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21/11/2008
Les habitudes alimentaires des animaux ne sont pas plus bizarres que les nôtres
Le vendredi est MA journée consacrée à la vie de nos amies les bêtes… Reprenons...
Les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Il en va ainsi de nos préférences alimentaires.
Hyènes, vautours, escargots et mouches s’atomisent sur la viande en décomposition. L’acarien se nourrit de nos pellicules, un cafard qui a un petit creux viendra grignoter les ongles du dormeur. Les mouches volent autour des yeux, oreilles, lèvres et pis des vaches pour boire leurs larmes, leur sang, leur mucus, leur salive et leur lait. Les bousiers, les corbeaux se nourrissent d’excréments. Les lapins et les cochons d’inde mangent leurs propres crottes. Les chauves-souris, les sangsues, les puces et les tiques adorent le sang.
Non, la gastronomie des animaux n’a rien d’étrange, puisque nous, les humains avons aussi notre lot de nourritures insolites.
Aujourd’hui, je vous emmène faire un petit tour du monde de ces plats biscornus…
Côté boissons :
Les humains sont les seuls, avec les mouches, à boire le lait destiné aux petits des autres animaux, qu’il soit de vache, de chèvre, de yack, de renne, de jument…
A l’âge adulte, ils laissent très vite tomber et se tournent volontiers vers des boissons alcoolisées élaborées avec des fruits (vin), des grains (bière, whisky, saké), des tiges (rhum) ou des racines (la chicha de yucca).
Petit blabla de rappel : la fermentation se produit lorsque bactéries, levures ou moisissures transforment le sucre.
La chicha (boisson d’Amérique du Sud) confectionnée à partir de la grosse racine riche en amidon du yucca est préparée par des femmes qui mâchent de gros morceaux de cette plante qu’elles recrachent sous forme de boulettes de fibres mêlées à de la salive dans une grosse calebasse évidée. La mixture va fermenter quelques jours avant d’être filtrée, et les enzymes contenus dans la salive accélèrent cette fermentation.
Les Chinois, eux, ajoutent des animaux à certaines boissons fermentées. Le wu shu jiu (vin aux cinq serpents) est un breuvage médicinal censé tonifier le corps et soulager les douleurs articulaires. Cinq serpents venimeux d’espèces différentes sont éviscérés, séchés au soleil, puis immergés dans un grand bocal de riz distillé.
Le vin de fourmis est aussi très populaire en Chine, il a la réputation de lutter contre l’hépatite B et les rhumatismes grâce à l’acide formique et aux minéraux contenus dans les bébêtes.
Côté apport en protéines animales :
Le classique filet mignon tendre accompagné d’un cabernet sauvignon est souvent supplanté par des régimes alimentaires d’une inventivité sans bornes.
Prenez la panse de brebis farcie, le célèbre haggis , plat écossais…
L’estomac de l’animal est « fourré » avec les abats (cœur, foie, poumons) d’un mouton et assaisonné de saindoux, oignons, avoine et épices – le tout bouilli pendant trois heures !
Tiens, et les « huîtres des montagnes Rocheuses»… amuse-gueule inventés par les cuisiniers des bivouacs du Far-West, vous connaissez ? Quand les cow-boys rassemblaient le bétail, on castrait les taurillons, et les cuisiniers en faisaient des beignets : des beignets de testicules qu’ils servaient comme des friandises.
Et la « lutte entre tigre et dragon », vous y avez goûté ?
C’est un plat très apprécié à Canton – un mélange de viande de chat et de chair de serpent. Le serveur se présente à votre table avec un serpent vivant et vous demande si vous souhaitez ajouter sa vésicule à votre repas. Si oui, il l’ouvre sur-le-champ pour en extraire l’organe palpitant et, paraît-il, excellent pour la santé. Il vous en coûtera un supplément…
Puis encore, les fourmis champignonnistes crues ou grillées mangées par des tribus indiennes d’Amazonie, les bousiers ingérés par les jeunes bédouins, dans le désert Egyptiens, les chenilles, larves de coléoptères, grillons, termites ingérés par diverses ethnies africaines. Les cambodgiens adorent les cigales crues ou bien embrochées et grillées à même la flamme.
Manger des insectes n’a rien d’illogique.
Sur le plan nutritionnel, la sauterelle est imbattable. Séchée, elle contient 60% de protéines et 2% de gras !
Les œufs que nous volons aux poules, canes et autres oiseaux peuvent remplacer la viande.
Je vous invite à goûter à « l’œuf de mille ans », mise en bouche chinoise.
Les œufs de canes sont couverts d’un mélange de cendres, de chaux, de sel et de thé. Ils vont sécher 6 mois. Les agents chimiques s’infiltrent dans les coquilles d’œufs et en colorent l’intérieur de bleu et de vert. L’œuf devient ferme, onctueux et crémeux. Le goût rappelle un peu celui du poisson ou de fromage mais plus celui de l’œuf !
Capturer et fricasser une femelle iguane portant encore ses œufs (consommés ainsi, les œufs sont censé décupler la vigueur sexuelle) est un met sublime en Amérique centrale.
Les œufs de tortues servis en amuse-gueule avec de la bière sont un aphrodisiaque, ceux de fourmis (au Laos) et d’escargots des mets rares.
Dorénavant, soyez convaincus que les habitudes alimentaires des autres animaux ne sont pas plus bizarres que les nôtres !
Mon conseil :
Quand vous aurez mangé assez d’huîtres crues ou de pieds de cochon, et que votre supermarché sera en rupture d’yeux de chat, de pâtés de punaises, ou de vers de terre séchés, un peu d’audace… essayez les tacos de sauterelles !
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01:00 Publié dans Au quotidien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








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