27/02/2009
Epines et dards … encore du venin
Tiens parlons un peu de la raie pastenague, celle que l’on appelle aussi « démon » ou « diable des mers ».
Connue depuis Pline et son Historia naturalis, cette cousine du requin pouvant mesurer de quelques centimètres de diamètre à plus de quatre mètres de long est particulièrement venimeuse.
Pour se défendre, elle va injecter du venin à son agresseur grâce à un ou deux aiguillons acérés situés sur le dessus de sa queue. Le dard de la raie pastenague peut mesurer jusqu’à trente centimètres. Il est denticulé et déchire les tissus quand la raie l’arrache de la plaie.
Alors faites attention quand vous marchez dans l’eau sur la plage, la pastenague s’enfouit dans le sable. Si vous posez le pied dessus, vous vous en souviendrez !
Elle lancera sa queue vers le haut et vous flanquera un bon coup l’aiguillon : la blessure importante et douloureuse qu’il vous infligera mettra une éternité à guérir… si elle ne s’infecte pas (ce qui arrive souvent) ou ne nécessite pas des points de suture !
D’autres poissons osseux – poissons-chats, vives, rascasses, poissons-zèbres et poissons-crapauds – non contents de piquer leurs victimes, leur inoculent aussi du venin.
Je vous présente le poisson-pierre, créature trapue et hideuse de trente à quarante centimètres qui vit dans les eaux peu profondes des mers d’Europe, d’Asie et d’Afrique.
C’est le plus venimeux de tous les poissons.
Ce grotesque bestiau possède une grosse tête verruqueuse et des épines dorsales à aiguilles hypodermiques :
13 sur la nageoire dorsale
3 sur les nageoires anales
1 dans chaque nageoire pelvienne.
Chaque épine possède son sac à venin.
Planqué sur les récifs coralliens, le poisson pierre les tient bien droites. Imitant le rocher, il attend, en embuscade, les petits poissons qu’il boulottera pour son dîner. Et, si on l’effleure, il injectera un neurotoxique mortel.
Alors, écoutez bien… voici les premiers symptômes – quinze minutes après la piqûre - des troubles respiratoires, des convulsions et des bouffées délirantes.
La douleur est insupportable et peut se prolonger pendant douze heures.
Si ce sont les doigts ou les orteils qui ont été piqués, ils vont noircir et tomber.
Si c’est la jambe, elle va gonfler jusqu’à ressembler à un pied d’éléphant, impossible de marcher pendant trois semaines, voir davantage.
Bref, vous l’aurez compris, une piqûre de poisson-pierre peut entraîner la mort.
En matière de dards, les abeilles et les guêpes ne sont pas en reste…
L’abeille européenne défend sa colonie en piquant les intrus. Son aiguillon est un ovipositeur (un organe de ponte) modifié : c’est pourquoi seules les filles peuvent piquer !
Lorsqu’une abeille plante son dard couvert de barbillons dans votre orteil ou votre avant-bras, hop, hop, les barbillons s’accrochent à votre chair. Puis… elle se tire mais le dard et le sac à venin eux restent…
La seule chose à faire est de retirer le dard le plus rapidement possible car le sac à venin continue à se vider pendant encore deux minutes.
La bonne méthode consiste à le gratter avec l’ongle – surtout ne l’arrachez pas – vous ne feriez qu’introduire davantage le poison dans votre orteil qui vous fait déjà suffisamment souffrir.
Quant à l’abeille, comme il s’agit d’un mécanisme de défense à un seul coup : une fois utilisé, il est perdu, et la vie d’abeille avec lui. Adios…
En effet, quand elle a piqué, elle est tellement estropiée que zcouic… elle trépasse.
Mal fichu son mécanisme non ?
Absolument pas ! Abandonner l’appareil venimeux dans la chair, c’est faire en sorte que la victime puise en ôter la source – sauf bien sûr quand elle pique un humain…
En plus, seules les abeilles ouvrières attaquent et piquent et… elles sont stériles : leur perte ne pose donc aucun problème à la colonie, qui, comme pour celle des fourmis, n’est qu’un gigantesque individu.
Les guêpes femelles, comme les frelons et les sphex, ont des dards dépourvus de barbillons : elles ne meurent pas après avoir piqué. Ce qui veut dire qu’elles peuvent piquer plusieurs fois ! Eloignez-les parce que le venin de la bestiole contient une phéromone d’alerte (un stimulus chimique) qui fait rabouler ses copines… pour faire simple, si vous vous faites piquer, d’autres guêpes ne tarderont pas à suivre et si vous écrasez la coupable, vous diffuserez tout simplement de la phéromone et inciterez les autres guêpes à attaquer.
Si vous n’êtes pas allergique la gêne sera passagère – il faudrait 17 piqûres d’abeille par kilo avant que le venin soit une menace pour votre vie… soit 1 190 piqûres pour un individu de 70 kilos…
La semaine prochaine, je conclurai mes chroniques venimeuses en vous parlant du poison frotti-frotta…
Mon conseil :
Pour ne pas rendre folle la guêpe
n’ayez l’air ni d’une fleur, ni d’un fruit !
Ne portez pas de couleurs vives, renoncez au parfum, ne laquez pas vos chignons et ne vous noyez pas dans l’après-rasage.
00:30 Publié dans Au quotidien, On est pas des bêtes...quoique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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Commentaires
Merci Elena pour vos jolis compliments.
Ils me font très, très plaisir.
Ecrit par : lnwe | 03/05/2010
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