28/09/2009
Louise Lawler
Séduite par les artistes d’aujourd’hui, figures contemporaines, nouveaux talents, je vous propose un tableau, une sculpture, une installation coup de cœur chaque lundi…
Une occasion de rencontrer l’œuvre et son auteur…

Thank You Vito, 2003/2004
Cibachrome Laminated on Aluminium Museum Box
74.29 cm X 96.52 cm
Née en 1941 à New York, USA –
Le travail de Louise Lawler s’inscrit dans le courant conceptuel des années 1980. Elle a opté essentiellement pour la photographie (en couleurs et de grand format) afin de porter un regard critique sur le statut de l’art dans différents contextes : musées, colletions privées, expositions… Le travail s’étend à la façon dont ces pièces sont gérées dans les réserves des musées, sur les chantiers de préparation des expositions, voire dans les salles de vente aux enchères. Par de subtils cadrages l’artiste décode comment des installations étudiées, des accrochages significatifs faisant interagir ces icônes entre elles, peuvent apporter aux œuvres modernes et contemporaines un poids stratégique dans un monde où l’art est signe de pouvoir.
Ce travail critique repose sur une analyse de la valeur attribuée à l’art, valeur non seulement financière, mais aussi symbolique, sociale, critique, économique… Paradoxalement, il met tout autant en exergue la façon dont l’œuvre peut être réduite à un produit, presque une chose, un support prêt à être investi de telles valeurs.
Le regard de Louise Lawler est certes distancié mais le travail, au départ réalisé en noir et blanc, sera assez vite indissociable de la couleur, tant il faut rendre compte des séductions plastiques opérant dans ce milieu ou de l’impact des œuvres sur l’environnement (y compris domestique lorsqu’il agit de pièces disposées dans un cadre quotidien dont certains éléments prosaïques peuvent interférer et modifier parfois profondément la portée initiale d’un tableau). Sa démarche postmoderne l’inscrit dans la mouvance des « simulationnistes » dont elle est l’un des membres les plus éminents, au même titre que Sherrie Levine ou Jeff Koons.
Ses images poursuivent d’une autre façon la démarche engagée par Duchamp. L’artiste ne tire aucune légitimité des œuvres qu’elle s’approprie mais souscrit plutôt à un point de vue qui passe par l’utilisation du cadrage. Présentées fragmentées et placées dans une inévitable interrelation avec l’espace environnant, les œuvres apparaissent alors comme de simples objets de consommation.
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00:25 Publié dans L'Lundi : Art'contemp - une oeuvre, un artiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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