'un viol alors qu'elle revenait chez elle après l'école. Elle est ensuite tombée dans la drogue, l'empêchant de terminer ses études).
J'ai trouvé "The Shack" d'une parfaite nullité.
Je n'arrive pas à croire que tant de gens ont aimé à ce point... mais voilà... au début ignoré par la critique, il a finalement été remarqué par les mouvements chrétiens américains. Remués par cette nouvelle histoire de Dieu et de Jésus, ils s'en sont férocement emparés et ont (probablement) fait augmenter les ventes artificiellement à grands coups de critiques littéraires, d'entrevues et d'émissions ayant pour but de le faire connaître ! Hey ! Une histoire moderne où la religion explique les horreurs de la vie, le morceau est trop beau pour être ignoré. Wow !!!! Expliquons tout par la religion est soyons heureux si Dieu tue nos enfants pour nous faire connaître son message. DE QUOI ????? À vomir...
À son époque, en 2002, "The Lovely Bones" tombait dans la controverse, alimentée par des groupes religieux similaires. C'est que, dans le paradis de Susie Salmon, il n'y a pas de Dieu. À notre mort, nous retrouvons "naturellement" ceux qui sont partis avant nous, comme un simple prolongement, très beau, de la vie telle qu'on la connaît. Le livre donne espoir. Lors qu'on lit ses tout derniers mots, on se sent bien et réconfortés. On veut y croire, même que si si, c'est très crédible.
Sauf que les curés de mon grand-père, ils n'auraient pas aimés !
Après tout, si le paradis existe et qu'il est sans Dieu, à quoi sert alors L'Église ?
Nous avons tous la liberté d'avoir nos propres croyances et libre à chacun d'avoir les siennes. Mais laissez-moi avoir les miennes, d'accord ?
N'allez surtout pas m'imposer les vôtres... Je pense que je comprends mon grand-père finalement.
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| Tags : quebec, mouvimax |
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