04/01/2010

Laylah Ali

Séduite par les artistes d’aujourd’hui, figures contemporaines, nouveaux talents, je vous propose un tableau, une sculpture, une installation coup de cœur chaque lundi

 

Une occasion de rencontrer l’œuvre et son auteur…

 

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Sans titre  , 2001

Gouache sur papier, 69 X 45 cm

 

Laylah Ali

Née à Buffalo (USA) en 1968, vit et travaille dans le Massachusetts.

Laylah Ali met à nu nos illusions collectives sur l’humanité de la civilisation, les mensonges qui se cachent derrière « la démocratie et la liberté pour tous » et l’hypothétique distribution des richesses sur le globe. Elle a restreint son vocabulaire plastique pour en éliminer les particularismes et se concentre sur les « tropes » de l’autorité – militaire, religieuse, civile et patriarcale – pour exprimer les multiples manières que les hommes on de s’entretuer. Les figures noires ou brunes qui hantent ses tableaux ont fait penser qu’elle faisait parfois allusion à l’Afrique subsaharienne.

Il est étrange de constater l’absence de description d’horreurs extrêmes, alors que les transgressions mineures sont perpétrées dans la violence insidieuse, implacable et sournoise de la vie quotidienne.

Tout en affirmant que la violence est mauvaise, elle soutient que l’art doit légitimement se mêler de politique. Elle appartient à une longue lignée d’artistes – de l’Afrique du Sud au Liban, de la Chine au Royaume-Uni – qui utilisent les expressions les plus diverses de l’art pour dénoncer les injustices de leur époque.

Le comble de ces moments pétrifiés de brutalité passée ou à venir réside dans la façon dont l’artiste utilise la gouache.

La peinture à l’eau  y joue à l’encontre de sa réputation populaire de mièvrerie ; elle est le support d’une horreur telle, dans ces œuvres mates et délicates, que l’eau semble s’être évaporée pour de bon plutôt que d’être partie prenante de ces scènes terribles.

 

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