27/04/2010
Si vous êtes mère de famille, circulez !
A en croire certaines de mes copines, chercher ou rechercher du travail quand on est mère de famille tient souvent de la gigantomachie.
Ben ouaip … il semblerait qu’un utérus et deux ovaires en parfait état de marche fassent terriblement peur à certains recruteurs.
Ben ouaip … une mère qui gère le quotidien de ses petits : courses, scolarité, maladies, foot, piano, kermesse, première cuite et peine de coeur devient subitement une vraie brèle quand, dans une entreprise, on lui demande quasiment d’assumer le même genre de mission : gérer, hiérarchiser, décider et régler.
Je me suis demandée comment cela pouvait se passer hors nos murs gaulois et j’ai découvert le cas de cette Américaine, Kiki Peppard, grand-mère de 55 ans et qui, bien malgré elle, est devenue une figure de proue du féminisme aux Etats-Unis.
Voilà, Kiki est standardiste en Pennsylvanie et se dit, comme des millions de femmes, victime du « profilage maternel ».
Cette forme de discrimination à l’emploi pratiqué à l’encontre d’une femme qui a ou aura des enfants a atteint les proportions d’une épidémie qui ne cessent de s’étendre.
Kiki Peppard milite depuis quatorze ans pour faire interdire cette pratique dans son Etat –sans succès jusqu’à présent.
En 1994 quand, après sa séparation d’avec son mari, elle a quitté l’Etat de New York pour s’installer en Pennsylvanie. Elle a passé dix-neuf entretiens d’embauche, essuyant refus sur refus parce qu’elle était une femme qui élevait seule ses deux enfants, alors âgés de 14 et 11 ans. « La première question était invariablement : « êtes-vous mariés ? » La deuxième : « Avez-vous des enfants ? » Et l’entretien s’arrêtait là », se souvient-elle.
Après avoir vécu durant un an de prestations sociales, elle a fini par décrocher un emploi de secrétaire dans un lycée où l’on ne lui a posé aucune question sur ses responsabilités maternelles.
C’est difficile à croire, mais il est parfaitement légal, dans 28 Etats américains, de poser ce genre de questions lors d’un entretien d’embauche !
En France, ce type de questions est parfaitement interdit par la loi et toute candidate écartée à la possibilité de se retourner contre l’employeur pour discrimination.
Ne soyons pas naïfs, la pratique existe quand même. Puisqu’en 2007, selon une enquête réalisée par la Commission pour l’égalité des droits de l’homme, 70 % des agences de recrutements se sont vu demander par leurs clients d’éviter d’embaucher des femmes enceintes ou susceptibles de l’être.
Sans compter que, plus que toutes autre catégorie de personnel, les mêmes sont victimes de discriminations sur leur lieu de travail.
Celles qui ont des gamins de moins de 11 ans ont 45 % de chances en moins d’avoir un emploi que les hommes, et ce chiffre grimpe à 49 % pour les mères célibataires.
Evidemment, ce type de comportement a toujours existé, mais certaines espèrent aujourd’hui qu’en lui conférant un nom à forte charge émotionnelle, le problème sera plus visible et mieux reconnu.
Tout comme l’expression « harcèlement sexuel » a provoqué des changements culturels et législatifs majeurs, on peut espérer que le même phénomène se reproduira si l’expression « profilage maternel » se généralise.
Pour en revenir à Kiki Peppard, elle n’a jamais oublié l’humiliation ressentie lorsqu’elle devait présenter des coupons alimentaires aux caisses des supermarchés pendant toutes ces années où elle cherchait du boulot.
Sa dernière tentative pour faire adopter une loi a échoué en novembre 2007. « Au début, je me motivais en me disant que j’y arriverais avant l’entrée de ma fille sur le marché du travail, soupire-t-elle. Aujourd’hui, je pense à ma petite-fille ».
Mon avis
Sachez, les filles, que nous sommes
des atomes jetés dans le gouffre sans fond de l'infini.
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23:58 Publié dans Au quotidien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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