15/02/2010

1986 - Le Chemin de croix de Prassinos

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SAINT-REMY-DE-PROVENCE

 

1986- Prassinos.jpgDisparu l’an dernier à l’âge de soixante-neuf ans, Mario Prassinos n’aura pas vu en place la suite de onze peintures murales qu’il a réalisée pour Notre-Dame-de-Pitié, une petite église du XVIe siècle rénovée pour l’occasion. Notre-Dame-de-Pitié était invoquée autrefois lorsque sévissaient les grands fléaux.

Les fidèles venaient y chercher protection contre la peste, la sécheresse, la famine et c’est là que Prassinos a installé ses onze peintures : un Suaire et un Supplicié, entourés de vastes ramures mangées par la nuit – sa dernière toile ayant été terminée à peine quinze jours avant qu’il succombe au cancer qui le torturait.

L’arbre qui plonge ses racines dans le sol et déploie ses frondaisons dans le ciel, est symbole de vie. Prassinos retourne ici le symbole en son contraire.

Car, dans cette ultime série, les troncs deviennent des corps de crucifiés dont les branches  se plantent sous l’écorce comme des flèches ou des lances dans les flancs d’un saint martyr. Notre-dame-de-Pitié est l’un de ces hauts lieux où souffle l’Esprit, comme à Vence, dans la chapelle de Matisse ou à Ronchamp, dans celle de Le Corbusier. Mais en cette église ancestralement chargée de toutes les peines, c’est moins le Paradis qui est promis à l’homme que son chemin de croix, en accord avec les dernières souffrances de l’artiste.

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