03/03/2010

S’habiller pour gagner !

C’est ce qui figurait sur une note distribuée aux participantes d’un colloque, toutes salariées  de la Banque d’Angleterre.

Pour avoir convié son personnel féminin à un séminaire consacré à la façon dont il convient de s’habiller, de se chausser et de se maquiller pour venir au travail, l’institution bancaire britannique s’est vue accusée de « sexisme institutionnel ».

 

Il faut dire que la thématique avait sérieusement de quoi agacer.

 

poupee-en-carton.jpgLe mémo récapitulait toute une série de recommandations, dont une mise en garde contre le port de certains accessoires qui feraient ressembler les employées à des prostituées.

« Ayez l’air professionnel, et non à la mode ; faites attention au parfum ; portez toujours des chaussures à talons, mais de 5 cm au maximum ; soyez toujours maquillée, même si ce n’est qu’avec un peu de rouge à lèvres », précise cette note rédigée par le cabinet de conseil en image professionnelle spécialement mandaté par la banque.

« Chaussures et jupes doivent être de la même couleur. Sont formellement proscrits les bracelets de cheville – ‘cela fait professionnelle, mais uniquement d’un milieu auquel vous n’aimeriez pas être assimilée’ -, les talons hauts blancs, les sacs à main pleins à craquer, les accumulations de bagues et les multiples perçages des oreilles », poursuit le document.

 

D’où la légitimité, pour les employées de la banque d’Angleterre, de saisir éventuellement les tribunaux et poursuivre leur employeur pour discrimination sexuelle.

« C’est symptomatique du sexisme institutionnel ambiant. Si les femmes sont jugées sur leurs vêtements alors cela induit qu’elles sont traitées différemment de leurs collègues masculins », soutient Me Lawrence Davies, du cabinet Equal Justice.

 

L’initiative a soulevé un tollé, notamment parmi les économistes de la City, les députés et les organisations de défense des droits des femmes.

« Ce que fait la Banque d’Angleterre est ahurissant, s’insurge Ruth Lea, économiste de la banque Arbuthnot Banking et ancienne directrice du Centre for Policy Studies (un cercle de réflexion britannique très influent), gaspiller de l’argent pour des trucs pareils, c’est grotesque. Il appartient aux hommes comme aux femmes de décider de ce qu’ils doivent porter ou non. Si vous avez été capable de décrocher un boulot bien payé, vous avez certainement assez de jugeote pour choisir les bons vêtements. »

 

Les consultants en image d’entreprise facturent jusqu’à 5 000 livres (5 600 euros) la séance d’une demi-heure !

Si les codes vestimentaires sont monnaie courante dans de nombreuses professions, préciser la couleur requise pour les talons et insister sur le maquillage sont aux yeux de beaucoup des marques de sexisme.

 

Voici l’avis de Pippa Rees, directrice du cabinet de conseil Naked Ambition Personal Branding Consultants qui, bien-sûr, prêche pour sa paroisse : « La façon dont vous vous habillez, assure-t-elle, peut vous donner plus d’autorité et vous permettre de vous faire davantage respecter. C’est un vrai casse-tête pour les femmes de s’habiller correctement pour le travail et les grandes occasions. Les consultants en image peuvent les aider à réaliser que les vêtements vont renforcer leur crédibilité ou, au contraire, l’entamer. Que vous soyez banquier, avocat ou comptable, vous êtes un professionnel et votre client attend de vous que vous vous présentiez comme tel. L’uniforme d’un pilote dénote sa capacité à faire son boulot  et, dans les autres professions, c’est la même chose. »

 

Quant à moi, il me revient à l'esprit cette citation de Khalil Gibran :

« Bien que vous recherchiez en vos habits le sceau de votre liberté, vous n'y trouverez bien souvent que des chaînes. » 

A méditer lors d’un prochain séminaire à la Banque d’Angleterre, ou ailleurs …

 

 

Mon avis :

 

Je serai assez favorable à des cours d’ « image branding » dispensés à  certains hommes en insistant sévèrement sur l’art de correctement cirer ses chaussures et de bien traiter ses pellicules de cheveux !

 

------------------------

00:30 Publié dans Au quotidien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.