10/04/2009

ZZZzzzzz…des lampes torches vivantes

Nos amies les bêtes s’expriment… alors, après les aboiements du chien de prairie, place aux signaux visuels.

 

Si nos yeux d’humains nous portent à croire que les signaux visuels fonctionnent mieux le jour, c’est oublier que certains animaux nocturnes ou des profondeurs y voient tout aussi bien. Ils vont utiliser très simplement des lumières pour attirer leurs proies ou leurs partenaires, pour surprendre, embrouiller ou effrayer leurs prédateurs.

 

firefly[1].jpgQui n’a pas été surpris, une chaude soirée d’été,  par le ballet de lueurs jaunes qui dansent de part et d’autre d’un pré et d’autres au ras du sol qui leur répondent en clignotant ?

Vous aurez compris qu’il s’agit de la luciole. Cette « mouche de feu » n’a rien d’une mouche puisqu’il s’agit d’un coléoptère au corps mou. Les organes luminescents, ou photophores, à l’origine des clignotements verts, jaunes ou orange, se trouvent sous son abdomen.

 

 

Voilà l’historiette… le mâle volette en clignotant pour séduire les femelles.

 

Chaque espèce a un motif de clignotement singulier : durée, intervalles entre les scintillements, nombre, ainsi seuls les membres d’une même espèce y reconnaissent un signal de crac-crac.

La femelle, se pose au sol ou… dans les buissons et attend qu’un mâle vole près d’elle en lui clignotant ses intentions romantico-sexuelles. Si elle est réceptive, elle répond en clignotant à son tour. Le mâle l’aura reconnu au temps qu’elle a mis pour clignoter à son tour et à la durée des scintillements.

Ils poursuivent ainsi leur tchap par des clignotements et zou… le mâle finira par rejoindre sa « touche » !

 

Mais, mais, mais… le monde animalier est rempli de vicissitudes.

 

Ainsi dans le monde des lucioles, il ne faut pas se fier aux apparences… Les soirs d’été, dans l’est du continent nord-américain, les femelles d’une douzaine d’espèces du genre photoris se comportent comme des garces et… imitent celles des autres espèces.

 

Imaginez la scène :

 

Une luciole mâle croit avoir un ticket avec une pépette luciole, là, sur une branche d’un buisson. Le bellâtre fonce, plein d’allant, et réitère son message à la joliette.

A nouveau celle-ci répond correctement. Avant d’atterrir à ses côtés, il clignote encore : la fille répond toujours.

Mais cette si belle aventure perd beaucoup de son romantisme quand il se fera tout simplement boulotter par une créature beaucoup plus grosse que lui – la femme fatale dans toute splendeur !

Et pourquoi ces femelles enragées ne dévorent-elles pas les mâles de leur espèce ?

Pas pour les protéger, non, non. C’est juste une question de calendrier : les nénettes Photuris ne développent leur manie prédatrice que plusieurs jours après s’être déjà accouplées… simple : elles ne répondent plus aux clignements des mâles de leur espèce !

 

Comment ces bestioles arrivent-elles à produire de la lumière ?

 

firefly[3].jpgBen voilà… outre l’oxygène, deux composants au moins sont nécessaires à la fabrication de lumière. C’est une réaction chimique qui est à l’origine de tout : une enzyme réagit avec une substance photochimique et convertit en lumière l’énergie chimique stockée dans les cellules, et ce sans produire de chaleur.

On a baptisé « luciférine » la substance photochimique et « luciférase » l’enzyme (de Lucifer, le « porteur de lumière »).

Ce processus chimique est appelé « luminescence » et, chez les organismes vivants, « bioluminescence ».

 

D’autres animaux bioluminescents se servent des signaux lumineux pour communiquer avant l’accouplement ou pour attirer leurs proies.

 

Certains les utilisent pour éviter ou fuir leurs prédateurs, ou, tout simplement… pour s’éclairer !

 

Mais, ceci sera au menu de cette rubrique, la semaine prochaine…

 

 

Mon conseil 

 

Pour conclure avec votre partenaire,

soyez éclairés et méfiez-vous des imitations!

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