22/05/2009

Tripotage reptilien

Ne disposant ni de pattes, ni de griffes pour titiller les femelles, les serpents n’en sont pas moins des créatures tactiles et certains pratiquent, en bonne règle et sans vergogne, le pelotage.

 

Allons- y.

 

 

Chez beaucoup d’entre eux, le mâle entame la parade nuptiale en explorant  le dos de sa dulcinée à petits coups de langue avant de frotter le menton contre son corps. Puis, couché sur la femelle, il se contracte, est secoué de convulsions ; il peut aussi lui donner des petits coups de tête, ou s’enrouler autour d’elle.

 

Quel est le but de ce cirque ?

 

Réponse : amener sa partenaire à rester bien droite. Chez les boas et les pythons, le mâle s’étend sur la femelle, il caresse les flancs et le dos, et les fait vibrer grâce à ses petits éperons (vestiges de la ceinture pelvienne). Si tout se passe bien, la fille n’a pas filé, le mâle se met à chercher son cloaque avec le bout de sa queue : si madame est réceptive, il le trouvera ouvert.

 

Oulàlà… mais tout n’est pas aussi voluptueux dans le monde de l’amour ophidien.

Il est des serpents mâles qui mordent la femelle au cou si elle reste lovée sur elle-même et refuse d’adopter la position adéquate.

Chez certaines espèces ces morsures augment la réceptivité de la femelle et sont signe que monsieur veut s’accoupler. La femelle va tolérer l’agression si elle d’accord pour le rapprochement, dans le cas contraire, elle essaie de se carapater : en tout état de cause notre Don Juan sait à quoi s’en tenir.

 

Certains prolongent la morsure au-delà de la parade et continuent à mordre durant l’accouplement.

Chez les serpents-rois, le mâle bloque la femelle entre ses mâchoires tout le temps que dure la copulation, soit parfois pendant deux heures…

 

Tuatara.jpgSi les lézards, crocodiles sont un peu adeptes du tripotage et de la stimulation tactile, il est intéressant de se pencher sur le cas du tuatara.

 

Cette créature brune ressemble à un lézard mais est plus proche de la race éteinte des dinosaures. Un gros mâle peut mesurer soixante centimètres de long, la fille est plus petite. Ils possèdent l’un comme l’autre d’une crête d’épines sur le dos (d’où le nom de l’espèce – en maori tuatara signifie « porteur d’épines »). On les trouve sur une trentaine de petites îles au large des côtes de Nouvelle-Zélande.

 

Pour engager la parade nuptiale, le mâle gonfle son corps, hérisse sa crête et approche la femelle avec une démarche pleine d’ostentation appelée stolzer Gang (« fière démarche ») : il ramène légèrement chaque patte vers l’arrière, puis la soulève, la passe vers l’avant et la pose au sol avec l’air de dire « Hé poulette, regarde comme je suis grand, beau et fort ».

Si cela ne suffit pas pour faire fondre de désir sa partenaire, il va lui foncer dessus, ouvrir toute grande sa gueule et lui mordre le cou.

 

A observer la méthode, on peut se poser la question sur le mode opératoire des dinosaures !

 

Au programme de la semaine prochaine : communication et odorat…

 

 

 

Mon conseil 

 

En amour, pour un OUI :

collez, serrez et mordillez

 

 

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.