27/04/2010
Billet d'humeur du Québec
Mon grand-père était un homme rude et costaud. Autoritaire, pour moi, il était le pilier de la famille... hé, c'était le père de mon père après-tout !
Solide comme le rock, il avait travaillé sur les chemins de fer... il avait des mains grosses comme ça, mais il n'aurait jamais fait de mal à une mouche... et je l'adorais !
Un jour, je l'ai vu pleurer...
Trop jeune, je ne comprenais pas la raison de ces larmes qui allaient à tout jamais donner le droit aux miennes de se manifester. Une histoire d'enfant malade ou battu. Il y avait aussi un curé. Un "salaud" de curé. Je n'ai jamais demandé.
Les propos que je vais tenir dans ce texte, ce sont les miens. C'est mon opinion personnelle et si vous n'êtes pas de mon avis, eh bien peut-être même que c'est tant mieux.
Je ne dis pas ça pour choquer, loin de là. C'est juste que je trouve ça bien correct qu'on puisse avoir des opinions qui nous sont propres et qu'on puisse en discuter sans se voiler...
Curieuse intro, quand même, pour une critique de livres, pas vrai ?
Récemment, j'ai lu ces deux romans... "The Shack" de William P. Young et "The Lovely Bones" d'Alice Sebold.
Le premier est présenté comme un best seller, un livre à lire absolument, bref, une des meilleures critiques selon le USA Today et le NY Times.
Le second, aussi un best seller, a plutôt fait l'objet d'une controverse...
Même histoire, abominablement triste, du drame vécu par les proches d'une fillette lâchement assassinée.
"The Shack" : Le père est anéanti, mais fait une rencontre avec Dieu. Au bout du compte, il comprend que c'est le destin et qu'on ne peut rien y faire. Mieux encore, il fini par comprendre et pardonner. Encore plus, cette rencontre est tellement belle qu'il est heureux et que l'assassinat de sa fille est ce qui pouvait lui être arrivé de mieux. Un peu plus et on se fait souhaiter de voir nos enfants torturés et tués, que c'est peut-être la meilleure façon d'atteindre le bonheur, le vrai. Une histoire avec des étoiles qui sont des âmes et avec un vrai American Jesus et sa gang qui vivent dans une cabane isolée.
"The Lovely Bones" : L'histoire est racontée par la victime, Susie Salmon, qui se retrouve dans un paradis bien à elle. Elle observe sa famille et ses amis qui doivent continuer à vivre malgré le chagrin. Elle constate la chute de l'union de ses parents, et découvre qu'une camarade de classe arrive à ressentir sa présence et est bouleversée par son départ. Elle arrive à influencer légèrement la vie des gens qu'elle aime afin qu'ils puissent malgré tout arriver à une vie heureuse. Elle devient une sorte d'ange gardien. L'auteure, Alice Sebold, arrive à trouver les mots sur ce que nous ressentons vraiment face à la mort mais que nous n'arrivons jamais vraiment à expliquer. Immensément triste (j'ai eu les yeux mouillés plusieurs fois) et parfois drôle, "The Lovely Bones" est l'œuvre d'une auteure qui ne l'a pas eu facile mais qui est quand même arrivé à s'en sortir (Alice Sebold a elle-même échappé de près à la mort lors d'un viol alors qu'elle revenait chez elle après l'école. Elle est ensuite tombée dans la drogue, l'empêchant de terminer ses études).
J'ai trouvé "The Shack" d'une parfaite nullité.
Je n'arrive pas à croire que tant de gens ont aimé à ce point... mais voilà... au début ignoré par la critique, il a finalement été remarqué par les mouvements chrétiens américains. Remués par cette nouvelle histoire de Dieu et de Jésus, ils s'en sont férocement emparés et ont (probablement) fait augmenter les ventes artificiellement à grands coups de critiques littéraires, d'entrevues et d'émissions ayant pour but de le faire connaître ! Hey ! Une histoire moderne où la religion explique les horreurs de la vie, le morceau est trop beau pour être ignoré. Wow !!!! Expliquons tout par la religion est soyons heureux si Dieu tue nos enfants pour nous faire connaître son message. DE QUOI ????? À vomir...
À son époque, en 2002, "The Lovely Bones" tombait dans la controverse, alimentée par des groupes religieux similaires. C'est que, dans le paradis de Susie Salmon, il n'y a pas de Dieu. À notre mort, nous retrouvons "naturellement" ceux qui sont partis avant nous, comme un simple prolongement, très beau, de la vie telle qu'on la connaît. Le livre donne espoir. Lors qu'on lit ses tout derniers mots, on se sent bien et réconfortés. On veut y croire, même que si si, c'est très crédible.
Sauf que les curés de mon grand-père, ils n'auraient pas aimés !
Après tout, si le paradis existe et qu'il est sans Dieu, à quoi sert alors L'Église ?
Nous avons tous la liberté d'avoir nos propres croyances et libre à chacun d'avoir les siennes. Mais laissez-moi avoir les miennes, d'accord ?
N'allez surtout pas m'imposer les vôtres... Je pense que je comprends mon grand-père finalement.
23:57 Publié dans Mouvimax | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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