26/06/2009
Émanations, suite et fin…
Aujourd’hui, je rebouche définitivement le flacon des histoires d’odeurs animalières en développant les phéromones de trace, et les phéromones funéraires.
Au risque de radoter, je rappelle que les phéromones (du grec pherein et horman respectivement « transmettre » et « exciter ») sont des stimuli chimiques.
Allons-y pour la troisième catégorie de phéromones incitatrices : les phéromones funéraires que libèrent les fourmis mortes…
Dès qu’une fourmi détecte cette odeur, elle va ramasser sa copine morte et la porte jusqu’à un tas de détritus situé à l’extérieur de la fourmilière.
Ce comportement nécrophorique (enlèvement des congénères mortes) contribue grandement à l’hygiène de la fourmilière.
Bueno.
La nécessité de tenir la mort hors du nid est si impérieuse que, si on dépose un peu de phéromone funéraire sur un objet ou sur une ouvrière vivante, les « pompes funèbres » les ramassent illico pour les flanquer à la décharge.
Qu’advient-il à la fourmi vivant jetée à la poubelle ?
Elle fait tout simplement sa toilette sans se démonter et zou… retourne s’acquitter de ses obligations dans la fourmilière.
Terminons avec la « ultima » catégorie de phéromones incitatrices : les phéromones de trace. Ce sont elles qui sont déposées par des individus pour d’autres individus qui suivent leur trace.
Tiens, dans le Mille et Une pattes des studios Disney, ont voit des fourmis en train de rapporter de la nourriture à la fourmilière ; une feuille tombe alors sur leur itinéraire, déclenchant the panic chez les ouvrières jusqu’à ce que « professionnelles qualifiées », leur ordonnent de contourner l’obstacle pour regagner la « ligne » - en terme scientifique : la phéromone de trace.
Dans la réalité, quand une ouvrière trouve à manger, elle se dépêche de retourner à la fourmilière en déposant sur son chemin la phéromone de trace qui va guider ses congénères.
Lorsqu’elles regagneront le nid avec leur butin, les ouvrières ainsi recrutées renforceront la trace avec leurs propres phéromones. Quand toute la nourriture aura été enlevée, les ouvrières cesseront de renforcer l’odeur, et la trace se dissipera.
Parlons un peu des chenilles à tente (ou « livrées d’Amérique »).
Elles déposent elles aussi des traces odorantes. Ces rampantes grégaires vivent en colonies dans des arbres hôtes – pommiers, cerisiers – où, avec des brins de soies, elles se construisent des abris blancs, très semblables à des tentes.
Quatre fois par jour, ces bestioles délaissent leur « maison » pour chercher de quoi boulotter : après le lever du soleil, en début d’aprèm, au crépuscule, et aux aurores, avant le lever du soleil.
Après chaque expédition, elles retournent à la tente et sécrètent des brins de soie en se déplaçant sur les branches.
Quand elles partent chercher des feuilles tendres, elles frottent leur abdomen sur ces traces de soie et y déposent des phéromones d’exploration. Si l’expédition a été fructueuse, au retour, elles laisseront des signaux chimiques sur ces mêmes traces – qui deviendront des « pistes de recrutement ».
Affamées, leurs compagnes de tente réagiront avec enthousiasme à ces stimuli chimiques : il leur suffira de remonter la pister et se régaler.
Attention … l’astuce : ces chenilles n’envoient jamais leurs congénères sur un site si la nourriture est rare. Non, elles remontent la trace d’exploration en tenant l’abdomen au-dessus des branches, sans le poser.
Bref, bref, sans communication chimique, l’existence de certains animaux serait compromise : les cadavres s’entasseraient dans les fourmilières, toutes les ouvrières de la ruche atteindraient la maturité sexuelle et entreraient en concurrence avec la reine des abeilles, et les chenilles à tente ne sauraient où dénicher les feuilles de cerisier bien juteuses dont elles raffolent.
Mon conseil
Du nez, que diable,
en toutes circonstances,
ayez toujours du nez !
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00:32 Publié dans Au quotidien, On est pas des bêtes...quoique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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