10/03/2010
Le choix de Ilona : ne rien dépenser !
Si vous êtes conviés chez Ilona Richards vous êtes priés de garder votre manteau !
Non, non, sa chaudière n’est pas en panne et vous n’êtes pas malvenus, mais depuis que son installation de chauffage s’est déglinguée, il y a quelques années, la température dans son modeste trois pièces dépasse rarement les 10°C en hiver.
Cette femme britannique de 60 ans se passe de chauffage, fait sa toilette dans l’évier et ne dépense pas plus de 1 euro par repas et c’est un choix !
Lors de la récente vague de froid, Ilona a dû superposer trois pantalons de jogging et porter un bonnet de laine.
« Des amis m’ont proposé de m’envoyer quelqu’un pour réparer la chaudière, dit-elle, mais, pour être honnête, je préfère vivre sans. Car je serais trop tenté de m’en servir. Aujourd’hui les gens appuient sur des boutons sans même penser aux conséquences. Lorsqu’il faut vraiment trop froid, je fais chauffer la gazinière très doucement pendant dix minutes, mais je n’aime pas beaucoup ça. La clé d’un mode de vie frugal, c’est de connaître la différence entre ce dont on a besoin et ce dont on a envie. »
Dans son logement de Burton-upon-Stather (dans le Yorkshire et Humber, Nord-Est de l’Angleterre), elle vit dans sa moquette bariolée, achetée d’occasion et, affreusement assortie à ses rideaux fleuris.
Elle s’enfiche tout autant que de porter des sous-vêtements d'homme bien moins chers et plus costauds que ces choses minuscules fabriquées pour les femmes.
« Les gens s’imaginent qu’ils ne pourraient jamais vivre sans prendre un bain ou une douche, explique-t-elle. Moi je me lave les cheveux dans l’évier et je me déshabille complètement pour faire ma toilette quand il le faut. C’est ce que les gens faisaient avant et ils n’en mouraient pas ».
Ilona a grandi dans une famille modeste où très tôt elle a pris conscience de la valeur de l’argent.
Durant trente ans elle a conduit des poids lourds pour une chaîne de magasins de bricolage, elle gagnait bien sa vie et puis une intervention chirurgicale l’a conduite à revoir ses priorités.
« J’étais déjà dans ce que j’appelle la décroissance depuis dix ans. Et après avoir été en arrêt maladie pendant douze semaines, j’ai décidé de profiter de la vie. J’en avais assez de travailler autant. Il ne m’a pas été difficile de réduire mon train de vie parce que je n’ai jamais été très dépensière. Ma mère a eu une vie difficile. Mon père préférait dépenser sa paie au pub et il ne lui laissait pas grand-chose pour nourrir et habiller ses trois enfants. Elle m’a appris à ne pas gaspiller ».
Et visiblement cet apprentissage, elle l’applique à la lettre.
Le trimestre dernier, sa facture de gaz n’a pas dépassé 15 livres (17 euros) et, depuis le début de l’hiver, elle s’est nourrie presque exclusivement des légumes de son potager.
Cette belle description d’une vie minimaliste perd de son lustre quand Ilona, végétarienne convaincue, révèle ses secrets d’un bon engrais naturel. « Je fais pipi dans un seau que je vide sur le compost » raconte-t-elle, en ajoutant qu’aux toilettes elle ne tire la chasse qu’une fois par jour.
Pour Ilona, chaque minute de la vie quotidienne est un combat contre ce système qui fait de nous des matérialistes endurcis.
Elle ne fait ses courses qu’après 17 heures dans l’espoir de bénéficier de rabais de fin de journée. Elle se fixe un budget de 1 livre (1 euro 30 environ). Souvent elle dépense moins et achète ce qui est important pour elle. Elle a gardé sa voiture (elle ne dépasse jamais les 90 km heure pour économiser l’essence) et elle concède à une connexion Internet haut débit. « C’est toute la différence entre frugalité et avarice », dit-elle.
En mai, elle fêtera son anniversaire et elle reste ouverte à toute proposition de travail mais avoue que si rien ne se présente, elle vivra sans problème avec sa pension qui lui suffira amplement.
« Les gens ont de la peine pour moi, avoue-t-elle, ils pensent que je suis une vieille femme triste. Les gens disent aussi qu’il faut travailler pour gagner de l’argent, mais, si vous ne dépensez pas, vous n’avez pas besoin de travailler. Mon boulot désormais, c’est de vivre de manière frugale, et c’est un bon boulot. »
Ilona rejoint le point de vue d’André Gide « Je me plaisais à d’excessives frugalités » écrivait-il dans son ouvrage - Les Nourritures terrestres -
Mon avis :
N’hésitez plus à vous mettre dans l'abondance
des choses nécessaires à une vie simple : soyez frugaux !
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00:30 Publié dans Au quotidien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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