20/11/2009
Billet d'humeur du Québec
La Chronique de Mouvimax
Petit matin grincheux...
J'en ai marre d'entendre parler du "Phénomène" Twilight. J'ai tout essayé, j'ai vu le premier film, j'ai lu les deux premiers romans, et franchement, je ne comprends pas.
Clairement, je ne suis pas le public cible, mais, faut pas charrier non plus. À lever le coeur. Mais comment ce succès est-il possible ?
C'est simple, une recette facile de l'auteure qui comprend très bien comment émouvoir les jeunes filles à peine pubères aux prises avec des tas d'émotions conflictuelles. Sauf que, plutôt que de les aider à passer à travers cette difficile étape de leur vie (ce qui, j'en convient, elle n'est pas tenue de faire), elle solidifie leur malaise en les enfonçant davantage dans l'idéologie superficielle de l'adolescente en manque de passion.
C'est le prix de son succès qu'elle leur fait payer.
Voyons un peu... Une ado nommée Bella, jeune fille bien ordinaire, tombe en amour avec un vampire. Jusque là, pas de problème. Sa seule qualité ? Il est beau. Mais teeeellement beau! (soupir...).
Bella ne s'aime pas et elle se trouve moins qu'ordinaire (mais on a quand même choisi une jolie actrice pour jour son rôle). Elle trouve ses parents ridicules et naïfs. Séparée de son prince charmant, la Bella s'ennuie teeeellement qu'elle songe au suicide (indirectement, elle roule en moto pas de casque et s'arrange pour chuter et se blesser et elle plonge dans une mer agitée et glacée à partir d'une falaise, mais noooon, ce ne sont pas des tentatives de suicide, ça paraîtrait trop mal dans un roman destiné aux adolescentes, ce n'est que du désespoir extrême...).
Et sans arrêt, une bonne centaine de fois, elle nous répète qu'elle l'aiiiiiiime teeeellement. Le vampire en question, un certain Edward, est malgré cet amour obscène, un peu naïf. On en a fait vite le tour.
Se décrivant lui-même comme un vampire végétarien qui ne boit pas le sang des humains (ça ne donnerait pas des belles images pour nos adolescentes sensibles), celui-ci est, hmmmm, teeeellement beaauuuuuuu ! Il est fort et il court vite, notre prince charmant, mais c'est tout.
Oh, ai-je spécifié qu'il est teeeellement beau et que Bella l'aime teeeellement.
Et étant donné que lui aussi aime notre Belle ("elle sent bon"), il rompt avec elle, mais par amour (hiiiiiiiiiiiiii, c'est beauuuuuu). Sauf que pas vite vite, il ne comprend pas que sa chaste copine ("chaste" car pas de sexe entre eux, les adolescentes ne veulent pas se faire déranger par leurs émotions conflictuelles, après tout) l'aime teeeellement qu'elle va se laisser mourir. Ah oui, il lit dans les pensées, notre Edward, il est un puissant télépathe, mais curieusement, le seul moment où ça aurait pu devenir pratique, c'est quand sa Bella est triste à mourir. Mais il ne le fait pas, l'idiot. (Les jeunes filles tombent quand même dans le panneau).
Deux points plus intéressants par contre. Les personnages les plus intéressants demeurent une famille éloignée de vrais vampires, mais encore là, on ne fait qu'effleurer le fait qu'un vampire, ça boit le sang de ses victimes (mais pourquoi diable a-t-on choisi de faire un vampire de nos héros si ceux-ci ne se comportent pas ainsi ?
Pour que nos jeunes ado naïves se donnent un air de dures en se faisant croire qu'elles lisent des romans d'horreur, alors qu'au fond, ce ne sont que de simples romans d'amour).
Cette famille de vrais vampires donc, les Volturis, ont des personnalités intéressantes. De la bonne viande pour l'imagination. Il y aurait tellement de quoi à faire avec cette famille colorée, mais non. On revient vite à nos amours simplistes. Autre point intéressant, un clan Amérindien qui ont la capacité de se transformer en loup-garou, les pires ennemis des vampires.
Encore là, il y aurait de quoi à travailler pour l'auteure, et elle le fait quand même un peu. Mais on sent qu'elle ne veut pas trop se séparer de son beau vampire. Pourtant, le meilleur ami de Bella, Jacob, est un jeune loup-garou, et il est en amour avec elle. Mais elle ne l'aime pas. On s'en tient à ce simple scénario amitié-amour sans aller vraiment plus loin. En fait, la jeune Bella, idole de nos jeunes adolescentes qui aimeraient tellement être à sa place, affirme clairement qu'elle manipule son ami Jacob, qu'elle lui laisse croire qu'elle l'aime mais qu'il n'en est rien au fond, mais qu'il comprendra, ce n'est qu'un ami après-tout, mais un ami qui l'aime tellement qu'il saura lui pardonne.
Belles leçons à donner à nos fillettes.
Suicidez-vous, c'est ok si vous êtes est déprimé.
Ce qui est important chez un mec, c'est sa beauté physique et ça justifiera votre désespoir quand celui-ci vous laissera tomber.
C'est vrai que vos parents sont naïfs.
Vous pouvez effectivement manipuler vos amis, ceux qui vous aiment vraiment, ceux-ci vous pardonneront si ce sont de vrais amis.
Vous pouvez aussi manipuler vos parents, ils ne sont pas si intelligents que ça après tout.
La famille de votre copain est plus importante que la vôtre, elle est beaucoup plus intéressante après-tout.
Vous rencontrerez vous aussi votre prince charmant. Il sera teeeellement beau.
Même si le beau mec convoité est un monstre, vous faites une bonne affaire en vous attachant à lui comme une sangsue, ...mais seulement s'il est beau.
J'ai vraiment, mais vraiment pas aimé et je suis désolé de constater le succès de cette œuvre quand il y en a d'autres tellement plus magiques, mais peut-être un peu plus complexes.
Des histoires d'amour, même pour les ados, il y en a de très belles.
Faites un effort, bon sang.
00:20 Publié dans Mouvimax | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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Commentaires
C'est tellement vrai !
Écrit par : Alex | 24/11/2009
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