02/03/2010

TROPE

n.m

 

 

1. − Rhétorique

 

a.      [Dans l'anc. rhét.] Figure par laquelle un mot prend une signification autre que son sens propre.

« Les Tropes sont certains sens plus ou moins différents du sens primitif, qu'offrent, dans l'expression de la pensée, les mots appliqués à de nouvelles idées » (P. Fontanier, Les Figures du disc., Paris, Flammarion, 1968, [1821], p. 39).

 

b.      Par extension : Figure entraînant, pour un mot ou une expression, un changement ou un détournement de sens.

 

« C'est là [dans la vente du bétail] que le paysan, le maquignon, le fermier, déploient les ressources d'une éloquence pleine de tropes et de métaphores inouïes » (Sand, Nouv. lettres voy., Mél., 1876, p. 265).

 

 

2.− Philosophie : Argument que les sceptiques grecs utilisaient pour démontrer l'impossibilité d'atteindre une vérité certaine et pour conclure en conséquence à la suspension du jugement.

 

« Plusieurs historiens pensent que les dix tropes, connus depuis longtemps, étaient le bien commun de l'école sceptique. Mais (...) c'est Aenesidème qui le premier les mit en ordre, les énuméra avec une certaine méthode, leur donna, en un mot, la forme qu'ils ont gardée » (Brochard, Les Sceptiques grecs, p. 253 ds Lal. 1968).

 

3. – Musique : Ornement du plain-chant grégorien au moyen d'additions, de substitutions ou d'interpolations de textes musicaux ou poétiques.

 

« Le tr[ope], comme d'ailleurs la (...) séquence, constitue un genre nouveau au sein de la catégorie des formes liturgico-musicales qui a favorisé une évolution plus rapide, dans des directions nouvelles, de la composition monodique » (Mus. 1976).

 

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