01/03/2010

1986 - Joseph Beuys : Charlatan ou génie ?

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DÜSSELDORF

 

Le 12 janvier, le prix Lehmbruck de la ville de Duisbourg qui avait été attribué à Joseph Beuys l’an dernier lui était remis officiellement : ce fut sa dernière apparition publique.

Beuys1.jpgIl est mort le 21 janvier à Düsseldorf à l’âge de soixante-cinq ans. Figure majeure de l’art contemporain depuis de nombreuses années et universellement reconnu comme tel, il passait pour l’artiste allemand le plus célèbre depuis Dürer et était le seul de sa génération que l’Amérique, qui lui avait consacré une importante exposition au Guggenheim Museum en 1979, enviait à l’Europe.

A l’occasion de cette ultime distinction, Beuys avait prononcé un discours qui apparaît un peu comme son testament. Il y expliquait notamment que sa découverte, fortuite pendant la dernière guerre, d’un catalogue consacré à l’œuvre de Wilhelm Lehmbruck, décida de son orientation : il avait eu à travers lui la révélation de ce que pouvait être la sculpture. Aussi, revenu de Crimée où le Stuka qu’il pilotait avait été abattu, s’était-il inscrit, en 1947, à l’école des beaux-arts de Düsseldorf.

A l’époque, dit-il, dans le même discours, il n’avait aucune connaissance des arts plastiques. Mais Lehmbruck lui permit d’entrevoir ce qu’aucun autre sculpteur n’aurait pu lui donner : l’intuition artistique. Lehmbruck dont les œuvres sont proches de l’expressionnisme a, en effet, porté à son sommet l’expression de la nécessité intérieure de l’artiste.

Dans les années 60, Beuys avait provoqué le scandale en lançant le slogan : « Tout le monde est artiste ! ». Il enseignait alors à Düsseldorf. Le slogan était inacceptable pour les bien-pensants, dans la mesure où il niait l’utilité de toute formation artistique. Beuys devenait l’exemple même du provocateur irresponsable.Beuys2.jpg

Certes Beuys aimait la provocation. Chacune de ses expositions s’accompagnait de déclarations, de discussions. Il s’exaltait dans de grandes théories sur la vie, l’homme, la religion, la politique qui finissaient par donner à sa pensée une apparente confusion.

Ce sont ses « actions » plus que son œuvre qui ont établi sa célébrité. En 1965 notamment durant trois heures le visage recouvert de poudre d’or et serrant un lapin mort dans les bras, il s’était efforcé de lui expliquer le sens de l’art. Et son éternel gilet ainsi que son éternel chapeau de feutre vissé sur sa tête de clown triste accentuaient encore le côté spectaculaire de son personnage.

Dans la sculpture, Beuys a introduit la graisse, la margarine, le cuivre, le feutre, le miel en conformité avec ses obsessions profondes nées de ses conditions de captivité pendant la guerre, et en adepte de Rudolf Steiner, l’initiateur de l’anthroposophie, mort en 1925, qui fut l’un de ses maîtres à penser. A l’inverse de Duchamp, il n’intervenait pas seulement sur le concept mais aussi sur la matière riche de ses résonances alchimiques qui occupe une place centrale dans son œuvre. L’animal, d’autre part, était à ses yeux l’archétype des forces de la nature avec lesquelles l’homme n’aurait jamais dû briser.

En 1978, Beuys avait publié dans le numéro du 23 décembre du Frankfurter Rundschau un Appel à l’Alternative dans lequel l’écologiste, qu’entre autres choses il était, exprimait ses idées pour une réforme de la société. Le capitalisme et le communisme, pensait-il, ont conduit l’humanité dans une impasse, les rapports de la société industrielle avec la nature sont entièrement déréglés, il faut trouver une troisième voie, celle de la « sculpture sociale » que façonne l’homme en tant qu’artiste.

Beuys3.jpgBien que ses sculptures et ses dessins aient fini par atteindre des prix exorbitants l’aboutissement de l’art comme œuvre achevée ne l’intéressait pas et il condamnait le marché de l’art. Il prétendait que ce qui se passait pour des « œuvres » n’étaient que des documents, des traces de ses « actes de vie » et que ces traces n’avaient pour seule fin que de reconstituer le processus créateur. De là, chez lui, un comportement religieux de sorcier ou de chaman, comme s’il puisait aux origines du souffle créateur.

A l’occasion de son exposition au Guggenheim , en 1979, l’hebdomadaire Der Spiegel qui, fait exceptionnel pour un artiste vivant, lui consacra la couverture de son numéro du 5 novembre, posait la question : « Beuys, charlatan ou génie ? ». Sans qu’il soit possible de savoir ce que répondra l’avenir, l’action qu’il mena à la Documenta de Cassel, en 1982, est peut-être la plus significative de son esprit.

Il fit déverser devant la Fredericatrium qui, tous les quatre ans abrite la célèbre manifestation, une montagne de lourds blocs de basalte destinés à être déblayés un par un au fur et à mesure que serait effectué un reboisement de 7 000 chênes. Lutte symbolique contre la désertification de la planète, union de l’écologie et de l’art, fusion des règnes minéral et végétal qui l’obsédait, c’est là que Beuys a le mieux réalisé son idée que l’artiste est celui qui intervient entre l’histoire et la nature afin de rétablir ce qui a été séparé et broyé.

28/02/2010

MONISTE

Adj & n.m / n.f

 

 

1. - Philosophie  : Tout système philosophique qui considère l'ensemble des choses comme réductible à l'unité: soit au point de vue de leur substance, soit au point de vue des lois (ou logiques, ou physiques), par lesquelles elles sont régies, soit enfin au point de vue moral. Monisme historique, idéaliste, matérialiste, ontologique, scientifique, social, spiritualiste.

 

«  Le progrès dans l'être à cet égard est un progrès dans l'intériorité. S'ensuit-il qu'on puisse réaliser cette intériorité pure comme le veut le monisme ? » (G. Marcel, Journal, 1914, p.95)

 

2. – Droit : Conception doctrinale selon laquelle Droit interne et Droit international sont des manifestations d'un même ordre juridique -  (Jur. 1974)

«Un Loup à ma table» – Augusten Burroughs – Editions Héloïse d’Ormesson

Un Loup à ma table.jpg«  Si mon père m’avait rattrapé, il m’aurait tordu le cou, alors j’ai continué. Des brindilles cassées et des cailloux aigus blessaient mes pieds nus, mais je faisais abstraction de la douleur. …»

26/02/2010

Augustine

Augustine.jpgJ’ai connu Augustine parce qu’elle était tombée en travers d’une rue que j’allais traverser. J’ai eu un mal fou à redresser Augustine.

 

Ses premiers mots ont été pour m’implorer de ne pas cafter cette chute à sa maison de retraite deux rues plus loin, faute de quoi elle ne sortirait plus jamais seule.

Bon, bon, bien sûr.

 

On s’est assurées que la bouteille de mousseux, Saint-Machin, demi-sec, 11 degrés, destinée à son oncle René ne s’était pas brisée dans le cabas. On est allé à la pharmacie lui tartiner un  peu de Synthol. Et puis je lui ai proposé de l’accompagner chez l’oncle René.

Elle m’a fait tout un cirque de remerciements, m’a menacé à plusieurs reprises de pleurer de joie. Elle a brodé sur mon prénom, « l’envoyée de Dieu », m’a raconté son spasme coronarien, ses opérations, sa précédente chute.

 

On a pris le métro. Je regardais ses chaussures, pensées par des gens qui ont décidé une bonne fois que la laideur sied à la vieillesse.

A sa demande, j’ai compté sa grenouille, vérifié trois fois que le chéquier de la Poste était bien dans la poche intérieure du cabas.

On a fini chez les Petites Sœurs des Pauvres. Oncle René était là, un curé absolument vieux, à béret et pèlerine, avec du sang qui ne circulait que par endroits.

Les phalanges soudées à la canne. J’étayais leurs embrassades, dans des craquements de fagots.

Il a trouvé le moyen de l’engueuler :

-          Je t’attendais pour trois heures ! Il est cinq heures !

 

Elle se justifiait à coups d’ « Oncle René ». On a sorti la bibine

Accablement.

 

-          Tu n’aurais pas dû !

-          Oh ben pour toi, Oncle René, qui as toujours été si bon !

 

J’ai senti qu’Augustine bassinait l’Oncle René depuis quatre-vingts ans. On a fait appeler un taxi.

Une femme taxi s’est pointée à qui Augustine a dit « Monsieur ».

Vas-y Augustine, engouffre toi, je vais te rabattre la jupe pour qu’elle ne coince pas dans la portière. Avant on s’embrasse fougueusement.

 

-          Promettez d’écrire. Ecrivez-moi pour la Sainte Augustine, c’est le 28 août.

-          Sans faute.

-          Personne n’a jamais été aussi gentil avec moi.

 

Ça sonnait vrai.

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180

Beaucoup, peu, suffisamment ou déraisonnablement

avec ou sans intérêt…

les chiffres vous parleront

 chaque vendredi

 Une façon de vous rendre quelques comptes…

 

chiffre.jpg

 

180 milliards d'€ - environ sont perdus chaque année au niveau mondial à cause de la fraude et d'erreurs dans le domaine médical, une somme qui suffirait à quadrupler les budgets de l'OMS et de l'Unicef et contrôler le paludisme en Afrique, selon un rapport  publié .

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Billet d'humeur du Québec

 

oeil_b.jpgLa Chronique de Mouvimax

 

Et il vogue, et il vogue… le chanceux !.

J’écoute – Rod Stewart - «Sailing»

Confession intime

 

Il n’aime pas être pressé, qu’on lui gâche un plaisir sournois, qu’on le prive d’une camarade qu’il s’est choisi dans l’herbe.

 

Tétines …

 

26 février.jpg

… de substitution !

 

RAFFOLIR

v.intransitif

 

Vieux - Devenir fou. Vous me feriez raffolir

«  Le galbe de ton sein, ton regard souriant (...), Tout force à raffolir le plus insouciant » (Borel, Rhaps., 1832, p. 92).

 

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