17/06/2008
Cui-cui ou petite séance de rattrapage
Vendredi dernier, j’ai délaissé mes moutons pour une actualité plus perso.
Je reviens donc à ma séance animalière.
« Viens chez moi, je te montrerai mes estampes japonaises, ma Wii, mon écran HD… ».
Si l’argument pour emballer une éventuelle partenaire fait recette depuis la nuit des temps, vous apprendrez que, comme pour nous autres humains, les oiseaux jardiniers d’Australie attirent leurs gonzesses à plumes dans leur garçonnière avec des tas de gadgets !
Le point commun entre l’humain et l’oiseau jardinier sera donc d’impressionner la femelle par une accumulation de richesse et de talents artistiques (le principe du rockeur dans sa Ferrari )

Méthode du volatile :
Le mâle dégage un espace sur lequel il va fabriquer des édifices impressionnants composés d’herbes, de brindilles et de mousse. On les appelle « berceaux ». Il passe un temps fou, de quelques semaines à quelques mois, à construire sa bâtisse.
Elle servira le temps d’une saison des amours qui dure quand même plusieurs mois.
Pour allécher sa future partenaire, il va décorer son berceau de façon classique pour certains et pour d’autres avec une imagination débordante.
Tout est bon pour accessoiriser la demeure : coquilles, fleurs, plumes et toute sorte d’objets farfelus qui leur tombent sous le bec : bouts de papier alu, ailes de coléoptères, mues de serpents, toiles d’araignées…
Attention, il n’y a pas deux berceaux identiques – chaque individu doit être original et singulier pour impressionner !
L’entrée du pavillon fait office de salle de danse. C’est là que le mâle va se pavaner, sautiller, faire son show pour attirer d’éventuelles petites chéries dans sa garçonnière.
Si cela fonctionne, l’accouplement aura lieu à l’intérieur du berceau mais, la chose faite, la femelle partira construire son propre nid ailleurs.
J’ entends déjà certains commentaires…
Vous vous méprenez, lisez la suite.
La femelle ne s’accouple QU’UNE fois, elle est donc, tout naturellement, EXTREMEMENT difficile et passe des heures à faire du « lèche-berceaux » pour COMPARER et trouver LE MEILLEUR.
Le mâle, lui, s’accouple avec TOUTES les femelles qu’il parvient à embobiner. Il n'a donc aucun intérêt à ce que l'une d'elle s'installe...
Les plus Don Juan sont ceux qui ont les plus beaux berceaux et dont la parade nuptiale est la plus travaillée.
Certains se prendront tôle sur tôle (et ne s’accoupleront jamais) et d’autres vont copuler vingt ou trente fois dans la saison !
Morale du cui-cui: tout tient à la garçonnière !
Petite précision… la parade nuptiale du jardinier est assez différente de celle des autres oiseaux parce que son plumage est assez terne : il ne peut pas compter sur son look pour impressionner les belles.
Pour compenser, ils fabriquent et décorent des berceaux, qui, eux devront faire forte impression. A l’évidence, quand ils sont plus colorés, les mâles réalisent des maisons plus sobres : leur beauté naturelle suffit à attirer les femelles, ils ont moins besoin d’investir dans la déco !
--------------------
Mon petit conseil aux mâles humains:
Construit costaud et ne néglige pas tes bibelots surtout... si tu n’es pas trop beau
00:30 Publié dans Au quotidien, On est pas des bêtes...quoique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
|
Facebook




















Commentaires
Ce qui est encore plus surprenant chez cet oiseau (Ptilonorhynchus) c'est qu'il utilise essentiellement des objets bleus pour décorer son nid.
Ecrit par : Jippy | 17/06/2008
Les commentaires sont fermés.